C. Trinques^ ancien. Lambert 7 pasteur
Arnal?? ancien.
AuRET, ancien.
A Messieurs, Messieurs Heliot et Rey, Piisteurs des Eglises reformées recueillies au Baillage de Gex,
De r Eglise de Bergerac.
Messieurs et très hoonorés fireres.
Saluant l'adresse que vous nous auês donnée, nous auons fait^ tenir à Monsieur Got Marchant de Lion la somme de trois cens.
soixante et sept liures dix sols, qui est tout ce que nous auons peu recuUir dans lenceinte de nostre Eglise, pour vous tesmoigQer la part que nous prenons a vostre affliction. Nous vous supplions trc^ humblement de recevoir ceste subuention, plus tost comme une marque de nostre foiblesse que comme un tesmoignage de la bonne volonté que nous aurions de vous secourir» laquelle sans doute surpasse nostre pouuoir. Nous prions Dieu qu'il vueille terminer bientost le cours de ces affligeantes visitations sur vos troupeaux, et vous donner un parfait repos après les troubles dont vous aues esté ci deuant agitez. Cest le souhait que nous faisons auec tous ceux qui compatissent a vostre douleur vous asseorant que si les Eglises de nostre Colloque nous enuoyent leurs subuentions, comme nous les y avons exhortées, nous ne manquerons point de vous faire tenir le tout et le plus promptement qu'il nous sera possible. Nous sommes.
Messieurs et (res honoorés frères.
Vos 1res humbles et très obeissans seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Refformee de Bergerac et pour tous
J. AsiBiONT, Pasteur.
P. BouTiif, ancien. J. Layergne, ancien.
De Bergerac, ce 2 8^^^ 1663.
A Monsieur Monsieur Rey, f. M. D. S. E, à Fernex, au Bailliage de G ex.
Du Synode de Beaune.
Messieurs et 1res honorés frères,
La Lettre qu'il vous a plu nous écrire il y a deia plusieurs moys a été leùe dans notre Synode qui m'a donné ordre de vous faire réponse. Elle n'auroit pas tant lardé si nous auions peu nous assembler plus tost, et nous vous aurions il y a longtemps témoigné la part que nous prenons a vos maux; nous scauons par la triste pinclure que vous en faites qu'ils sont et grands et en grand nombre, el
il faudroit être bien dur si Too n'en étoit pas émeu et viuement touché. Peut être qua laduenir nous donnerons autant de compassion aux bonnes âmes par une condition égale a la vôtre. Du moins on nous menace de nous traiter de la mesme façon, et de nous rendre plus misérables que tous les autres qui viuent soubs ledit de Nantes nous qui auons eu de plus grands priuileges. El certes on fait dans celte prouince des choses qui en approchent fort contre nous. On bannit les ministres, et ceux qui les ont ouis, on saisit leurs biens, on les décrète, on les poursuit de lieu en Ifeu, on les condamne a lamende, on casse tous les Arrestés des Colloques et Synodes. On fait des violences partout, si bien que ce pays est réduit en une extrême désolation ; et nous y souffrons des douleurs très sensibles de receuoir un pareil traitement parce qu'on ne le fait point cesser, quoy qu'il ne puisse continuer encore quelque temps sans causer nôtre entière ruine; toutes ces persécutions et violences ayant épuisé nos deniers par diuerses voyes, et surtout par la nécessité d'entretenir des Députés en cour depuis longtemps non seulement nousôtentlepouuoir de satisfaire a vôtre désir, mais encore nous engagent a demander assistance aux Eglises fortes ausquelles nous nous sommes desia addressés. Nous vous prions donc. Messieurs et très honorés frères, d'être persuadés que nous compatissons a vos souffrances, et que nous y sommes sensibles aussi bien qu'aux nôtres, de sorteque sinous nenoustrouuions dans une entière impuissance de vous soulager, nous ne manquerions pas au iuste devoir de la charité enuers vous, et nous vous témoignerions par de véritables effects la compassion que nous auons de vos Eglises. Mais puisque nôtre bonne volootévous est inutile sans le pouuoir, nous ne cesserons pas de prier Dieu pour vôtre consolation, et pour attirer sur vous sa miséricorde après qu'il vous a fait sentir sa rigueur. C'est le seul secours que nous pouuons maintenant vous rendre; nous vous en demandons un semblable. C'est ce que i^avois ordre devons écrire. Je suis.
Messieurs et très honorés frères.
Vôtre très humble et très obéissant seruiteur
DoNis, Député du Synode de Beaune,
A Bugney, ce 8 Nouemb. 1663.
Lettres du Professeur François Turrettini au Pasteur
Ulrich.
