Et cufuinolaiemur per die* aliquot , «ujitr
parcequ'en ne déférant pas à de pareils conseils saint Paul acquérait un mérite de plus.
(i) Appelée depuis Saint-Jean -d'Acre , ville célèbre du tems des croisades par les difi'érens sièges qu^ellc soutint.
(2) L'un des sept diacres , le même dont il est parlé aux chapitres vi €t ynï.
(3) C'était l'accomplissement de cette prophétie dé Joël, rapportée par saint Pierre : Vos fils et vos filles projjhétiserûnt. Ces filles étaient vierges , ce qui les rendait plus propres à recevoir les illustrations célestes. L'église les reconnaît pour saintes. Saint Jérôme ^ écrivant contre Jovinien, remarque à leur occasion que la profession de wginité a commencé avec le christianisme.
HISTOir.E DES ACTES
renit quiilam a Ju(l;ea propheta , ^ iiomiiie Agabus.
ïi. Is cum venisffet ad nos , tulit zonam Pauli : et alliganssibipedes et maiius , dixit :
HiecdicitSpiritus sanctus : virum cuju.<; est zona hœc , sic alligaLunt in Jeru— sal'?ni Judsei , et tîàd''iit la aianus ç^L'iiiiinn. 12.
O'.oil cum audissctnns , rogabamus nos , et qui Joci iiiiiis erant , neascenderet Jerosoîymaoi : i3.
Tune respondit Paiiliis , et dixit :
Quid facitis flentes , et affligeâtes cor meum ?
Ego cuiiu nonsoliira alligari , sed et moi'iin Jérusalem paratDSsiim, propter nomen Domini Jesu. i^.
Et cura ei suaderenon possemus, quieviinus , dicentes : Domini voluntas Gat. i5.
Post dies autem istos piTcparati, ascendebamns in Jérusalem. i6.
Venenint autem et ex discipulis a Csesarea nobiscum , adducentes secum apud qiiem bospitaremur Mnasonem quemdaiu CypriuQi .anliquiim discipulum.
Judée, nommé Agabus (i), lequel étant Tenu nous voir , prit la ceinture de Paul , et s'en liant les pieds et les mains (2), il dit : Voici ce que dit le Saint-Esprit ; C'est ainsi que les Juifs lieront dans Jérusalem l'homme à qui est cette ceinture , et ils le livreront entre les mains des gentils. Ce qu'ayant entendu, nous conjurions Paul (3) ^ nous et les gens du lieu , de ne point aller à Jérusalem. Alors Paul répondit : Pourquoi pleurez-vous et me déchirez-vous le cœur (4)? Pour moi, je
( 1 ) Le même qui avait prédit la famine qui arriva SGUs l'empire de Claude , comme ou l'a vu au chapitre u.
(2) Il était assez ordinaire aux prophètes de Joindre aux paroles quelques actions extérieures qui rendaient leurs prédictions phis sensibles. Ces actions ne leiu" étaient pas moins inspirées que les paroles mêmes , comme on le Toit par les exemples d'Isaïe, de «lérémie, d'Ézéchiël, etc.
(3) Saiiit Paul avait consenti que les frères le fissent sortir de Damas ^ en le descendant par la muraille de la ville dans une corbeille ; il avait déféré aux conseils de ses amis lorsqu'ils le prièrent de ne pas s'exposer au théâtre d^Éphèse : à présent il n'y a ni prières ni larmes qui puissent l'empêcher d'aller affronter toutes les fureurs des Juifs. Dieu voulait qu'il se dérobât à la persécution dans les deux occasions précédentes , et qu'il s'y exposât dans celle-ci. Ces différentes volontés de Dieu , qui lui étaient Connues , sont la cause de ces conduites différentes. Cette remarque est de saint Chrysostôme.
^4) Il n'était point sensiljle aux persécutions qu'il allait essuyer ; ^ l'était à la douleur qu'en ressenlaieul^
suis prêt , non-seulement à être enchaîné , mais encore à mourir dans Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. Comme nous ne pûmes le persuader, nous nous calmâmes en disant : Que la volonté du Seigneur se fasse. Après ce séjour , nous nous disposâmes à partir, et nous allâmes à Jérusalem. Il vint aussi avec nous quelques disciples de Gésarée , amenant avec eux un certain Mnason de l'île de Chypre , ancien disciple , chez qui nous devions loger.
