‹ Histoire des Actes des apotresChapitre 47 sur 81 · C. xvii. jr. I · texte numérisé non relu

C. xvii. jr. I

Cum autem perambulassent Amphipoliin , et Apolloniain , ve— neruut Th^ssa— lonicam, ubi e— rat synaçoga Judaenrum. 2. Se— cundnm consuetuiiinem autera Paulus introivit ail eos , et per sabbala tria disàer>'bdt eis de ïcrjpturis, 3- Adaperieas et insinuans quia Christuaa opor— tuit pati, et resiirgere a mor— tuis : et qnia hic est Jésus Christus , quetn ego aununtio vobis.

4. Et quidam fX eis creilideruiifc et adjuncti siint Paulo et Silse , et de colentibuu gentilibusque rDidtiludo magna, et mulicres nobiles non paii-

5. Zelantes au- ♦ em Judœi, assiimentesqiie de vulgo viros quosdam tnalos , et tiirba facta, concitaverunt civitatem : et assistentes domui Jasonis, quœrebant eos producere in populum : 6.

Et cum non in- ▼ enissent eos, trahebant Jasonem et qnosdara fratres ad principes civitatis , clamantes : Qnoniam hi , qui urbera concitant, ethuc venerunt, •j. Qiios siiscepit jason , et hi omnes contra décréta Cxsaris faciunt, regem alium dicentes esse Jesum. 8. Concita' verunt anlem plebem , et principes civitatis aiidientes b»c. g.

Et accepta satisfactione a Jasone , et a caeteris, «limiscrunt eos.

l80 HISTOIRE DES ACTES

Paul et à Silas, avec un grand nombre de gens craignant Dieu (i) et de gentils, et plusieurs femmes de qualité.

Mais les Juifs, transportés d'un faux zèle, prirent avec eux quelques méchans hommes de la populace, et ayant fait un attroupement, ils causèrent une émeute dans la ville; et assiégeant la maison de Jason , ils cherchaient Paul et Silas, dans le dessein de les traduire devant le peuple. Ne les ayant pointtrouvés , ils traînèrent Jason et quelques-uns des frères devant les chefs de la ville , criant : Ces gens-là qui mettent le trouble dans ta ville , ce sont des gens qui sont venus ici d'ailleurs , que Jason a logés ; et ils sont tous rebelles aux lois de César , en disant qu'il y a un autre roi , qui est Jésus. Ils émurent ainsi le peuple et les chefs de la ville qui les entendaient. Mais Jason et les autres les ayant satisfaits (2) , on les laissa aller.

(i) Le grec dit un grand nombre de gentils craignant Dieu , c'est-à-dire de gentils prosélytes. On les sépare , comme fait la Vulgate j et si l'on en fait deux classes j alors les gens craignant Dieu sont les prosélytes, et les gentils sont ceux qui étaient encore idolâtres, et qui se convertirent à la prédication de saint Paul.

(2) Ce furent les magistrats que Jason satisfit, et noa les Juifs avec la populace qu'ils avaient ameutée, tous gens incapables d'entendre raison. Un grand nombre d'interprètes disent que Jason satisfit en donnart caution qu'il représenterait Paul et Silas. On ose dire que cela n'est nullement probable. Si Jason avait pris un pareil engagement , est-il croyable que saint Paul se fût

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Cependant les frères, sans perdre de teins, firent partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Quand ils y furent arrives, ils entrèrent dans la synagogue des Juifs. Or ces Juifs étaient plus considérables que ceux de Thessalonique. Ils reçurent la parole avec toute l'avidité possible, étudiant à fond tous les jours rÉcriture (i) ,

évadé , comme il le fit la nuit suivante , laissant son hôte dans le cruel embarras de ne pouvoir le représenter? Il y a beaucoup plus d'apparence que Ja.son satisfit les magistrats par les bonnes raisons qu'il leur dit , auxquelles il put bien ajouter l'assurance que Paul et Silas sortiraient incessamment de la ville.