(Archives de Zurich, Gestell VI, 97. )
Monsieur et très honoré Père»
Je vois par celle que vous m'avez fait la faveur de m'ecrire le grand zèle avec lequel vous embrassés les affaires présentes de nos poures frères affligés Quant a nos voisins, suivant les ouvertures qu'on leur fait, ils se sont résolus d'envoyer quelcun des leurs que vous verres par delà pour représenter plus particulièrement leur misérable estât. Il doit passer premièrement selon que vous le marques par Messieurs les Ursins pour prendre langue delà et la règle de sa conduite s'il doit aller à Bade luy mesme ou s'il se contentera pour ne pas faire tant d'esclatd'y faire agir ses amis. Conome il faut que la chose soit secrète de peur des inconveniens qu'on peut appréhender et pour luy et pour le gênerai» on n'a peu la faire avec toutes les formes qu'on eut fait autrement et on se couure mesmes du prétexte d'autres affaires afin d'aller au deuant de ce qu'on pourroit dire. C'est pourquoy vous aurez la bonté» monsieur» s'il vous plaist, de l'insinuer la ou il faudra afin que le tout soit ménagé avec prudence. Nous eussions bien souhaité de pouvoir joindre nos recommandations en corps» toute notre Compagnie estant vivement touchée de ces calamités et reconnoissant le grand besoin que ces poures troupeaux désolés ont de secours pour pouuoir maintenir le chandelier au milieu d'eux; mais vous n'ignores pas sans doute que Testât où nous sommes nous oblige a user de grande retenue de peur de nuire plutost que de seruir» et Mons^ l'ancien Syndic vous dira plus particulièrement ce qui nous contraint de prendre ces précautions non seulement en cette affaire» mais dans les autres de mesme nature. Cependant nous espérons qu'on ne laissera pas de faire considération sur ce qui est représenté» puisque les choses mesmes parlent assez haut. Pour les villes impériales (?) je crois comme vous remarques fort bien qu'il y auroit
du danger a y paroître, mais on pourra peut-estre opérer quelque bon effet par les escrits qu*on pourra leur envojer accompagnés de quelcune de vos bonnes lettres. Celuy qui va par delà qui est homme prudent et affidé prendra là dessus vos bons conseils pour faire tout ce que vous iugerés le plus expédient. Vous auras encore quelque nombre d'exemplaires des escrits que vous avez desia veu pour les faire tenir ou il faudra. Il y a une suite qui decouure plus avant les maux présents qu'on leur fait et les dangers considérables pour l'advenir. Dieu veuille avoir pitié d'eux. Il est tout évident qu'on veut les détruire absolument et ruiner la Religion sans resource. Le nouvel arrest qu'on a rendu par forclusion ne restreint pas encore le ministère a deux Pasteurs, mais les suites font voir qu'on y veut venir par les chicanes qu'on leur suscite comme vous verres par la dernière requeste présentée contre eux sur lequel est intervenu Arrest provisionel d'informer des contraventions faites contre les ordres precedens par les quatre qui restent
AG% ce 23 Juin 1663. ( La fin de cette lettre concerne les Vaudois du Piémont.)
Monsieur et très honoré Père,
Vous ayant escril assés amplement auiourd'huy par le messager. Je n'ay rien a aiouter sinon a vous recomander Mons*^ Du Val qui vous rendra la présente, et qui vous communiquera l'affaire dont il a charge. Je ne vous en dis rien en particulier puisqu'il ne manquera pas de vous informer ponctuellement de tout. Il a tesmoigoé tant de zèle et de probité dans toutes les affaires fâcheuses que nos poures frères ont eues qu'il s'est acquis un très bon nom ; Il n'a pas fait difficulté d'entreprendre la courvée qu'il faitquoy qu'il eust beaucoup de raisons pour s*en dispenser, dans le saint désir qu'il a de procurer quelque soulagement aux affligés. Il a ordre de se régler absolument sur les bons advis que vous luy donneres comme nous vous supplions très instamment de luy faire sentir les effets de votre charité accoutumée; Il couvre son voyage du prétexte d'autres affaires afin d'agir avec plus deseureté, et cela est cause, comme ie vous disois tantost^ qu'on n'y a pas peu observer toutes
les formalités qu'on auroit fait autrement, ni en parler qu'a fort peu de personnes. Qnoyqu'il en soit, on voit tout évidemment que le dessein des Adversaires est de deslruire tout à fait la Religioor dans ces quartiers. Toutes leurs menées ne buttent qu'a cela» par ou il est aisé de voir combien il nous est important à tous d'y penser et de cercher tous les remèdes possibles pour aller au devant de cette désolation qui en tireroit bien d'autres après elle. Je veux espérer pourtant de la bonté de Dieu qu'il ne permettra pas qu'ils vienent a bout de ce mauvais dessein et qu'il aura pitié de la bonne semence qui y est. M. Léger a fait dessein dépasser iusques en vos quartiers pour vous (aire part de leurs affaires et participer aussi à vos bons conseils. Je n'aioute rien davantage sinon que ie prie notre Seigneur de tout mon cœur, qu'il vous fortifie de plus en plus et suis toujours ,
Monsieur et très honoré Père,
Vôtre très humble et très obéissant serviteur
Ce 24 Juin 1663.
Lettre des Pasteurs et des Anciens des Eglises Réformées du Bailliage de Gez au Pasteur Ulrich.
(ArchiyeB de Zarich, Gest. VI, 97.)
Monsieur et très honoré frere^
Il n'y a point de bon Chrestien qui ne gémisse lorsqu'il apprend les désolations de nos poures Eglises du Bailliage de Gex ; elles sont eflectiuement des obiects de lamentation et de tristesse; ceux qui les ont veues dans leur estât florissant ne peuuent les envisager auiourd'hui sans verser des larmes et ceux qui pénètrent un peu dans laduenir sur les menées eslranges de ceux qui les poulsent a bout jugent quelles ont subiet de tout craindre et ne rien espérer que de la bonté du Tout-Puissant qui a par deuers soy les
moyens de leur desliarance qui nous sont imperceptibles. Nous ne trouuons pour le présent d'autre lenitif à une blessure si grande que la compassion des divers membres de ce corps mystique auquel nous sommes tous unis en nostre commun chef Jésus Christ; nous la recerchons de toutes parts, et comme nous scavons. Monsieur et très honoré frère, que vous vous intéressés d'une façon toute particulière pour le maintien du sanctuaire, et que vous estes sensiblement louché des bresches que les ennemis de la vérité y font, nous avons crû que, outre la lettre que nous auons l'honneur d'escrire a votre vénérable Compagnie des pasteurs, nous devions par celle-cy implorer vos consolations en particulier, et vous demander le secours de vos prières, ce que nous faisons autant que nostre froissure est affligeante, vous suppliants de la considérer dans toutes ses circonstances, tant par les escrits qui vous seront présentés que par le récit mesme que vous en pourra faire celuy de nos frères qui aura le bien de vous voir de nostre part, lequel s'en allant faire voyage pour affaires, nous a asseuré qu'il prendra soin de vous communiquer les noslres auec autant d'ingénuité que de zèle dont il nous a donné des preuves en toutes occasions ; nous n'en scaurions embrasser une plus fauorable ny plus asseuree. C'est par les compassions de Dieu que nous vous supplions de le seconder en luy donnant tous les bons aduis et conseils que vous peut suggérer vostre prudence ordinaire ; Le Commun Maistre auquel nous semons qui vous a reuestu du caraclhere que vous possèdes en sa grâce et par laquelle il vous a a mesme temps orné de très excellents dons a prodoit par vous des succès si heureux aux occurences que nous deuons attendre beaucoup de vostre négociation ; nous en sommes dautant plus persuadés qu'il est constant que nos disgrâces vous ont esté sensibles , surtout le coup terrible qui a réduit nos temples en mazure; ce grand zèle qui vous fait compatir aux afflictions des enfants de Dieu iusques dans les lieux les plus esloignés seroit il incogneu a ceux qui en ressentent tous les iours des effects ; nous ne les pouuons taire puisqu'ils sont si palpables et fréquents au millieu de nous. Nous pouuons bien. Monsieur et très honoré frère , nous reputer heureux au millieu de nos misères et rendre grâces a nostre Dieu de ce qu'il suscite en tous lieux des Moyse, des Josue et des Elie qui ont pour unique but la conseruation et maintien du tabernacle et avons grand subiet de nous esiouir de ce que vostre entremise et recommendation estant puissante comme elle est elle pourra nous procurer tout ce que nous auons a espérer en ce destroit, c'est ce qui nous oblige de redoubler nos
souhaits comme nous faisons demandants ardemment au Seigneur qu'i] conserue vostre personne tant utile à son Eglise et quil accompagne de bénédiction vos soins et saincts labeurs , et sommes autant que nous le pouvons dire,
Monsieur et très honoré frère.
