If a fortiter crescebat ver— bum Dei , et confirmabatur
21. His aiilemexplelis. proposnit Paulus m Spiritu, transita Macedonia et Achaia, iie Jerosolymam , dicens :
Quoniam postquam fuero ibi , oportet nie et Romam videre.
22. Mitteiis autem in l\jacedontaiTi duos ex rainislrantibus sibi,
Timotheum etErastum, ipse remansit ad tempus in Asia. aS.
Facta est aiitem illo tempore turbationon tuinima de via Domini.
a4- Demetrius enim quidam nomine , argentarius, faciens aedes argenteas Dian^e, prœstabal artificibus non modicutn quaîstuiii :
25. Qiios convocans , et eos qui hijjusiiiodi erant opifices, disit :
A'iri , scitis quia de hoc artificio est nobis acquisitio: 26. Et videtis , et auditis , qiiia non solum Êphesi; sed pœne tolius Asiae ,
et on trouva que la somme allait à cinquante mille deniers (i). Ainsi la parole de Dieu s'étendait et s'accréditait de plus en plus.
Après cela , Paul résolut , par le mouveraemt du Saint-Esprit , d'aller à Jérusalem, après avoir passé par la Macédoine et par l'Achaïe ; et il disait : Quand j'aurai été là, il faudra que je voie aussi Rome. Ayant envoyé (( d'avance » en Macédoine deux de ceux qui le servaient dans le ministère , Timothée et Éraste , il demeura encore quelque tems en Asie.
Il survint alors un grand trouLle au sujet de la voie du Seigneur. Un orfèvre nommé Démétrius, qui fabriquait en argent de petits temples (2) de Diane , faisait beaucoup gagner les gens de sa profession. Les ayant
(i) Il y a dans le grec 5o mille pièces d'argent. On ne sait pas au juste ce que cette somme pouvait valoir. Elle était considérable^ et l'on en conclut avec raison qu'il fallait qu'il y eilt beaucoup de ces sortes de livres. On n'en sera pas surpris, lorsqu'on saura que la magie était si commune à Ephèse, qu'elle y était devenue un art et une profession. Ce qui fait juger pourtant que la quantité de ces livres était moindre qu'on ne pourrait se l'imaginer, c'est qu'avant que l'imprimerie fût inventée les livres étaient une marchandise beaucoup plus chère qu'elle ne l'est aujourd'hui.
(2) C'est ce que signifie le mot grec. Il paraît que ces représentations étaient en relief. Si , comme quelques-uns le pensent, elles eussent été plates, et frappées comme des médailles , pour lesquelles il ne faut qu'un coin et un coup de marteau, auraient- elles occupé ce i*raud uomlîre d'ouvriers dont il va être parlé ?
DES APÔTRES. CIIAPITHE XIX. 2o5
assemLlcs avec d'autres qui faisaient Je pareils ouvrages : O hommes, leur dit-il, vous savez que ce travail nous produit un gain considérable. Vous voyez aussi , et vous l'entendez dire que, non-seulement à Éplièse, mais presque par toute l'Asie, ce Paul a détourné beaucoup de monde, en disant que les dieux, qui se font de main d'hommes ne sont point des dieux.
« Ce motif ne regardait que les orfè- "» vres , et seul il ne suffisait pas pour causer y> une émeute générale. Démétrius jugea donc » à propos d'intéresser dans cette affaire la » religion publique. C'est pourquoi il ajou- )) ta : h Non-seulement nous courons risque de voir cette partie a lucrative » tomber dans le discrédit , mais de plus le temple (i) de la grande Diane sera méprisé, et l'on verra bientôt disparaître la majesté de celle que toute F Asie et le inonde entier révère.
A ces mots la colère les saisit , et ils se mirent à crier : Elle est grande la Diane des Éphésiens ! Toute la ville fut aussitôt en
(i) Tout le monde sait que le temple d'Éplièsc était uue des sept merveilles du monde. Pline l'appelle le clief-d'œuvre de la magnificence grecque. Il nous en donne les dimensions. Ce temple avait 4^5 pieds de longueur , 220 pieds de largeur ; il était soutenu par iQ.'j colonnes qui avaient chacune 60 pieds de hauteur. Pline ajoute que le dénombrement des beautés qui y étaient répandues remplirait plusieurs volumes. Il fut pillé et brûlé par les Grecs sous l'empire de Gallien.
Paulus hic sua- (lens avertit mnltam turbaoi , diccns : qiioniatn non sunt <Jii , qui manibus fiuni.
27. Non soluta auteiu hœc periclitabilnr Bobis pars in redargutionem venire , seJ et magnae Dianac templutn in niliiludi reputabitiir , sed et destnii incipiet majestas fjus, qiiam tota Asîa^ et orbis colit.
28. His auditis, repleli sunt ira, et exclamave— nint dicentes :
Magna Diana £phesiorntn I 29.
Et impleta est civitas confusione , et impetiim fecerunt uno anime in theatrum,
rapto Gaio et Aristarcho Maceclonibiis , co— mitibus Pauli.
3o. Paulo autem volente in- Irare in populunn , non permieerunt discipuli.
3i. Quidam autem et de Asiœ principibus , qui erant atnici ejus, iniserunt ad eum Togantes ne se daret in theatrum : 32. Alii autern aliud clarnabant. Erat euim £cclesia confiisa : et plures nesciebant qiia ex causa con- ■venissent.
33. De turba autem detraxerunt Alexandrum , propellentibiis eum Judœis. Alexander autem manu silentio poslulato, volebat reddere rationem populo. 34. Queoa ut cognoverunt Judxum esse , vox l'acla una est omnium , quasi pcr horas duas clauiantium: Magna Diana Ëphesio-
t'UUl.