(i) Un Juif à qui Ton entreprend de prouver par l'Écriture la vérité de la religion chrétienne a droit de chercher dans rÉcriture les textes qu'on lui allègue pour s'assurer s'ils y sont , et d'examiner s'ils y sont dans le sens qu'on leur donne. Tels étaient d'abord les .Juifs de Bérée , vis-à-vis de saint Paul, Mais il ne s'ensuit pas, comme le disent les protest ans , qui abusent beaucoup de cet exemple , il ne s'ensuit pas , dis-Je , que ces Juifs devenus chrétiens eussent le dioit de discuter par l'Écriture chaque article de la foi, et de former leur créance sur l'explication particulière qu'ils en feraient. Ils est aisé d'apercevoir la ditlérence. Le Juif avant sa conversion cherche la vraie religion 3 il a droit d'examiner si celle qu'on lui présente en a les caractères. Après sa conversion, il l'a trouvée et embrassée; il ne lui reste plus qu'à croire ce qu'elle enseigne , et à pratiquer ce qu'elle ordonne. Autrement il se contredirait lui-même, puisque, après l'avoir jugée véritable, il douterait encore si elle n'est pas fausse.

Cependant il est permis de chercher dans l'Ecriture la preuve des dogmes décidés par l'Eglise, pour connaître les fondcHiens sur lesquels sont appuyées ses

lo.Fratres vero confestim per noctem dimiserunt PaiiJuni et Silatn in Berœaru : qui cum venissent , in synagogarn J iidœorum introienint. 11.

Hi autem er^nt nobiliores eorum , qui sunt Tljessalonicœ , qui suiceperiint verbiim, ciimomni aviditafe, quotidif scrutantes Siriphiras , si liœc ita se Iiaberent. 12. tt multi q-urletn rredidenint ex eis , et inuiicreni gentiiiiim lioncsta— riini , et viri non pa:ici i3 Cum aiitfm coijnovis— sent in Tliessalonica Jndxi , qiiia et Btnoeoe praeiicatiim est a Paulo vorbum JJei . venerunt , et Jlluc commoventes et tnrbantes multitndinena. i/|. Stalimqiie tuncPaulum dimiserunt fratres , ut iret usque ad mare :

Silas aulena et Timotheus reraanserunt ibi.

i5. Qui autem dediicebant Paulum pcrdiixenint eutn usque Atbcuas , et accepto mandato ab eo ad Silam et Ti— motheum , ut

quam celeriter venirenl ad illutn , profecli

SUIlt.

16. Panliis autem Alheiiis eos expectaret . ineitabaiiir spiri— tus ejiià lu ipso viclens iJolalria:

cleclilatn civita— teiu. 1^7. Disptitabat igilur iii .«yiMijoga cutcJu-

pour voir si les choses étaient ainsi « qu'on )) leur (lisait. » Il y en eut beaucoup qui crurent , comme aussi plusieurs femmes grecques de condition, et un assez grand nombre d'hommes. Mais quand les Juifs de Thessalonique eurent appris que Paul avait aussi annoncé la parole de Dieu à Bérée, ils vinrent y émouvoir la multitude, et y mettre le trouble. Alors les frères firent partir Paul incontinent pour aller du côté de la mer. Silas et Timothée restèrent à Bérée , « où il paraît » que le dernier était venu après eux. » Ceux qui conduisaient Paul le menèrent jusqu'à Athènes , d'où ils partirent avec ordre de lui pour Silas et pour Timothée de le venir joindre au plutôt.

Pendant que Paul les attendait à Athènes, son esprit était agité au-dedaiis de lui-même , à la vue d'une ville si adonnée à l'idolâtrie (i). Il disputait donc dans la synagogue avec les Juifs et les prosélytes , et tous les jours dans la place publique avec ceux qui s'y trouvaient.

décisious, pour en pénétrer mieux le sens, pour les explitpier au peuple , pour réfuter ceux qui les combattent , et jamais pour les réformer.

(i) Athènes était la ville du monde la plus spirituelle ; elle était en même tems la plus idolâtre , c'est-à-dire la plus insensée eu matière de religion. La religion n'est niiUeihent du ressort de l'esprit humain : pour peu qu'il y touche j il la défigure; et plus on a d'esprit, plus on y multiplie les extravagances , parcequc , plus on a d'esprit j plus ou y mêle de Ves-prit humain.