Vos (res humbles et très obéissants seruileurs et frères au Seigneur les pasteurs et anciens des Eglises Reformées du Bailliage de Gex et en leur nom
Rey, Pasteur.
S. RouPH, Pasl'.
De Bons. — Poncet. — De Choddens.
A Fernex, ce 3 de Juillet stil. nou. 1663.
A Monsieur , Monsieur Hulrich , principal Ministre du Saint- Evangile en r Eglise de Zurich, à Zurich.
Lettre des Pasteurs et des Anciens des Eglises Réformées du Bailliage de Gex au Pasteur Ulrich.
(Archives de Zurich, Gest. VI, 97.)
Monsieur et ires honoré frère.
C'est une consolation merveilleuse aux affligés de sentir la doulceurs des compassions de leurs frères et le soûlas de leur charité que produit la communion d'esprit. Nous pouvons entre tous ceux que la main de Dieu met soubs l'espreuue nous reputer heureux de trouuer dans vostre sein tout ce que nous scaurions désirer dans le triste estât ou nous sommes réduits. Nous ne marquons pas sur le papier les effects de vostre pieté, et ne prétendons pas d'en représenter la chaleur et le zèle, car nous ne trouuerions pas des termes suffisants pour les exprimer ; nous en grauons le souuenir dans
nostre esprit eu il foDt une impression qui ne s'etlacera iamais, et qui nous fournira tous les iours subiet de bénir particulièrement le Seigneur de ce quil luy plaist en sa bonté produire dans le desiroil ou nous sommes des instruments qui s'employent avec un saint empressement pour le maintien de sa gloire, en vous rendant cependant mille remerciements de cest accueil cordial que vous iaictes a des frères gémissants , et de cest amour avec lequel vous les embrassés qui ne consiste pas en parolle mais qui se demonstre en vérité et par œuvre. Nous serions trop insensibles si nous ne nous souuenions du passé, et ne mériterions pas que vous regardassiés a nos nécessités présentes ni a celles que nous preuoyons deuoir arriver , a quoy la précaution nous obligeant de prendre garde promptement nous faict à mesme temps recourir à vous. Monsieur et très honoré frère, par des continuelles et importunes sollicitations, par lesquelles nous vous conjurons de considérer que les attaques qui nous sont livrées sans intervalle nous vont réduire insensiblement a un accablement final que toutes les bonnes âmes doiuent esviter par un secours sainctement anticipé. Nous sommes a la veille de voir revenir cest intendant qui a tant taillé et coupé les membres de ce poure corps pour le mutiler sil peut iusques à leitreme, que nous avons subiet de craindre quil ne le réduise a la désolation quil a conjurée dès sa première venue et que, jettent la terreur dont il a tant fait sentir d'effects dans Tesprildes poures^ il n*en oblige quelcun de faire naufrage à la foj. Le moyen de les rasseurer est que les bons chrestiens touchés sensiblement des maulx que Ion faict fondre sur nous sans relasche facent des efforts considérables pour soustenir le résidu de peuple qui appartient à son alliance ; ceux que vous avés faict et dont nous espérons le firuict paroistront fort a point de la part des troupeaux numereux qui sont commis a vos soins dans Testenduc de vostre ressort, si vous daignés de nous respondre au plus tôt. Il vous plaira aussi recommander pressammentanxendroits plus esloignés qu'ils se hastent de faire approcher leur subvention du tabernacle. Et parce que l'on ne se relasche point des poursuites qu'on a prémédité pour saper, s'il est possible, ce reste de liberté , a quoy tend une lettre imprimée de TEueque au Roy, il est de la dernière importance de parer a ces attaques et de les preuenir; l'entremise qu'on nous a faict espérer au commencement de septembre prochain de ceux qui doivent partir de ches vous pour achever l'ouvrage tant désiré viendra bien a propos si elle paroit constamment selon la resolution prise; mais si elle estoit renuoyée, elle seroit de moins de fruict pour venir peutestre
trop tard » a quoy le remède seroit de faire passer ane intercession par escril. Nousscavons» Monsieur et très bon. frère, que vos yeux ne donnent point dans des occasions ou il s'agit d'un péril si grand, et que vous n'obmettés aucun soin pour en mettre a couvert ceux qui en sont menacés comme nous ; ainsi nous espérons par vostre prévoyance accoustumee que Tune des faveurs suppléera certainement au deffaut de l'autre dans le moys nommé qui est le dernier du quartier dans lequel on prétend de juger. Nous prions le Seigneur qu'il reveille ses compassions pour fournir tous les moyens qui peuuent seruir a nostre maintien , qu'il accompagne ceus que nous espérons de vostre vigilance d'un bon succès par lequel nos poures troupeaux estants mis pour quelque temps a l'abri de la colère du Tout Puissant puissent prendre haleine et bien concevoir le sobiet qu'ils ont de le recercher en paix et le seruir avec plus de zèle. Nous prions aussi Tautteur de toute bonne donnation qu'il conserue vostre personne, anime en plus en plus vostre courage au maintien de son Eglise, et qu'il face reposer l'abondance de ses bénédictions sur les troupeaux sur lesquels il vous a establi en sa grâce. C'est ce que nous luy demandons de tout nostre cœur et sommes.