Arrivés à Jérusalem, nous fûmes bien re-
iT. Et ciitn vécus par les frères. Le lendemain Paul alla nissemus Jeroso-
chez Jacques (i), où nous l'accompagnâmes, '/^"eprûnV^nos et où tous les anciens s'assemblèrent (2). fratres. i8, Se-
, 1 'M 1 queiiti aulem die
Apres quil les eut salues, u leur raconta en introibat Pauius
nobiscum ad Jases frères. S'il est beau d'avoir une pareille sensibilité, combien plus l'est- il de pouvoir la surmonter ! C'est aimer Jésus-Christ encore plus que ses frères, que l'oa aime pourtant plus que soi-même.
(i) Jacques le Mineur , celui qui est appelé le frère du Seigneur. Tous les autres apôtres étaient dispersés. Il fut le seul qui ne s'éloigna pas de Jérusalem, dont il avait été étalili évêque; ainsi le premier des évcques; fut aussi le premier observateur de la résidence. Saint Paul rendit ce qu'il devait à sa dignité et à sa sainteté. Ce fut environ cinq ans après que saint Jacques le ( Mineur fut précipité , et ensuite assommé par les Juifs , ^ en haine du christianisme. Après ce crime Jérusalem n'eut plus d'apôtres.
(2) Le clergé de Jérusalem. Le mot grec signifie également les anciens et les prêtres.
22]. HiSTOmE DES ACTES
cobum. omnpsw détail ce aue Dieu avait fait parmi les «[e.n-
qiiecollecli,simt ., ^ . . , ^
t^onivrf-a. 19 tiis par SOR ministcre : ce qiiayant entendu,
Quos cum sai„- jj^ ç„ «lorifièrent-Dieu.
tasset, narrabat O
j>er smgiiia. qiiae (( Cependant commc il était à propos de
Deiis fecisset in ^ • ^ , 1 1 •
prntibtis perrai- ^- ^^^^^ ccsseF Une espèce de scandale qui
"r^irili'^' T ^^ n'était fondé que sur des rapports peu fl-
aïKiisspnt.migni- » dèles , mais qui pouvait pourtant retarder
dixeruntque ei : ^' ^^^ progrcs de 1 Ji^vangilc , ils ajoutèrent )) ce qui suit : «
Vides, frater, Vous vovez , mon frère combien il y a
qiiot raillia sunt , . . , ^ ^ t 'f • -i
in jutLeis . qui OC miUiers (t) de Juifs qui ont cru, et ils
omt^Tmll.to- '^^"t *^"s fort attachés à la loi. Or, ils ont
ressimiiegis. 21. QUI dire dc VOUS que vous enseigniez que
iiudierunldntem i t t • • i -1 1 •
detp, qi.ia dis- iGS Juiis qui sout parmi les gentils doivent
Zt'^Z'" ''''" abandonner Moïse, que vous dites qu'ils ne
ceas a Moyse eo- "a t
rnm. q.nper£;pn- doiveut poiut circoncîre leurs enfans ni se
tessunt, Jndaeo- i • 1 i • r-v 9 -i
mm : dicensnon conduirc selon les ariciens usages. Qu y a-t-il
debfie eos cir- donc « à faire? i> Tout le monde sans doute
ciimcniere filios
snos. iieqiip se- nc manquera pas de s'assembler, car ils sau-
ctindum consue- * ' ' r~<i • r •
tudmern ingredi. ^^'^^ que VOUS ctes amve. L est pourquoi faites
r22. Qnid ergo j,g ç„^g j^^^j, allous VOUS dire. Il y a parmi
est? utique opor- . ^ J i
( T ) En grec , combien de myriades. Les myriades valaient dix mille , ce qui montre qu'à Jérusalem le nombre des Juifs fidèles était fort grand. Lorsque saint Paul dit, parlant des Juifs, (c Si quelques-uns d'entre eux ont été' incrédules » , cette expression , si on la prenait au pied de la lettre , induirait à croire que les incrédules faisaient le petit nombre : mais non ; le gfos de la nation demeura dans l'incrédulité : cependant cette façon de parler donne assez à entendre que ceux qui embrassèrent la foi en faisaient une partie coi»sidérable.