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Il y eut même quelques pliilosoplies épicuriens et stoïciens qui entrèrent en conférence avec lui; et quelques-uns disaient : Que veut dire ce discoureur (i)? D'autres disaient : Il semble qu'il annonce de nouveaux dieux ; et cela, parcequ'il annonçait Jésus et la résurrection. Ils le prirent donc, et le conduisirent à l'Aréopage ( 2 ) en disant : Pouvons-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que vous

daei? , et colcntîhus , <;t m loio per omnes dies , ad eos qui adcrant i8. Quidam autem epicurei , et stoici pliilosophi disserebant cimi eo , et quidam dicebant :

Qiiid vult serainiverbius hic dicere ? alii vero :

Novorumdaemo-

(i) Le mot latin comme le mot grec signifie proprelueut semeur de paroles. Eux-mêmes n'étaient rien autre chose, et ce nom leur convenait mieux, qu'à personne : ces philosophes étaient les plus inutiles de tous les hommes. Si l'engeance en eût péri tout entière , l'état aurait fait une moindre perte que s'il eût perdu un bon laboureur.

(2) Aréopage, mot grec qu'on pourrait traduire par la colline de Mars , qui faisait un des quartiers de la ville. Le sénat d'Athènes y tenait ses séances, soit que ce fût dans le temple de Mars, ou dans quelque édifice voisin, ce qui avait fait donner au sénat même le nom d'Aréopage. Il n'est pas décidé si saint Paul fut conduit devant le tribunal, ou simplement dans le quartier, pour être entendu de plus de monde, parceque c'était un des principaux rendez-vous des curieux de la ville.

C'est ici le premier des trois grands théâtres sur lesquels Dieu voulait que samt Paul eût la gloire de confesser son nom : l'Aréopage d'Athènes, le grand conseil des Juifs à Jérusalem, et l'audience de César à Rome. Ainsi il a eu à combattre ce que l'esprit a de plus raffiné, ce que la passion a de plus furieux, ce que la première puissance de l'univers a de plus formidable. Quelle assurance! et qu'il a bien pu dire : Je puis tous dans celui qui me fortifie! Phil. rv , i3.

niorum videtur aununtiator esse ; quia Jesiira, et resurrectionem aniiuntiabat eis. 19. Et apprehensum eum ad Areopagum duxerunt , dicentes : Possuïnus scire qux est L«c nova , quae a te dicitur , doctrina ? 20. Nova enim qnaedatn iufers aiiribus nostris : volumus ergo scire quidjiam veliot hase esse. 21. (Athenienses aiitem omnes, et advenae hospites , ad nihil aliud vocabant, nisi aut dicere , aut audire aliquid novi.)22.

Stans autemPaulus in medio Areopagi, ait: Viïi Alhenicnses , per cuaiii.'i quasi superstiliosiores vos video. 23.

Praeteriens eiiim , et videns simulacra vestra, inveni et aram , in qua scrîptum erat : Ignoto.

Deo. Quod ergo ignorantes colitis , hoc ego annnntio vobis. 24 Deiis qui fecit mundum , et omnia quœ in eo sunt , hic cœli et terrae cum sit Dominus , non iu manufactis templis habitat. 25.

enseignez ? car vous nous faites entendre des choses bien nouvelles ; nous sommes donc bien aises de savoir ce que c'est. Or tous les Athéniens et les étrangers qui demeuraient à Athènes ne s'occupaient à rien autre chose qu'à dire ou à écouter quelque chose de nouveau.

Paul donc , étant debout au milieu de l'Aréopage , parla ainsi : Athéniens , il me semble qu'en toutes choses vous êtes religieux jusqu'à l'excès; car comme je passais et que je regardais les simulacres de vos dieux, j'ai trouvé même un autel où il était écrit : Au DIEU INCONNU (i). Ce que vous adorez

(1) Saiut Jéiôme dit que cet autel était dédié aux dieux inconnus , au pluriel. Il est vrai qu'il y en avait à Athènes avec cette inscription ; mais la manière dont parle saint Paul ne permet pas de douter qu'il n'y en eût un dédié au Dieu inconnu, au singulier. Lucien, ou quel que soit l'auteur du Pldlopatris , en parle comme l'ayant vu. Quel était ce Dieu dans l'idée des Athéniens , et à quel propos lui avaient-ils érigé un autel ; c'est sur quoi l'on n'a que des conjectures. Quoi qu'ils en aient pensé ; si Pon prend l'inscription au pied de la lettre , on trouvera que l'application que saint Paul en fait au vrai Dieu ne saurait être plus juste. Le nom de Dieu n'appartient qu'à lui seul- et de tous ceux à qui les Athéniens donnaient ce nom , û était le seiJ qu'ils ne connussent pas.