206 IIISTOIRli DES ACTES
combustion , et tous ensemble coururent impétueusement au théâtre (i), traînant avec eux Gaïus et Aristarque , Macédoniens , compagnons de Paul, (c C'était sans doute pour )) les dégager , et pour essuyer seul ce grand » orage , que » Paul voulait aller se présenter au peuple : mais les disciples s'y opposèrent ; quelques-uns même des principaux de l'Asie , qiii étaient de ses amis , l'envoyèrent prier de ne pas s'exposer au théâtre j (( et il eut pour eux cette déférence . »
Cependant l'un criait d'une façon , et l'autre d'une autre; car toute cette assemblée n'était qu'un amas confus de gens dont la plupart ne savaient seulement pas pourquoi ils étaient assemblés. « Les Juifs, qui craignaient que )) cette tempête ne vînt à éclater sur eux, )) pensèrent tout perdre par le moyen qu'ils » avaient jugé propre à les garantir. » Ils tirèrent de la foule, en le poussant devant eux, <( un des leurs , nommé « Alexandre. Celui-ci, ayant demandé silence de la main, voulait exposer ses raisons au peuple. « Son )) dessein était apparemment de séparer la » cause des Juifs de celle de Paul et des » chrétiens. » Mais dès qu'on eut reconnu qu'il était Juif « ( et dès lors un ennemi dé- » claré de Diane et de toutes les divinités
(2) La place où était le théâtre €t où se donnaient les spectacles. Cette place était aussi le lieu où le peuple tenait ses assemblées.
)) païennes ) , )> de toutes ces voix il ne s'en loiina qu'une seule qu'on entendit crier pendant environ deux heures : Elle est grande la Diane des Éj)hésiens !
« Une seule de ces voix qui aurait ajouté, )) Extermiîions tous ses ennemis^ aurait suffi )) pour remplir la ville d'incendies et de car- )» nage. Ces excès étaient à craindre et le » danger en était prochain , lorsqu'un homme )) agréable au peuple se chargea , s'il ne fut » pas plutôt chargé par les magistrats , de « calmer les esprits et de rétablir l'ordre. j) Cet homme qui était » le secrétaire « de 35. Et cum se-
,, i„ ,.'11.^ . ' • "'11. Il dasset scriba tiir-
)■' la Ville, )) après avoir apaise le tumulte, j^^^ dixit • viri iîarangua de la sorte : Citoyens d'Éphèse, quel Ephesii , quis e-
>,, . \ ■ nim est homi-
est 1 homme qui ne sache que la ville d E- m,m,q,iin(3ciat phèse honore « d'un culte spécial » la grande fiÇ^tïm'^cuUril Diane , la fille de Jupiter. Puis donc que c'est cem esse magnœ
„ . . , , , Dianae , Jovisque
un tait qui ne peut être conteste , vous devez proiis t 36. Cum vous tenir en repos et ne rien faire légèrement. V.^? contra-
X o dici non possit ,
Car C€s hommes que vous avez amenés ici oportctvosseda- (( (il parlait de Gaïus et d'Aristarque ) ». ne hiitemereageie. sont coupables ni de sacrilège ni de blas- 27. Addimstis e-
'■ o niin hommes is—
phème (i) contre votre déesse. Que si Dé- tos,neque sacri-
... 1 . • , 1 . . legos , neque
melrius et les ouvriers qui sont avec lui ont blasphémantes
(i) Saint Chrysostônae dit que, pour calmer le peuple^ il lit un mensonge olTicieux. Cependant il est possible que saint Paul et ses compagnons se contentassent de dire , comme Démétrius le dit de saint Paul , que les dieux qui se font de main d'hommes ne sont point des dieux. Que si l'on insistait sur Diane, sans doute il ajoutait qu'elle n'était pas plus que les autres, mais
(ienn vestram.
38. Qiiod si Demelrius , et qui cum eo sunt artifices , habenl adversusaliqiiem causam, convenlus forenses aguntur, et proconsules sunt, accusent invicera. 39. Si quid autem alterius rei quccritis , in légitima ecclesia poterit absolvi. 4o. Nam et periclimatur argui eeditionis hodiernae : cum nullus obnoîius sit ( de qiio pos- Bimiisreddere ralionetn ) concur- 6US istius.
Et cum hœc dixissel . dimisit ecciesiam.
quelque plainte à faire contre quelqu'un, les audiences se tiennent et il y a des proconsuls ; qu'ils y plaident entr'eux. Si vous prétendez quelque autre chose , cela pourra se régler dans une assemblée légitime; car nous courons risque d'être accusés de sédition pour ce qui s'est passé aujourd'hui, vu que nous n'avons rien à dire pour rendre raison de ce concours (( tumultueux.
» Ainsi , après avoir commencé par flatter » le peuple, il continue par l'instruire de ce » qu'il doit faire, et finit par l'intimider sur a ce qu'il a fait. Un païen ne pouvait rien » dire de plus à propos dans la circonstance. » Voyant qu'il avait réussi , » lorsqu'il eut cessé de parler , il renvoya tout ce monde , d )) qui se retira aussitôt et sans bruit. »
sans invictiA'cr contre elle. C'est une conduite sage, lorsqu'on est obligé de faire connaître la \ éi-ité , de la proposer d'une manière qui ne soit pas trop révoltante pour des esprits prévenus ; et le discours de saint Paul dans l'aréopage fait assez voir qu'il était capable de ces sortes de ménagemens.