‹ Histoire des Actes des apotresChapitre 45 sur 81 · CHAPITRE XVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVL

Timothée circoncis. — Le Saint-Esprit défend à Paul de prêcher en Asie et en Bithynie. — Il est appelé en Macédoine. — Pytlionisse délivrée. Paul et Silas fouettés , emprisonnés et renvoyés.

(c Le judaïsme , comme on a dû le remar- » quer plus d'une fois , avait cessé d'obli- » ger ; mais il n'était pas encore proscrit. 30 On pouvait en garder les ordonnances oh » les omettre à son gré. Les apôtres le faisaient » ainsi ; mais en cela ils ne suivaient pas leur j) goût ou leurs fantaisies : une loi supé- » rieure à toutes les autres lois, la loi de » la charité , les dirigeait , soit qu'ils obser- » vassent la loi mosaïque , soit qu'ils s'en dis- )) pensassent. Ils judaïsaient donc avec les » Juifs; et, suivant les circonstances, ils se » conformaient dans les choses permises aux )) mœurs des gentils, afin de les gagner tous » à Jésus-Christ. On va le voir, par rap- » port au Judaïsme , dans le plus ardent zéla- » teur et le défenseur le plus déclaré de la » liberté évangélique. Paul, qui visitait alors » les églises qu'il avait fondées, » parvint Cap.xn.f.i. jusqu'à Derbe et à Lystre. Il y avait dans Derben , et Lys- ^^ P'^js un disciple uommé Timothée , fils itram. Et ecce d'une femme luivc fidèle, né d'un père gentil.

disopiiius qui- ^ \ ^ ' y

dam erat ibi no- Les frcrcs qui étaient à Lystre et a Icône en

DES APÔTRES. CHAPITRE XVI. ïGcj

renclalent un bon témoignage. Paul voulut qu'il l'accompagnât; et, le prenant, il le circoncit , à cause des Juifs qui étaient en ces lienx-là ; car tous savaient que son père était un gentil.

« 11 voulut donc bien avoir cette condes- » cendance pour ses frères infirmes. Timothée » qui , pour être plus propre à travailler à )) la conversion des Juifs, se soumet volon- )) tairenient à cette douloureuse cérémonie , » fit voir par là que son zèle était à toute )j épreuve , et n'en fut que plus digne du » ministère auquel il était appelé. Ils ne tar- )) dèrent pas à partir, et » passant par les villes , ils leur enseignaient à garder les régi eraens qu'avaient faits les apôtres et les anciens qui étaient à Jérusalem. Ainsi les églises se confirmaient dans la foi ; « et rassurées » enfui contre la crainte d'être soumises au V joug de la loi mosaïque , elles devenaient )) tous les jours plus nombreuses. »

Lorsqu'ils eurent traversé la Pbrygie et la province de Galatie , le Saint-Esprit leur défendit d'annoncer la parole de Dieu dans FAsie (i). Ayant donc gagné la Mysie , ils

(i) On a demandé quelle pouvait être la raison de cette défense. Quelques-uns ont répondu que c'était parceque ces peuples étaient réprouvés : mauvaise réponse. La saine théologie ne reronnaif de réprouvés proprement dits qu'après la mort. Disons donc , avec saint Chrysostôrae , et avec d'autres interprètes , ou que celte défense îi'était que pour le moment préseut^ Dieu renvoyant la

mine Timotlieiis , fi lus riiiitieris Jiidaïaj 6delis, pâtre geiitiii. 2.

Hiiic testiaioninm buiiiim redd<'L.int , qui in Lystris eraiit, et Icoiiio fr. lires 3.

Hune voluit l^au- Jus sccum proûcisci . et assu— menî circtia)cidit ftuin , propter Juilœos q<u er<)nl iii lîli^ loois.

Stfiebant c-nim omncs qnod paler ejus trat gentilis

4 Cum aiiti'ca peitiansiieiil civitales , trade— bant eis custo— dire dogmuta , q'iae erant décréta ab ^ipostolis et seiiioribiis , qtii crant Jerosolymis. 5. ht ceci esia; qiiideia conûrmabaiifur fide , et abimdabaiitnameroquotiflie.

