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PIÈCES JUSTIFICATIVES

Lettre des hommes de Chalex pour se recommander à la

Seigneurie de Genève.

(ArchiTM de GenèTe, Pièces histor., n« 1171.)

31 Janvier 1537.

Nous i vouâ obeyssants.

Seigneurs de la ville et noble Cité de Genève tant humilliement et très humblement que fere povons à votre bonne gr&ce nous recommandons. Il est vray que avons entendu que vous et Mess^* de Berne tenés ce pays de la terre de Gex et que allés de ville en ville comme à rencontre de tieulz qui ont fait contre vous damnation et domage. Ce que n*avons jamais fait ne pensé de fere. Pourquoy nous vous prions votre domination et seigneurie qui vous plaise nous avoir pour recommandés. Et sachez que nos tyrans et larrons de Pigney et d'ailleurs nous ont faict beaucop de mal et adversité (disant que nous étions tyeulx que vous, ce qui est vray). Et pour cOj nous [no$] seigneurs et maistres» à vous nous rendons et somes tieulx que vous, priant Dieu qu'il luy volie plaire vous maintenir tousiours en bonne prospérité.

De Challex ce dernier de Janvier, pour les tous votre

humble serviteur et subject à faire ce qui vous plaira nous commander.

Les HonsiES ds Chauxx.

Lettre de Henri IV anx Cantons Ëvangéliques au sujet dn rétablissement du libre exercice de la religion romaine dans le pays de Gex.

(Archives de Berne, Frankreieli-Bach N. «• Copie.)

Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre.

Très chers et grands Amys, Alliez et Confederez, Encore que noua iacions responde à part au Canton de Berne sur la lettre que vous nous avez escripte en commun touchant le baillage de GeX| toutesfois nous vous avons bien voulu faire cestecy pour vous dire que le dit baillage de Gex estant maintenant soubs nostre obéissance par l'occasion qui nous en a esté faite par le Duc de Sauoye, Il est raisonnable que les habitans dudit pays qui sont maintenaot nos subiects vivent soubs mesme police loixet ordonnances que les autres ausquels nous promettons Teiercice libre de leur religion. Vous voullans toutes fois bien dire que nous estimons que ceulx des deux religions dudit baillage se comporteront si doucement les uds auec les autres, que ceste liberté n'apportera aucune altération au gouvernement d'iceluy. Nous remettans à nostre très cher cousin le duc de Biron gouverneur dudit bailliage de Gex et aux S^> de Sillery et de Vie nos ambassadeurs à vous dire plus amplement les raisons pour lesquelles nous auons désiré faire iouyr nos subiects dadit bailliage du bénéfice de nos dits edicts et ordonances qui sont obseruees aux autres prouinces de nostre Royaume et a vous déclarer que nous serons tousjours très aises de vous faire paroistre les effects de nostre bonne volonté aux occasions qui se présenteront. Et sur ce nous prions Dieu, Très chers et grands amys alliez et Confederez, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. Escripta Paris, le 18* jour de Janvier 1602.

HenrY'

De NEDFyHiiiE.

A Nos très chers et grands Amys, Alitez et Confederez , les Bourgtiemaistres , Aduoyers et Conseil des tilles et Cantons de Zuric, Berne, Basic et Schaffusen,

Lettres du Dnc Ae Bellegarde à la Seignenrie de Genève au sujet du rétablissement de la messe à Chalex et à Divonne.

(ArchiT. de Gendye, Pièces hist, ii« 1443.)

Messieurs,

L^establissement que j'ai fait de la Religion catholique apostolique et romaine à Chalex comme à Divonne a esté sur les requestes qui m'en ont esté présentées et en vertu du mdme arrest du Conseil du Roy par lequel M. de Lux l'a mise aux villages de Cessy et de Peron ; c'est pourquoi ayant cela de mon costé et sachant bien ce qui est de l'intention de Leurs Majestés, je ne dois rendre compte de cette action à qui que ce soit, mesme demeurant aux termes de l'Edit qui donne la liberté aux uns et aux autres de demeurer en leur religion comme je l'a j fait entepdre aux habitants dudit Chalex les ayants admonestés de vivre tous ensemble en bonne union sans avoir usé d'aulcune force ni contrainte en leur endrotot. Je ne puis pour cestheure vous repondre sur la qualité que vous vous attribuez sur une partie des habitants dudit lieu et me contenteray de vous dire que nul des subjects et des voisins de Leurs Majestés n'ont tant d'interest à l'observation de l'Edit de Nantes que vous. Messieurs, à qui Leurdits Majestés et moy par leur commandement ont assez tesmoigné les efiects de leur bonne volonté en ces diverses occasions dont les obligations ne doibvent point estre si tost écoulées de vostre mémoire, et croy que vous estes si prudents que vous ne vouldrez pas vous opposer à ce que j'ai exécuté suivant leurs ordonnances en ce qui despeud de ma charge (en quoy vous n'avez nul interest) ne vous celant point qu'il me seroit impossible de le souffrir. Et en toutes autres occasions où j'auray moyen de vous servir je m'y emploierai de la mesme affection dont je prie Dieu, Messieurs, qu'il vous donne heureuse et longue vye.