Cet exorde de l'Apôtre est fort ingénieux. Il ra parler pour détruire tous les dieux des Athéniens , et il semble n'avoir en vue que de leur en faire connaître un de plus qu'ils ne connaissaient pas.

DES APÔTRES. CHAPITRE XVII. l85

donc sans le connaître, c'est ce que je vous an- iN'ec manibus hu-

. mams colitur in-

nonce. Dieu qui a fait le monde et tout ce dig<ns aiiquo ,

,M /• '. . 1 o • j • 1 ciim ipse dct om-

quil renferme, étant le Seigneur du ciel nibus vitam, et

et de la terre , n'habite point dans des temples i"spiraiionom et

' A ^ A , ooinia : Fecitque

faits de main d'hommes (i) ; et s'il reçoit ex uno omnege-

T ,,, 1 1 • 1 1 5 . nus hominum in-

del honneur de la main des hommes, ce nest habiiare super

pas qu'il ait besoin de rien , puisque c'est "nJversam fa-

r ^ ... ciem teriae , de-

lui qui donne à tous la vie , la respiration finïens statuta

et toutes choses. D'un seul homme il a fait mhios°*iiabitat1o-

sortir tout le genre humain pour habiter toute "'^ eorum, 27.

o ^ , Qnœrere Ueiim ,

la terre , en réglant le tems précis et les si forte attrec-

bornes de la demeure des hommes, afin qu'ils inveniant^qua^m-

cherchent Dieu , et qu'ils puissent le trouver \'s boq longe sit

> A / \ • VI • unoquoque

comme a tâtons (2) , quoiqu il ne soit pas nostrum. 28. la

loin de chacun de nous : car c'est en lui ^ '.^ /"t'^mrvèl

que nous avons la vie , le mouvement et l'être , "nr , et sumus :

\ , Al siciit et quidam

ainsi que quelques-uns même de vos poètes vestrorumpoeta-

ont dit : Car nous sommes de sa race (3). ^.T^'irX'ÛJ;

sumus. 29 Genus

" ergo cum simus

Dei , non debe-

(i) Dieu réside d'une manière spe'ciale dans les tem- mus aestimare au-

ples qui lui sont consacrés , mais il n'y est pas renfermé. r° e t argento, aut

* ^ -,..,,.,,,. lapidi , sculptu-

C'est tout ce que veut due saint Paul, et il le dit pour r^ artis, et co-

l'instruction des païens, qui n'imaginaient point d'autre gitationis homi-

, 1 T 11 1 II 1 '^ ■ .. nis, divinumes-

presence de leurs dieux que celle par laquelle Us étaient g^ simile. 3o Et

actuellement présens dans le lieu particulier qu'ils oc- tempera quidem

cupaient. 'V'J"^. '^"«^"ti'^

^ .... despiciens Ueus,

(2) Quoique Dieu soit invisible, on peut le connaître nunc annuniiat

par la réflexion et par le raisonnement, qui est comme nominibusutom- 1 » 1 1-A 1 ^ ) 1 nés 1 bique poêle tâtonnement de lame, de même qu un aveugle peut nitentiatn agant

trouver les meubles de sa chambre en tâtonnant. 3i. eo quod sta-

(3) Ce mot est d'Aratus , poète erec et astronome, tmt diem, inquo ^ ' , juUicalurus est

On a de lui un poème sur les phénomènes, que Cicé- orbem in œqui-

ron a traduit en vers latins. **''*^' ''^ ^^^" '■

l86 ÏHSTOIUE DES ACTKS

quo shatuii, fi- Etant donc de la race de Dieu(i), nous nr

deraprœbensom- ^ • • l TV ' ', ' ■,.

«.bus , suscitans devons pas nous imaginer que la Divinité soit eum a mortuis, semblable à des simulacres d'or , d'argent ou de pierre , ouvrages de l'art et de l'invention des hommes (2). Or Dieu, après avoir paru dissimuler ces tems d'ignorance , annonce présentement aux hommes que tous et partout ils fassent pénitence , parcequ'il a déterminé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l'homme par lequel il a résolu de le faire ; ce qu'il a rendu indubitable à tous les hommes, en le ressuscitant d'entre les morts.

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