Monsieur et très honoré frère.
Vos très humbles et très obéissants seruiteurs et frères au Seigneur les pasteurs et anciens des Eglises Reformées du Bailliage de Gex et en leur nom
Rey, pasteur.
S. RouPH , Pasteur.
De Bons. — De Choudens.
A Genève, ce 4/14 d'aoust 1663.
Une lettre de Messieurs les Gantons Evangeliques a M' de Ruuigni nostre Député gênerai produiroit grand effect sil estoit prié de prendre nos affaires a cœur.
On taschera de vous faire tenir par le prochain ordinaire la response a la lettre de l'Euesque escrite au Roy.
Tableau des membres de la Dépotation envoyée par les Gantons Evangéliques à Louis XIV en faveur des Eglises Réformées du Bailliage de Gex.
(Archiv. de Derne, Fraiikreich-Bach N.)
Der Herren Gesandten Namen.
Zurich. Johann Heinrich Waser, Bargermeister.
Tomas Werdmûller, Statthaller ond Obrister.
Conrad Werdinûller, dess £aths« Sekelmeister und Vogt dess Rychs.
Bem. Antoni von Graaffenried» SchuUheiss» Herr zu Carronge und Corbeille.
Johann Jacob Bûcher, Vanner ond dess Raths.
Glaru$s. Johann Heinrich Elmer» Landtamann.
BoieL Benedict Socyn, Oberster Zunfflmeîster. Johann Rudolff Burkhart, Suttschryber.
Schaffhunn. Leonhard Meyer I n^.^^^^^sj^r
Johann Mâder » B»rR«™eisier.
Appenxell d.V. R. Johann Rechsteiner, Landtamann andPanuer-
herr.
Si'GaUm. Geôrg Zweker, Sekelmeister.
MuUhusen. Hans Caspar Dollfuss, Sekelmeister.
Biel. Nikiaus Wytenbach, Burgermeister.
Abraham Scholl, Statischryber und dess Raths.
Rapport sur les démarches tentées par les Députés des Cantons Evangéliques auprès de la Cour de France en faveur des Eglises Réformées du Bailliage de Gex.
(Àrchiyes de Berne , Frankreich-Buch N.)
Leâ Seigneurs Ambassadeurs des Cantons protestants ayants faict une Deputation & Sa Majesté en faueur des pauvres babitans de la terre de Gex le 15 novembre 1663', Sa Majesté dit qu'elle feroit scavoir sa volonté par Monsieur de Lyone, laquelle lesdits Seigneurs Ambassadeurs ayants inutilement attendu huit jours, ils envoyèrent le 24« dudit Mons' le Secrétaire Waser et Franconis pour solliciter auprès dudit Seigneur de Lyone la dite response, lequel leur dit qu'il en parleroit à Sa Majesté, et que peutestre elle n'agreeroit pas que d'autres Souverains que M" des Cantons prissent cognoissance de ce qu'elle fait dans son Royaume avec ses subjects, que neantrooins cela partant de ses bons alliez, elle prendroit tousjours en bonne part ce qui en viendroit d'eux.
Le Lundy 26« dudit mois, lesdits Seigneurs Ambassadeurs allèrent tous en corps chez le dit Seigneur de Lyonne, ou après lui avoir représenté l'équité de leurs réquisitions, ils commandèrent a Franco* nis d'en faire une exacte déduction, ce qu'il fist le plus succinctement qu'il lui fust possible ; et sur ce qu'il speciGe les principaux traictéz, Edits, Capitulations, Arrests, et autres Actes du bénéfice desquels on a privé les dicts subjects de Gex, il respondit qu'il n'estoit pas bien informé de ce fait, luy estant sorti de la mémoire , mais c]u'il oposeroit une personne qui y respondroit pertinement , et que Sa Majesté n'avoil rien faict a ses dits subjects qui ne fust très juste, et après une metjre délibération et instruction du fait, de passéquatre mois; que pourtant Sa dite Majesté feroit tousjours grande considération de ce qui luy seroit recommandé par Mess" Suisses, qu'il ne
* D*aprè8 an autre document qui paraît plus précis, cette deputation an roi eut lieu le samedi 7 novembre vieux style, c'est-à-dire non le 15 , mais seulement le 17, selon le calendrier grégorien.
souffriroit pas que J'autres qu'eux luy parlassent de ses affaires; et s'adressant aux Seigneurs Ambassadeurs du Canton de Berne, il leur demanda s'ils (rouvoint bon que Sa Majesté prist cognoissanne de ce qu'ils font dans leur pays et qu'il les voulut contredire s'ils y introduissoient une antre Religion, ou qu'il leur demanda la restitution des biens appartenans aux Chevaliers de Malle , comme il a fait à Mess** des Estats d'Holande; il adjousta encore que toutes les instances n'estoint faictes qu'aux sollicitations de Mesb"de Genève, qui avoint trois villages dont la souveraineté apartenoit au Roy, et que pourtant ils ne vouloyenl pas permettre qu'il y establit l'exercisse de sa Religion, et que cela ne pouVoit estre soutenu par quoi que ce soit. Tout ce que dessus fut refuté par plusieurs des Seigneurs Ambassadeurs tant par raison , que par exemples. Finalement, cesl entretien se finit par la prière que firent lesdits Seigneurs Ambassadeurs audit Seigneur de Lyone, de leur procurer audience de Sa Majesté, ce qu'il leur fist espérer sans pourtant le leur promettre, et requit que le dit Franconis se rencontrât a quatre heures au Louvre, qu'il luy eu diroit la responce.