6 Transeuntes autem Plirygiara, et Galatiœ regioncm , vetati sunt a Spiritu sancto ioqui verbum Dci in Asia. ^. CtMu venissent aulcm ia Tiîysiam , tentabant ire in Bithyniam et non pcrmisit eos Sjâritiis Jesu S.Ciuii antrin pcrtran— si.'Sf-nl Mysintn, d> scendei mit Tfoadens : o. Et

VISIO per nôcteiH Paulo ostensa est : vir Macedo quidam erat stans, et deprecans eutn, et dicens : Transiens in Macedoniam , adjuvanos.io.Ut auteiii visiitn vidit , statim quae- «iviûius proficisci in Macedoniam , certi facti quod vocasset nos Deus evanjjelizari eis. 1 1 .

Navigantes autem a Troade, recto ciirsu venirausSamothraciatn , et sequenti die Neapoliin ; 12. Et inde Philippos , qiiœ est prima partis Macedoniœ civitas colonia. Eramus aiitera in hac urbe diebus al.iqtiot, couferentes.

l'jO HISTOIRE DES ACTES

pensaient aller en Bilhynie ; mais l'esprit de Je'sus (i) ne le leur permit pas. Ainsi, après avoir passé la Mysie, ils vinrent en Troade, 01^1 Paul eut la nuit une vision. Un homme de Macédoine lui apparut, le priant et disant: Passez dans la Macédoine , et secourez-nous. Incontinent après qu'il eut eu cette vision, nous (2) pensâmes à partir pour la Macédoine , assurés que Dieu nous avait appelés pour y prêcher l'Evangile. Ayant fait voile de Troade, nous allâmes droit en Samothrace , et le jour suivant à Napoli ; de là à Philippes , qui est la première ville du pays de Macédoine « que » l'on trouve en y arrivant par ce côté. » C'est une colonie où nous nous arrêtâmes quelques' jours, conférant « avec ceux du lieu. »

conversion de ces peuples à un tems plus convenable ; ou bien qu'elle était personnelle à saint Paul , parceque Dieu avait réservé l'apostolat de la Bitliynie à saint Pierre, et celui de l'Asie à saint Jean , quoique saint Paul même y ait prêché dans un autre tems ; car ce qui est appelé ici l'Asie, n'en était quune contrée particulière, dont Éphèse était la capitale. De quelque manière qu'on l'explique, cette défense n'a pas empêché saint Paul d'écrire, sous la dictée du Saint-Esprit, que Dieu veut quetou^ les hommes soient sauvés , et qu'ils parviennent à la connaissance de la vérité, i . Tim. 1 1 . 4*

(i) Le même qui vient d'être appelé le Saint-Esprit, lequel n'est pas moins l'esprit du Fils que l'esprit du Père. Ce texte sert à prouver qu'il procède du Fils ainsi que du Père.

(2) Nous. Saint Luc commence ici à parler à la première personne ; ce qui fait juger que ce fut alors qu'il s'attacha à saint Paul , et qu'il devint le compagnon de ses voyages.

njES APOTRES. CHAPITRE XVI. I^T

Or, le jour du sabbat nous allâmes hors i3. n;<- antem

de la porte de la ville , près de la nviere , ^^.^^ ^j ,„„„„ },,.

où il nous parut que l'on s'assemblait pour i^j* p"'«"" j'-^u

^ .y f \ , . flumen. iiJji videla prière (i); et nous étant assis, nous nous batur or^tio es-

mîraes à parler aux femmes qui s'y étaient Zq/eLm'!rTu.

rendues. Une d'entr'elles, nommée Lydie, ''eiibns , qi.se

marchande de pourpre , de la ville de Thya- Et quasdam mu-

tire, et qui servait Dieu (2), nous écouta: ''^'-.««"•'"^'^y-

7 t. \ y ' 7 dia , purpura ria

et le Seigneur lui ouvrit le cœur pour qu'elle civitatis Thya-

^ . , T-» I T • /•»\ /-^ 1 tirenorum , co—

tut attentive a ce que raul disait (o). Quand Ipms Oenm, au-

elle eut été baptisée, elle et sa famille. Si ^li-it : c.jns Do-

VOUS m'avez crue fidèle au Seigneur, dit-elle corinten.ierehis

, . ^ qua? (iicel)aiitiir a

en nous priant, venez chez moi, et demeu- pauio. is Cum

rez-y : et elle nous força « d'y loeer. » ^"*''™ ^•'p'":"^»

•' ' •> j o esset , et tiotntis

qui était possédée d'un esprit de python (4),

Un jour, comme nous allions à la prie- ejus, deprecata

.A n\^ 1 est , dicens : Si

re, nous rencontrâmes une nlle « esclave y> ju^icastis me fi-

dfJeni Domino esse , intioite m

(i) Le mot grec paraît signifier un oratoire. Les Juifs en avaient proche des villes , surtout proche de celles où ils n'avaient pas de synagogues.