DES APOTRES. CHAPITRE XXI. 22!j
MOUS quatre hommes chargés d'un vœu(i)*, tet convenirei
, . '(. miiltitiiflincm :
prenez-les avec vous, et purinez-vous avec a.idient cnim t.^
eux; payez même pour eux ce qu'il faut, Ho^f'^^er'^^^ f'^i
afin qu'ils se rasent la tête ; et tous sauront q-od tibi dici-
« •• T j . c mus : Snnt nobis
que ce quon a oui dire cie vous est taux : viri quatuor, vo-
Qu'au contraire vous êtes vous-même obser- '"m habeniessn-
valeur de la loi. A 1 égard des gentils qui ont assnmptis, sanc-
cru, nous avons écrit et décidé qu'ils aient )lsret*^mpTndc
à s'abstenir de ce qui a été sacrifié aux idoles, '" '"'* "'^ radant
-, f . , , , (Y" 1 1 capitn , et scient
du sang, de ce qui a ete eloutie et de la o.nnes quia q.i.-e
fornication, « sans en exiger rien de plus. f,isa^si*,nt"^'^s"<{
» On a déjà parlé des dispositions oii était ambuias et ipse
» saint Paul à l'égard de la loi : il la regardait pem. 25. De bis
)) comme abolie , mais non encore comme ré- •"''«•" ^ q"> cre-
' ^ tiuleriint ex gcn-
» prouvée. En conséquence elle étaitdevenue tibus nos sctip-
» pour lui une de ces choses indiiierentes tesutabstineant
» dont on peut user ou s'abstenir à son gré, '^ ,^^ "'°''* '<"-
r^ ^ . o ' molato , et san—
» mais dont il fallait s'abstenir ou user lorsque gujne, et sutTo-
(i) Le vœu des Nazaréens, dont il a déjà été parlé. Ce A œu était de pure dévotion , mais cette dévotion avait Dieu pour instituteur , comme on le voit au chapitre VI du livre des Nombres. Saint Paul , eu le faisant et en le gardant, moiitrait plus d'altacbcmeut au judaïsme , que s'il se fût borné à ce qui était d'obligation rigoureuse j de même que, parmi nous , vouer l'obligation défi conseils c'est marquer encore plus de christianisme que si l'on s'en tenait au précepte. C'était une nouvelle preuve de zèle pour les observances judaïques qqe de l'aire pour d'autres la dépense du nazaréat , comme le fit saint Paul. Cette dévotion n'était pas extraordinaire chez les Jriifs^ et nous la A-cyons encore imitée de ceux q\ii fout faire par d'autres des pèlerinages dont eux- ^^cmcs font les frais.
cato, et fomicatione.
26. Tnnc Paulus , assumptis viris, postera die puriUcalus ciim illis iiitiavit iii terajilum,auiiuutians f xplptiùiiem clierum pui'ilicatiuuis, douce otteiretur pio uno^ quoque eonuii olilatio. 27. Dum autem septem diii cousummarentur, hi <jui de Asia erant Juda:i , cuni vidissent eam iiitemplû, concitaverunt omuera populum.ct iiijecerunt e\ manus cfamantes -.
a8. Viri Israelilae , adjuvale : hic est homo , qui adversus poimlum, et legcm , 1 1 lorum hune , omiies ubique docens, insuper et gcntiles iuduxit in templum, et violavit sauclum locum istum. 29. Vidcrant enim Trophimum Ephtsiuin in civitato cum ipso qucra a-stimaverurit quouiam in leiaplum introduxisset Pauhis. 3o. Comolaqvc est civitas tota , et factd estconcursio populi. Et appreheudontrs Pauluin , trahcbant euni c-.tra Icmpluru, et statira clausie suut janux.
)) l'intérêt du prochain exigeait l'un ou l'autre. » Sa conduite sur ce point avait toujours été » conforme à ses sentimens , et elle le fut » encore dans cette occasion > oii parurent )) également sa déférence pour l'avis de ses » frères et sa condescendance pour les fai- » Mes et les imparfaits. »
Il prit (c donc » avec lui les hommes « qui » avaient fait le vœu ; » et le jour suivant s'étant purifié avec eux, il entra dans le temple , et déclara combien de jours devait durer la purification, jusqu'à ce que l'offrande se fît pour chacun d'eux. Comme on était sur la fin des sept jours , les Juifs d'Asie , qui l'avaient vu dans le temple , soulevèrent tout le peuple, et mirent la main sur lui , en criant :
Israélites , au secours ! Voici l'homme
qui
déclame partout contre la nation , contre la loi et contre le temple. Il y a même fait entrer des gentils , et il a profané ce saint lieu. C'est qu'ils avaient vu dans la ville Trophime d'Ephèse avec lui , et ils s'imaginèrent que Paul l'avait fait entrer dans le temple. Il se fit au même tems une émeute par toute la ville , et le peuple accourut en foule. On se saisit de Paul , et après l'avoir tiré hors du temple , on ferma les portes.