Les dits Seigneurs Ambassadeurs estants retournés au lieu ordinaire de leur assemblée, trouvèrent à propos de fiire une seconde remonstrance par escrit plus succincte que la première , laquelle ils baillèrent audict Seigneur de Lyon ne, et de le prier de leur part de la présenter à Sa Majesté. De quoy s'estant ledit Franconis acquitté, ledit Seigneur de Lyonne luy tesmoigoa que puisque les dits Seigneurs Ambassadeurs remettoyent cette requeste ou remonstrance, leur audience ne seroit pas nécessaire. Sur quoy il luy respondit qu'à moins qu'il ne pleut a Sa Majesté d'accorder leurs justes réquisitions, ils persistoint tousjours à la demander, ce qu'il obligea ledit Seigneur de Lyonne de réitérer audit Franconis de se trouver à quatre heures au Louvre , ce qui fust fait , et ledit Seigneur de Lyonne y estant arrivé a l'heure assignée entra au Conseil du Roy d'où il ne sortit qu'à sept heures , et suivant sa promesse prist ledit Franconis à part, et luy dit qu'il avoit présenté et leu luy roesme ceste remonstrance à Sa Majesté, mais qu'il ne croyoit pas qu'on peut espérer aucun changement en cet affaire pour le présent, puisquîl avoit esté fait par cognoissance de cause et avec esquitté, que cela n'empecheroit pas que Sa Majesté ne defferat beaucoup aux réquisitions des Mess" les Cantons protestans quil sçavoit avoir tousjours esté très affectionnez à son service, mais qu'il n'estimoit pas qu'on deubt presser cest affaire de peur de lirriter, et que si on vouloil suivre son conseil on n'en parleroit plus.
qne neantmoiiH sy MeSd'* les Ambassadeurs persisloynt à demander une audience, qnil la leur f^roit avoir non pour le lendemain â cause que le Roy alloit à la rhasi^e, mais le jeudy matin, qui estoit le jour suivant, el réitéra encor audit Franconis en se séparant de luy que ses Follicilations se faisoyent à la persuasion de Mes^*"' de Genève, de quoy il sVRorça de le desabuser.
xvn
Lettre des Cantons Evangéliques au Roi Louis XIV.
(Archives de Borne, Frank reich-Buch N. — Copie.;
Sire,
Nous aurions vrayement l'intention do ne plus molester V. M^^ par nos instances au regard de ses subiects du Balliage de Gex : Mai.i Testât auquel ils se trouvent réduits nous touche de sy près par la communion de foy qui est entre nous, el autre interest, que nous nous sentons comme contraincts de rafraîchir la mémoire de V. M^ de ce qui lui a esté représenté de notre part par nos Députés pour la solennisation de notre Alliance , comme nous faisons par la présente, très humblement et d'un profond respect que nous luy portons , sans vouloir aucunement nous anticiper sur la Royale aulhoritéde V. W^^ A laquelle il plaise de scavoir: Que durant le temps que le Balliagede Gex estoit soubs la domination de la ville de Berne , l'exercice de la Religion Reformée y fust pleinement et uniquement; et que ledit Balliage ne fut remis au Duc de Savoye que soubs une reserve solennelle et fort particulière de la dite religion en toutes ses parties, au contenu du traicté de l'an 1564. Il est aussi notoire et manifeste par les traictés publics que ledit Balliage avoit esté incorporé à la Couronne de France, en la manière qu'il a esté possédé par le Duc de Savoye , et soubs ceste ultérieure clausule,Que les subiects ethabitans des pays lors eschangés iouyront pleinement et paisiblement de touts leurs droicts, privilèges et immunités : Et les provisions qui, en suite de ce, ont esté par les Roys prédécesseurs de V. M^« de glorieuse mémoire, im-
parties auxdits subiecis du Balliage de Gex, tant au regard de la jouissance de TEdict de Nantes que aulres privilèges ei libertés de leur religion, ne seront icy desduiis plus oultre qu'à ce que iceux ont heu et conserva leurs Ministres Evangeliques au nombre de neuf, etqu'iceux ont heu leur libre exercice en vingt et quatre lieux dudit Balliage jusques en Fan i662, qu'ils en ont esté tombas par leur partie, et Gnalemenl reduicts dans Testât ou ils se trouvent à présent. Auquel il ne leur est permis l'exercice du seruico de Dieu qu'en deux lieux ou il n'y a point de Temples; et au regard de la Calechisation , des Escholles, Baptesroes, Visitation et consolation des malades, ensevelissemens des morts et aulres semblables parties, leurs anciennes usances de passé cent ans, leur debuoyent e^tre interdictes et de/endues.
Mais léquité accoustumée de V. M'^ comme vray Roy et Prince de Justice estant trop cogneue si bien qu'elle n'a plus grand obiect que le maintien des choses transigees et particulièrement des traictés qui par la paroUe du Roy sont comme sacrez, comme celuy de l'an 1564 qui de la part du Roy Charles 9 de glorieuse mémoire se trouve authorisé et confirmé par son sceau qu'a esté produict a l'original de son acte, qu'a esté produict dernièrement a Paris: El ce de tant plus, quand le f<iit touche les chers Alliés de V. M^, Ainsy qu'en toutes occasions ils sont asseurés d'un vray maintien do la part d'icelle.