(2) Puisqu'il est écrit de Lydie , même avant sa conversion au christianisme , qu'elle servait Dieu , il est naturel de conclure qu'elle était Juive , ou du moins prosélyte.

(3) L'Apôtre a beau parler : si la grâce n'ouvre pas l'oreille du cœur , il n'est pas entendu. Cette grâce est ordinairement le fruit de la prière. Que les prédicateurs la demandent pour leurs auditeurs , et les auditeurs pour eiix-mêmes , alors on verra la semence de la parole fructifier au centuple.

(4) Cet esprit était un démon , ainsi appelé du nom d'Apollon Pythien , qui avait un temple fameux à Delphes , où il rendait des oracles par l'organe des prè-

domumrueam, et manete. Et coegit nos. 16 Factuin est autem euntibusnobisad orationem puellam quandam habe,;item spiriium pythonem obviare nobis , quaequxstum magnum praestabat Uominis suis divinando. 17. Haec subsecula Paulum et nos, claraabat , dicens :

Isti homines servi Dei excelsi sunt qui aununtiant vobis viam salutis. 18. Hoc autem faciebat uiultis diebus.

Dolens autem Paulus , et conversus , spiritui dixit : Praecipio libi in nomine Jcsii Christi exire ab ea Et exiit eadem hcra.

laquelle était d'un grand profit à ses maîtres par ses divinations. Cette fille nous suivant , Paul et nous, criait : Ces hommes sont des serviteurs du Dieu très-haut, lesquels vous annoncent la voie du salut ( i ) ; ce qu'elle coatinua de faire pendant plusieurs jours. Paul, à qui cela faisait de la peine, se retourna, et dit à l'esprit : Je te commande au nom de Jésus-Christ de sortir de cette fille ; et l'esprit (2) sortit à l'heure même.

tresses du temple. Ces prêtresses s'appelaient Pythonisses, qui est le nom que l'Ecriture donne aussi à celle que Saùl consulta.

(1) Il semble que ce discours e'tait fort propre à accréditer la prédication de l'Evangile : cependant saint Paul le fît cesser. Nous ne devinons pas toutes les raisons qu'il pouvait avoir. En voici deux qui étaient plus que suffisantes. La première c'est l'exemple de Jésus-Christ qni imposa silence aux démons qui publiaient sa divinité j la seconde, c'est que saint Paul n'ignorait pas les profondeurs de Satan, qui ne dit jamais la vérité, que pour la faire servir à l'erreur , ou à l'exécution de ses desseins pervers. On peut en excepter les cas rai'cs où la puissance de Dieu le fait parler malgré lui.

(2) Les propositions universelles sont sujettes à correction. Van-Dale , médecin anabaptiste, et M. de Fontenelle, son abréviateur, ont prétendu que fous les oracles sans exception n'étaient que des fourberies des prêtres des idoles, et que les démons n'y avaient aucune part. On n'ignore pas qu'il s'y mêlait en effet beaucoup de fourberie; mais il faut convenir aussi qu'il est proové incontestablement, par ce qu'on vient de lire, que c'était le démon qui rendait des réponses par l'organe de cette fille. Ce fait en suppose bien d'autres de même espèce;

« Ce miracle aurait pu convertir des âmes » droites, il rendit furieux des hommes inté- » ressés. » Les maîtres de la fille , voyant l'espérance de leur gain perdue , prirent Paul et Silas, qu'ils menèrent aux principaux de la ville, dans le lieuoi^i l'on rendait la justice ; et, les présentant aux magistrats, ces hommes, dirent-ils, qui sont des Juifs, mettent le désordre dans notre ville ; ils enseignent une forme de vie qu'il ne nous est pas permis de recevoir ni d'observer, étant Romains, comme nous sommes. Il se fit en même tems un concours du peuple (( animé » contre eux; et les magistrats', après avoir fait déchirer leurs vêtemens, ordonnèrent qu'on les battît de verges (i). Après qu'on leur eut donné bien des coups, ils les envoyèrent en prison, avec ordre au geôlier de les bien garder. Le geôlier ayant reçu cet ordre , les mit au fond de la prison, et

19. Videntes autem Doiuini e* jus quia exiviÇ spes quaestus eorum . apprehendenles Pauluiu et Silam pcrduxerunt in forum ad principes. 20.