(( Ces hommes religieux appréhendaient » que le temple ne fût souillé par l'effusion » du sang humain. C'est pour cela qu'ils l'en » avaient fait sortir, et qu'ensuite ils avaient » fermé les portes , de peur qu'il ne leur
j) échappât des mains, et qu'il n'y rentrât. » Débarrassés de ce scrupule , » ils se disposaient à le tuer , lorsqu'on vint dire au tribun de la cohorte : Toute la ville est en confusion. Aussitôt il prit avec lui des soldats et des centurions, et courut à eux. Dès qu'ils virent le tribun et les soldats, ils cessèrent de frapper Paul. Alors le tribun s'approchant le saisit et le fit lier de deux chaînes (i), demandant qui il était et ce qu'il avait fait. Mais dans la foule les uns criaient une chose et les autres une autre. Ne pouvant donc savoir ce qu'il y avait de certain, tant le tumulte était grand , il le fit mener dans la forteresse (2). Quand Paul fut venu aux degrés , les soldats se mirent à le porter , à cause de la violence du peuple ; car le peuple le suivait en foule, criant : Otez-le du monde!
(i) Selon la prophétie d'Agabus, qui nous apprend que saint Paul eut les mains liées d'une de ces chaînes, et les pieds de l'autre. Ce fut sans doute la chaîne aux pieds qui obligea les soldats de porter saint Paul lorsqu'on fut venu aux degrés de la forteresse, qu'il ne pouvait plus monter assez vite pour échapper à la populace qui le poursuivait.
(2) La forteresse Antonia , selon tous les interprètes. Elle était voisine du temple , et de la plus haute de ses tours on découvrait ce qui s'y passait. Le grand Hérode l'avait fort embellie et extrêmement fortifiée. Il l'appela Antonia , du nom de Marc- Antoine , qui était alors son protecteur. Les Romains , lorsqu'ils eurent réduit la Judée en province , y avaient une garuison qui servait
3i. Quaerentibus autem euiu occidere , nuntiatuin est tribuno cohortisrQuia tota confiinditur Jérusalem. 32.
Qui stalim assumptis militibus , elcenturionibus , decorrit ad illos. Qui cura vidisscnt tribunum, et milites, cessaverunt percutere Paulum.
33. Tune accedens tribanus , apprehcndit eum : et jnssiteum alligari catenis duabus : et in— terrogabat quis esset , et quod fecisset. 34- Alii autem aliud clamabantin turba.
El cum non posset certiutn cognoseere prae tumultu, jussitduci eum in castra.
35. Et cum ve— nisset adgradus^ contigit ut por— taretnr a militibns propter viui populi. 36. Se— quebatur enina muititudo populi, damans : toile eam.
5j. Et cum cœpisset induci in castra Paiiins, dicit tribuno :Si Jicet mihi ioqiii aijqiiidad te?qiii dixit : Graece nosti? 38. Nonne tn es jEgyptius, qui anle hos dics tiimiiltum concilasti , et eduxisti in desertuQj quatuor millia virorum sicariorum? 39. Jit dixit ad etim Pan lus : .Ego homo sum qiiideon Jndœns a Tarso Cilicia; , non ignotse ciritatis luuniceps. Rogo autem te , permit.te mibi loqui ad popii'.nm. ^o.
Et cum il le permisissety Paulus stans ii3 gradibus, aixnuit manu ad plf-bem , etmagriosilentio facto , allocntus est lingiia hebrœa, dicens :
228 HISTOIRF; DE5 ACTES
Comme Paul er.trait dans la forteresse, il dit au tribun en (c langue grecque : » Me serait-il permis de vous dire quelque chose ? Vous savez le .^rec , repartit le tribun ? (c puis )) il ajoulf'i : >^ N'êtes- vous pas l'Egyptien (i) qui, ces jours passés, avez excité une sédition ; et, mené dans le désert quatre mille assassins î Moi , lui répondit Paul , je suis Juif, 'de Tarse en Cilicie , et citoyen de cette ville , qui n'est pas inconnue. Mais permettezmo'i, je vous prie, de parler au peuple. Le tribun le lui ayant permis, Paul se tenant debout sur les degrés , fit sigtie de la main au peuple ; et s'étant fait un grand silence , il parla ainsi en langue hébraïque :
à contenir les liabitans fie Je'rusaîem et les étrangers que les grandes solennite's y attiraient.
(i) Josèphc et après lui Eusèbe parlent de cet Egj'pticn qui e'tait sorti d'Egype avec quatre mille hommes, mais dont la troupe s'était accrue, disent-ils, juscpi'à trente mille. C'était un faux prophète et un magicien, qui avait pi'omis à ceux qui le suivaient que d'une seule parole il ierait tomber les murailles de Jérusalem. Félix envoya contre eux des troupes qui en tuèrent une partie, et en firent plusieurs prisonniers. L'Egyptien disparut dans la mêlce , sans qu'on ait jamais su ce qu'il était devenu. Tl n'est pas douteux qu'on n'ait eu grand envie de le tenir j et le tribun, qui en jugeait par le ^ déchaînement du peuple, conjecturait assez raisonna:blement que saint Paul pourrait bien être cet imposteur si justement et si universellement détesté.