Cest a ces considérations que nous supplions V. M^^ très humblement et d'une instance fort particulière, Qu'il luy plaise de sa Bonté et Clémence Royale de faire la grâce a ses dits subiects veu leur fidélité et obéissance envers V. M'*" et faisant reflection a leurs dits anciens privilèges et usances et leur possession de passé un siècle, a ce qu'ils soyent benignement reintroduicts dans l'ancien Estât de leur liberté de religion à forme dudit Traicté, et conservée en iceluy a laduenir les deschargeant aussy de leurs surcharges aux tailles envers leur partie.
Ce que nous recognoislrons nous mêmes aussy pour une grâce et bienveillance Royale et ne manquerons j'imais d'en tesmoigner nostre gratitude partons les services qui nous seront possibles envers V. M'*' et ses interests «n toutes occasions.
Nous en attendons de Y. M^^ une favorable et bénigne responce par les mains de Noble et puissant Hans Jacob von Waltcnwyl, Collonel et du grand Conseil de la Ville de Berne, pour ce de nostre part spécialement Envoyé pour rendre la présente à V. M**, avec la charge de donner Tinformalion nllericure de bouche qu'en sera
requise et nécessaire : El prions le Tout Puissant qu*il face de plus en plus accroistre et fleurir le Royaume de V. M'^*. Donné, soubs le sceau de nos (res chers Allt^ de la ville de . Ce
d*Apuril 1664.
Au Roy.
Lettre de Louis XIV aux Cantons Evangéliqnes.
(Archivesde Berne, Frankreich-Bnch N. — • Copie.)
Louis, par la grâce de Dieu^ Roy de France et deNavarre«
Très Chers grands Amys, Alliez el Confédérés, Nous avons receu favorablement la Lelre que vous nous avés escripte le XII du Moys de May dernier Que le S^ Hans Jacob de Wallenvyl^ Gentilhomme» Colonnel et du grand Conseil de la ville de Berne, nous a présentée de vo»tre part, par laquelle vous nous recommandés les Interests et IfS satisfactions de nos subjects du Balliage de Gex qui font profession de la religion prétendue Reformée. Sur quoy nous voulons bien vous dire ce que nous avons desjà tesmoigné a vos Ambassadeurs lorsqu'ils vindreut Tannée passée jurer le Renouvellement de nos anciennes alliances, qu'en tout ce qui regardera nos sub^ fects dudit Bailliage de Gex non seulement nous avons vue application particulière à ne rien résoudre ny ordonner qui ne soit de justice sur laquelle nous reiglons autant qu'est en nostre pouvoir toutes nos Actions, Mais nous aurons aussy esgard aux recommandations que vous nous faictes en faveur de nos dicts subjects. Sur ce nous prions Dieu qu'il vous ayt. Très cbers grands Aroys, Alliez et Confédérés, en sa sainte et digne garde. Escript a Fontainebleau le 4 Juillet 1664.
Louis.
De Lyqnne..
A Messieurs les Bourgcmaislres, Aduoyers, Landt Ammans, Conseils et Communeaulés des Canlons protestants des Lxgues^ Suisse».
Lettre de Louis XIV aux Cantons Evangéliques.
(Arclûves de Berne, Frankreich-Boch N. — Copie.)
Louis , par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre.
Très chers grands Amys, Alliez et Confederéz, Nous avons tous- , jours eu une si singulière considération pour les choses que vous nous avés escrites en faueur de nos sujects de la Religion du Baillage du Pays de Gex , qu'ils en ont ressenti les effects autant que leur conduite les en a renduz dignes : Et nous serions encore 1res aises de donner aux particuliers la satisfaction dont vous nous avez escrits le six""* de Juillet sy c'estoit une chose qui les regardast seuls. Mais comme c'est l'exécution d'un Edict que nous avons fait généralement pour toutes les Provinces de nostre Royaume afBn de refformer les abbus qui se sont glissez pendant les guerres dernières par le nombre excessiv des OfBciers qui se sont establis en chasque Province» Nous ne pourions rien faire a leur égard qui ne tirast a une conséquence fascheuse pour nos autres provinces que nous priverions du bien que nous voulons leur procurer par Tentiere observation de cest Edict. Vous asseurant qu'en autre chose Nous serons tousjours bien aise de faire ressentir aux particuliers l'effect des recommendations que vous nous faictes en leur faveur. Et de vous donner en toutes rencontres des preuves de la bienveuillance Royalle que nous avons pour vous. Priant Dieu, Très cbers grands Amys, alliez et confédérés , qu'il vous ait en sa sainte garde. Escrit à S^ Germain en Laye leiO'"* d'Aoust 1665.
Loi^is.
D£ Lyonne:.
Sentence rendue par llntendant de Bourgogne contre les Pasteurs Heliot et Rey et contre le Commissaire royal de Bons.
(▲rchivei de Genève, Pièces hist., u» 3ii5. Copie. — Un doubte de cette pièce exiite aux Archives de Zarick, (io^t. Vl, 9?.}
.... Y6U par nous Claude Bouchu, Conseiliier du Roy en ses ConseilSf Maisire des Requestes ordinaire de son hostel. Intendant de Justice Police et finances en Bourgogne et Bresse, lesdits Arrests (les arrêts du Conseil royal du 16 janvier et du 23 août 1662) et
celuy dudit Conseil du trente uniesme Aoust 1666 nous
avons .... condamné et condamnons lesdictz Heliot et Rey a se retirer incessemment dudict Balliage de Gex, leur dçfifendons de s'y plus retrouver cy apprès a peine de punition corporelle : condamnons en ouUre lesdicts Heliot et Rey chascun à lamande de cent livres applicables par moitié aux escolles et haspital de Gex et aux despens des procédures chascun pour leur regard et néantmoins solidairement suivant qu'ils seront liquidez par le Sieur Bally de Gex sans que pour raison du présent jugement lesdictz Heliot et Rey encourent aucune notte d'Infamie ny perte de biens. Et au regard dudict de Bons» nous auons pour réparation des charges résultantes des dictes procédures condamné iceluy en l'amande de deux cent livres applicables par moitié aux dictes escolles et hospital de Gex et aux despens des procédures néanmoins solidairement suivant qu'ils seront liquidez par ledict sieur Bailly de Gex. Condamnons en oultre lesdictz Heliot Rey et Debons aux dépens faictz par le sieur Frezier que nous avons liquidez à trois cent livres , et a trente livres envers le greffier dudict Balliage de Gex pour le port des procédures; pour raison desquelles amandes et despens lesdicts Heliot et Rey tiendront prison» et ledict de Bons sera contraint par corps. Ordonnons que nostre présent Jugement sera publié audict Bailliage.