Et offerentes eos magistratibiis , dixcnint ; Hi homines couttir— bant civitatem nostram , cuax sint Judaei- 21.

Et annuntiant morem , quem non licet nobis sijscipeie, neque iacere , cum si— mus Romani. 22.

Va cucurrit picbs adversus eos : et magistratus. scissistiinicis forum, jnssenint eos virgis csedi 23 Et cum multas plagas eis imposuis»

sent , miseruut

et seul il suffit pour renverser le nouveau système de fond en comble ; car , pour me servir des paroles de M. de Fontenelle , c'eut ici un de ces cas où la moindre exception ruine la proposition générale.

(1) Saint Luc ne rapporte que cette seule flagellation de saint Paul : il en souffrit bien d'autres. Trois fois , dit -il , j'ai été battu de verges. Cinq fois j'ai reçu, des Juifs trente-neuf coups de fouet. ( 2. Cor. 11. ) La loi défendait aux Juifs de donner plus de quarante coups. De peur de passer ce nombre, ils n'en donnaient que trente-neuf; c'était avec des courroies, au lieu que les Romains se servaient de verges^ et chez ceux-ci le membre des coups n'était fixé par aucune loi.

ros in carcereru, prsecipieiiles custodi ut diligenter ciistodiret eos.

24. Qui cum taie prœcpplum accepisset . misit eos in intcrioretn carcerem , et pedeseonini strinxit ligno. 25. Media anteno nocte, Paulus et Silas crantes, laudabant Deum : et audiebant eos , qui in cnstodia erant. 26. Subito vero terrae motus factiis est magnus, ita ut moverenlur fiindamenta carceris.

Et stalim aperta s'int omnia ostia, et nniversorum vincula sohUa sunt. 37. Experge faclus autem custos carceris , et vidcns januas •ipertas carceris, e'/aginato gladio ■volebat se interfîcere, œstimans fugisse vinctos.

1^4 HISTOIRE DKS ACTES

leur serra les pieds avec des pièces de bois(i).

Or à minuit (2) Paul et Silas s'étant mis

en prières (3) , chantaient des hymnes à la

(i) C'est ce qu'on appelle des ceps , nom qui vient du mot latin cip-piis. Ce sont des pièces de bois e'chancre'es dans lesquelles on engage les pieds du prisonnier, qu'on y tient bien serrés. On dit qu'on s'en sert aussi pour donner la question.

(2) C'était un usage assez commun parmi les premiers chrétiens de se lever la nuit pour clianter les louanges de Dieu. Si les simples fidèles le faisaient, à plus forte raison les apôtres. Ceux-ci l'avaient appris de leur divin Maître , de qui nous lisons plus d'une fois dans l'Evangile qu'il .passait les nuits en prières. Cette pratique remontait bien plus haut , puisque David dit de lui-même : Je me levais au milieu de la nuit pour chanter vos louanges. ( Ps. cxvni, f 61.^ Elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours par les ministres de la religion , et par les personnes religieuses de l'un et de l'autre sexe, qui sont dans l'usage de se lever la nuit pour les matines. Convenons que , depuis enviro7i un siècle , elle a souffert assez de diminution parmi nous , pour qu'on doive ci'aindre qu'elle ne s'y abolisse entièrement. Je dis parmi nous , et non pas dans toute l'Eglise, cil tout ce qui a Dieu et son Esprit pour auteur , subsistera jusqu'à la consommation des siècles ; les ouvrages de la grâce n'ayant pas moins de stabilité' que ceux de la nature, qui se conserveront jusqu'à la fin du monde, au moins dans le sens qu'aucune espèce ne sera jamais entièrement détruite.