Signé Bouchu,Vallot,Grusot,J. Chesne, Buveur, B. Boulliër, JoLLY» et plus bas : par Monseigneur : Thomas. Signé Bouaiu.
Lettres de divers Pasteurs ou Eglises de France aux Pasteurs Hèliot et Rey, à roccasion de leur procès et de leur emprisonnement.
(ÀrchiTes de GenèTe, Pièces histor., n» 3436.)
Le Pasteur Pierre Mussard aux Pasteurs Heliol et Rey.
(Novembre 166B).
Messieurs et très honorés frères,
J*ay apris avec un extrême déplaisir la vexation que vous aués souflérte depuis quelques mois en çà, et qui continue encore puisque vous n'estes sortis d'une prison que pour rentrer dans une autre; mais, parmi votre souffrance, il y a suiel de vous consoler comme vous faites par la considération de la cause pour laquelle on vous moleste, qui est très glorieuse pour vous, puisque ce n'est que pour t'Euangile que vous aués presché, et cela sans violer les ordres du Roi, auquel après Dieu nous nous deuous soumettre. Il y a tout suiet d'espérer que le Souuerain Seigneur auquel vous serués en votre Saint^Mioistere, touchera le cœur de votre Juge, lui faisant connoistre votre innocence, et qu'après vous auoir consolé et soutenu en votre epreuue, il vous en donnera une heureuse issue. C'est la prière que ie lui en fais avec toute l'ardeur de mon ame, afin qu*estans délivrés âiro twv àroiruiv xa\ irovriçôlvy otv3pwir«M, la parole du Seigneur ait son cours et soit glorifiée par vous.
Je vous envoie iointe en la présente une lettre de change de la somme de Cents Livres que vous retirer es de Mons^Le Maire, et dont, s'il vous plaist, vous me donnerés auis du receu. J'ay envoie l'une de vos lettres à Bourdeaux , que i'ay accompagnée d'une des miennes a Monsieur Sarrau, Pasteur de la d* Eglise, qui sans doute ne vous nuira pas. L'autre partira au premier jour accoîT>pagn(^e de mes recommendalion^ «
Vous me ferés savoir^ s'il vous plaist, de Dijon^ Testât de vos affaires, par Mademoiselle Aubert ou par Mons^ Lambert, afin que ie vous puisse seruir en tout ce en quoi ie vous pourrai eslre utile. J'attends a demain h Taire lire votre lettre à n. Comp. (notre Compagnie). Elle est 1res belle et capable de toucher les cœurs de ceux qui 'regardent votre disgrâce auec trop d'indifférence. Vous connoissés ma main et mon cœur, ausi^i bien que la passion avec laquelle je suis
Votre très humble seruileur et frère
A Messieurs, Messieurs Hdiot et Rey, F. M. D, Si. E., recommandée a la faueur de M, Meslrezat, Pasteur, proche les balances, Genève.
Pierre Hussard à César Rey.
Monsieur et très honoré frère,
J'ay eu du déplaisir d'aprendre par votre lettre que celle que ie vous escriuis il y a huit jours ne vous ail pas esté rendue; peut estre sera-t-elle paruenue entre vos mains depuis le départ du Chassemarée. Je l'auois remise i Mons' de Lort qui en fil ladresse à Messieurs de Tournes, et de plus ie la recommendois paiable à un jour de veue par Mons^ Le Maire, et ie vous y donnois auis, comme i*auois envoie vos lettres à Bourdeaux et à Bergerac que i'avois accompagnées d'une des miennes. Vous me ferés savoir, s'ilvous plaisl, si vous Tavés receue depuis. Vous saurés encore que i'ay escrit à Monsieur Heruarl, Contrerolleur General, et à Monsieur Pellissari, Thresorler General de la Marine, qui sont intimes amis de Mons' rinlehdant Bochu, ou ie les prie très instamment au nom de notre Egliee d'escrire promptemenl à Dijon des lettres de recommendalion en votre faueur, ce qu'ils feront sans doute; Dieu veuille que leurs persuasions inspirent à votre Juge de fauorables mouuements. Je le prie de tout mon cœur qu'il vous donne une prompte
et heureuse issue de votre afTaire. Je vous baise humblement les mains et suis. Monsieur»
Votre très humble et obéissant seruiteur
MUSSARB.
A Lion le 20 Nou»"*- (1666).
VEglise de Paris aux Pasteurs Heliot el Rey.
De Paris le 4 jour da Tan 16G7.
Messieurs el très honorez Frères,
Dans raffliction que nous a donnée la triste peinture que vous nous faites de vos souffrances et du lamentable état où sont réduits vos troupeaux, ce nous a été beaucoup de consolation d'entendre par vos mesmes lettres du mois de Décembre dernier, votre constance et sainte resolution a souffrir patiemment ces liens, qui sont précieux et heureux devant Dieu et devant ses saints et ses Ode les; puisque c'est pour le nom du Seigneur, et pour la médication de sa parole que vous les souffrez. Et certes il seroit bien a souhaiter que le rude traitement que Ton a fait aux Eglises de v6tre ressort fusl fîdclement et sincèrement mis par écrit, depuis le commencement, sans exaggeration, n'étant pas raisonnable que Ton laisse perdre la mémoire d'une histoire si utile a l'édification des fidèles; la retenant pourtant modestement et discrètement pour le présent et la conservant jusques a ce que le temps apporte l'occasion d*en faire part a vos frères. Nous prions Dieu, Messieurs et très honorez frères, qu'il vous fortifie dans cette dure epreuue, et qu'avecque la tentation, il vous donne aussi l'issue pour la soutenir, et fasse enfin réussir le tout a sa gloire, a vôtre louange et a l'édification et consolation de vos pauvres troupeaux désolez. Les roesmes souffrances et vexations s*accomplissent partout, pour les grands frais qu'il faut soutenir pour les continuelles poursuites a quoy nos adverses parties nous obligent, nous harcelant sans intermission. Pour comble de nôtre déplaisir, nous voyons tous les jours déchoir et tarir l'abondance de nôtre troupeau, qui auoit cy deuant rafraischi plusieurs de nos frères
alfligez; et ce qu'il a fallu FourDir à la consolation de plusieurs de nos membres nous a aussi fort épuisez. C'est^ Messieurs^ ce qui nous a empeschez de pouuoir vous assister dans une si juste et si nécessaire cause, autant que nous l'eussions désiré, et que nous voyons bien que vous en avez besoin; n'ayant peu faire que la somme de cinquante écus, que nous vous envoyons, vous priant d'avoir cette petite somme agréable, comme épreinte de nôtre nécessité, mais que nous vous présentons auecque l'effusion de nos cœurs, regretant extrêmement qu'elle ne soit égale a notre affection et a vos justes espérances. Nous ne doutons pas que la Province où vous servez Dieu, et où il y a encore par sa grâce quelques Eglises considérables, ne face son deuoir, suppléant par votre charitable se* cours a ce qui manque a ses membres, selon l'ordre de notre Discipline. Nous prions notre bon Dieu qu'ayant éprouué Tor de votre foy dans cette tribulation, il vous en tire par sa sainte main, addoucissant les cœurs de nos communs adversaires et éclairant ceux de vos Juges pour reconnoistre vôtre innocence, et vous rendre la liberté d'exercer vôtre ministère dans les troupeaux où sa providence vous a appelez, a sa grande gloire et a la joye de tous vos Frères. Nous vous demandons l'assistance de vos saintes prieras, et vous prions de nous croire.
Messieurs et tres-hooorez Frères,
Vos très humbles et très obeî^sans serviteurs les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Réf. de Paris qui s'assemble a Charenton, et pour tous
D AILLÉ.
A Messieurs , Messieurs Ileliot et Hey , en la Conciergerie , à Dijon.
Pierre Mussard à César IVy.
Monsieur et très honoré frère,
J'ay leu auec beaucoup de déplaisir le dernier acte de vos souffrances, assauoir la condamuationqui a esté prononcée contre trois
personnes innocentes. Je craignois quelque chose de semblable à ce qui e.st arrivé» veu la disposition des Esprits ; J*ay esté comme prisonnier auee vous durant votre longue détention et ie souffre Tennui que vous receués de vous voir relégués et mis à l'amande. JLe maistre que vous serués, la cause que vous soutenés, le suiet de votre condamnation et le témoignage de votre conscience» vous donneront toujours plus de consolation que les aduersaires ne vous pourront procurer de fâcherie. Dieu soit loué qui n'a pas permis à vos Juges de vous infliger aucune note d'infamie. C'est une preuve bien euidente que votre innocence a paru à leurs yeux bien clairement. Je ne sai si vous n'aués rien receu d'ailleurs que ce que ie vous ai envoie. Si cela est, il faut écrire de rechef, et i'accompagnerai vos lettres de mes urgentes recommendations. J'escris aujourd'hui à Rouen pour cet effect, et ie ne doute point que ie n'en aie une reponce fauorable. Pour le regard de Mons' de Bons, il est plus que juste qu'il soit indemnisé, mais ie croi que cela ne se pourra pas faire deuant le Synode prochain : Si vous croies que cela se puisse auparauant» il faudra que vous escriuiés à toutes nos Eglises» et i'aurai le soin de faire tenir vos lettres et de les accompagner. Il est très important que Mons' de Bons soit hors de souffrance» car autrement qui voudroit désormais accepter de semblables commissions? Il n'a que trop souffert par le trauail et l'ennuî que cet emploi lui a causé. Je vous prie de présenter mes humbles baisemains à Messieurs Heliot et Caille» et d'asseurer le dernier que ses intérêts me seront toujours très chers.
Plurimùm vale. Le 26 Feuurier (i6G7).
A Monsieur^ Monsieur Rry F. M, D. Si, E. Genève.
Pierre Mussard aux Pasteurs Heliot et Rey.
Messieurs et très honorés frères»
Vos lettres me furent rendues un peu trop tard pour vous pouuoir faire repouce l'ordinaire précèdent. J'ay adressé les trois que vous auiés iointes à la mienne» aux Eglises de Montpelier» de Cas*
très et de Tours» et les ai accompagnées de mes pressantes recommendalions» quoique ie ne les iuge pas fort nécessaires, le suietse recommandant assés de soi-mesme. II n'est pas possible qu'on ait quelque goûte de sang Chrestien dans les veines sans estre touché sensiblement de votre froissure. Dieu veuille vous y donner le prompt secours dont vous aués besoin» et vous y consoler par les voies que sa sagesse connoit. Il le fera sans doute» puisqu'il n'a iamais abandonné dans la souffrance ceux qui y ont esté exposés pour sa cause. Si vous m'enuoiés encore d'autres lettres» i'en prendrai le soin comme des précédentes» et en tout ce en quoy ie vous pourrai estre utile ie ferai tout ce qui dépendra de moi pour tous tesmoigner que ie suis véritablement»
Messieurs et très honorés frères»
Votre 1res humble et très obéissant seruiteur et frère