(3) Outragés, fouettés, couverts de plaies, emprisonnés, enchaînés, ils sont aussi exacts à leur pratique de piété , que s'ils étaient dans leur logis , libres et tranquilles ; quel prodige de fidélité ! Ils chantent des hymnes et des cantiques , quel prodige de force !

dp:s aputkes. chapitre xti. i'jj

louange de Dieu ; et ceux qui étaient dans la prison les entendaient. Tout-à-coup il survint un si grand tremblement de terre, que les fonderaens de la piison eu furent ébranlés. Toutes les portes s'ouvrirent au même tem's, et les liens de tous les prisonniers se rompirent. Alors le geôlier s'étant réveillé , et voyant les portos de la prison ouvertes, tira sou épée, et voulait se tuer (i), dans la pensée que les prisonniers s'étaient sauvés.

Paul « dans l'obscurité de la nuit et dans » les ténèbres de son cachot ne pouvait pas » voir ce qui se passait ; mais, instruit di- « vinement de ce que méditait le geôlier, il » s'écria à haute voix : Ne vous faites point 28. ciamavit

, , *• ^ aiiteui Faiiliis vo-

de mal, car nous sommes tous ici. Le geo- ce ma-iia.dicens:

lier ayant demandé de la lumière, entra, et J^cèr's -'uaivër!!

se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et enim hic sumus

de biias ; puis, les ayant tait sortir : bei- mine, iiuiogre^i-

gneurs , dit-il , que faut-il que ie fasse pour *"%^*^î ^' ^'^^r

n ' ' i ^ f i meiactus proci—

être sauvé? Croyez au Seigneur Jésus, di- dit Panio et Si-

. ., . , , , I.-eail jie.les; 3o.

rent-us , et vous serez sauve , vous et votre Etproducenseos famille. Ils lui annoncèrent ensuite la parole ^°"?' ^'t/ ^o-

^ niini , qiiid me

du Seigneur, à lui et à tous ceux qui étaient oportet facitrc,

1 • A .1 I A 1 i ut salviis liaui?

dans sa maison. A cette rieure même de la 3j ^j jm ^y^^^, nuit il lava leurs plaies, et il fut aussitôt ^'"'.•' CreJe in

^ . ^ . . Dominum Je-

baptisé, lui et toute sa famille (2). Ensuite, sum; et saivuse-

ris tu , f t doaiiis

tua. 32. Et loculi

(i) Il Youlait se luei', pour se soustraire au dernier suut ei verbdiu

supplice. Ou voit par ce trait* et par quelques autres l^o'^xn^cumom-

tA r •'111 lubus qui eraiit

de cette histoire, que ceux qui étaient chargés de la in domo cjus. 33.

garde des prisonniers en répoudaieut sur leur tète. ^^"^ lollcus eos m

, , y, . ., , .. .... illa hora uoclio,

(^■2) Ltaieut-ib donc suJUiUiiimcnt indiaiU : oai ,

lavit plagas eorum : et bjptizatus est ipse , et omnis domusejiis continuo. 3/j.

Cumque percliixisset eos m domuin sUcim, apposuit eis mensam , et laetatiis est ciim omni donio sua credens Deo.

35 Et cum dies factus esset , ruiserunt magistrntiis lictores, dicentes : Dimilte homines illos.

36 Niintiavil autem custoscarceris verba ha?c Paulo : Quia miserunt magistratus ut dimittamini : nunc igilur exeuntes , ite in pace. 87. Paiilus antom dixit eis :

Csesos nos publiée, inderniiatos, hoQiines romanos miseruDt in

les ayant menés en son logis , il leur servit à manger , et se réjouit avec toute sa famille d'avoir cru en Dieu.

« Soit que le geôlier eût instruit les ma- » gistrats de ce qui s'était passé pendant la » nuit, soit que ceux-ci eussent du remords » d'avoir traité si cruellement des étrangers, )) sans s'être assurés s'ils étaient coupables, » lorsqu'il fit jour , ils envoyèrent dire par des licteurs (i) : Mettez ces hommes en liberté. Le geôlier en apprit aussitôt la nouvelle à Paul. Les magistrats, dit-il, ont envoyé dire qu'on vous laissât aller ; sortez donc présentement, et allez en paix. Mais Paul dit aux licteurs : Après nous avoir battus de verges publiquement, sans nous avoir jugés, nous qui sommes citoyens romains , on nous a mis en prison , et à présent on nous fait sortir en cachette ? Il n'en sera pas ainsi ; qu'ils viennent (2) , et qu'ils nous fassent

parceque le Saint-Esprit, qui proportionne son action aux circonstances du tems , du lieu et des personnes , leur en avait autant appris en une heure, qu'ils en eussent appris en un mois, s'ils avaient eu un mois pour se faire instmire.

(i) Espèce d'huissiers qui marchaient devant les magistrats , portant des haches enveloppe'es dans des faisceaux de verges , qu'ils déliaient , soit pour fouetter , soit pour décapiter ceux qui étaient condamnés à subir l'une ou l'autre de ces peines, et quelquefois ks deux ensemble.

(2) Ce ne fut ni par ressentiment ni par orgueil que saint Paul exigea cette satisfaction j ce fut uniqus-

sortir eux-mêmes. Les licteurs rapportèrent ceci aux magistrats, qui eurent peur (i), apprenant qu'ils étaient citoyens romains. Etant donc venus eux-mêmes , ils les abordèrent en supplians ; et les ayant tirés de prison , ils les conjurèrent de sortir de la ville (2). Paul et Silas , au sortir de la prison , s'en allèrent chez Lydie ; et après avoir vu et

carcerem , et nunc occulte nos ejiciiint ? Noa ita :sed veniant, 38. Et ipsi nos ejiciant. Niuitiaveriint autem niagistralibiis lietores verba liaec.

Timueruntque audito quotl Romani essent : Sg. Et venientes da-

ment par zèle , et parcequ'il jugea que sa fle'trissui'e personnelle , si elle n'était pas effacée , serait , dans ce pays , celle de l'Evangile même. Alors il n^est pas seulement permis , il est commandé de défendre son honneur , suivant ce mot du Sage : Tachez d'avoir une bonne réputation ( Eccli. xli , 1 5. ) Cependant il est si difficile que les passions humaines ne se mêlent pas dans une pareille défense , qu'un homme de bien , qui n'a pas les lumières de saint Paul , ne l'entreprendra jamais qu'il n'ait pris le conseil d'un directeur éclairé, vertueux et impartial.

(i) Il se serait donc épargné la flagellation, s'il avait déclaré d'abord qu'il était citoyen romain. Ce fut ainsi qu'il l'évita , lorsque le tribun Lysias voidut lui faire donner la question par le fouet , comme on le verra au chap. xxn. Il ne faut pas chercher d'autres raisons de ces différentes conduites que l'impulsion du Saint-Esprit^ qui lui inspirait tantôt de se soumettre à la peine , et tantôt de s'y soustraire.

(2) Quelques exemplaires grecs ajoutent qu'ils leur dirent : Sortez de cette ville , de -peur qu'il ne se forme encore quelque émeute contre vous et qu'on ne courre Sus. Ceci a l'air d'un commentaire qu'on aura fait passer dans le texte. Quoique ce soit , il donne une raison assez ■vraisemblable de la prière qui leur fut faite de sortir d€ la ville.

inS HISTOIRE DES ACTES

precatisunt eos, consolé les frèrcs (i), ils partirent a de Phiglb^nTuri" a: • lippes. Le peuple de fidèles qu'ils y laisre4)hir de nrhe. j, sèrciit furent comme une semence bénie

4o iixeiiiites au- . i • • i r • i i i j

len^de carcere » qui proQuisit les iruits Ics plus abonûans. Lv'bnm ""et vis.'s » Nous en avons la preuve dans l'épître que fratrihi.s conso- ), l'apôtrc écrivit aux Philippiens, lorsqu'il

latisuiit eos, et , . . . , .,

profeciisuat. » était prisomiier a Korae pour la première » fois. >y

(i) Les affligés deviennent les consolateurs, et ceux qui n'ont reçu aucun mal ont besoin d'être consolés. L'onction de la grâce dans les premiers , et dans les seconds une douloureuse compassion produisaient ces deux effets. Le premier surtout était un phénomèufi qui n'avait pas encore paru , et que l'univers ne dut pas moins admirer que les miracles de guérisons et de résurrections qu'opéraient les apôtres.

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