De Goulonges ce 20 may 1611.

Vostre bien humble à vous faire service,

RoGKR DR Bellegarde.

..Quant au subject dont vous m'avez escrit, voua

saurez de Messieurs Lect etdelaMitisonneufrecequenousen avons discouru, et tnoy je vous diray encore que l'establisseonent que j'a; rois de la niesse à Chalex en vertu d'un arrest du Conseil ne vous inaporte ni ne vous peut importer nullement et que je n'ay fait aulcune nouveauté ni altération qui vous puisse concerner en rien ni en quoi vous puissiez prendre préjudice. Ce que je vous prie de croire et que je serai toujours soigneux d'observer l'intention de Leurs Majestés et n'est celle-ci pour un autre sujet. Je prierai Dieu, Messieurs, etc.

De Cessel, 23 May.

Extrait des Registres du Conseil de Genève, renfermant l'exposé des droits de cette République sur les biens d'Eglise du pays de Gex provenant du Prieuré de Saint- Victor et du Chapitre de Saint-Pierre.

Du 24 novembre 1612.

Lettre de Mons' Anjorrant du 14/24 novembre avec copie de la requête présentée au priué Conseil par TEuesque de Sales , Arrest de communication et commission sur icelle, et des protestes faites au contraire par ledit S^* Anjorrant. Outre lesquelles il dit s'estre plaint de la fausse qualité que prend ledit Euesque> et auoir déclaré de bouche nos droits contre ses prétentions

Là dessus a esté arresté d'escrire à la Royne^ à Mons^le Chancel* lier, à M' le Duc de Bouillon et à M^* de Villeroy : Et se plaindre de ce que la susdite requeste a esté rapportée et receuê au priué Conseil : Leur remonstrer que depuis qu'il a pieu à Dieu establir cet Estât en la forme qu'il est à présent, il n'y a point eu en toutes ses terres exercice d'autre religion que de la nostre : Qu'au fait de la religion, nous ne recognoissons aucun supérieur es terres de St- Victor et Chapitre: Que ces droits nous sont attribuez par les an-

ciens tnittei faits auec Mess" de Berne qui teDoyent alors le balliage de Gex que le Roy tient a présent : par lesquels traitiez les reuenus desdites terres nous sont faits domaniaux et ne sont plus ecclésiastiques, que nous en avons ainsy iouy paysiblement depuis ce temps : Qu'estant en ce droit et possession, nous sommes entrez pour nostre ville et terres en Talliance d'aucuns Cantons de Suisse, £l mesmes au traitté de Soleurre, lequel est aussy compris au traitté d'alliance perpétuelle d'entre la France et la Suisse: Que nous en avons consequemment iouy soubz la tenue des Ducs de Sauoye, et spécialement ces droits nous sont confirmez par le traitté de St-JuUen : Que cest Euesque ne nous moleste point pour ce regard en Sauoye sachant bien qu'il y seroit mal fondé : Qu'il le peut auec moins de raison en France , veu que nous auons conquis ce balliage à la dite Couronne à nos grands frais et par le sang de nos citoyens. Et que le feu Roy nous a confirmé tous nos droits et privilèges ainsy que nous en iouyssions avant Tan 1589. Partant nous les supplions vouloir refuser audience à telles demandes lesquelles tous les Princes et Estais iugeront bien concerner plustost l'Estat que la Religion» et n'estre qu'un commencement pour prendre pied sur nostre Estât, qui ne peut estre séparé d'auec la Religion.

Lettre do Pasteur César Rey à la Compagnie des Pasteurs

de Genève.

(Bibliothèque pnUique de GenèTC.)

A Bossi ce 22 Février 1661 .

Messieurs et très honorés pères et frères,

L'Eglise de Yersoex que Dieu a consolé depuis quelques années par mon ministère gémit sans cesse après son entière restauration qu'elle ne peut espérer qu'elle ne voye le lieu où elle avoit le bien d'ouir la prédication dans son premier estât. Vous sçavez combien nous avons eu de peine pour nous mettre à couvert pendant nos services, et encore a présent nous les faisons dans une maison a loage dont nous payons tous les ans 20 ff de vostre monnoye. Et n'ayants aucun fonds sommes obligés d'espuiser tout ce que les bonnes amea donnent à la boête de nos poures au lieu de les conserver

poer quelques passants nécessiteux auxquels par cq défaut ne pouvant rien ou peu donner il semble que nous veuillions violer ceste hospitalité charitable qui est tant recommandée. J'ay regardé (Messieurs et 1res honorés pères et frères) assez exactement par quels moyens nous pourrions estabiir quelque chose de plus certain et de plus de durée, et n'ay rien trouvé qui nous dçnne plus d'espérance de quelque repos que de reparer les ruines de nostre temple qui a esté possédé autrefois longues années en paix. Nous desirons de travailler à cella avec toute la conduite et circonspection qui nous

sera possible

Si vous nous assistez comme nous l'attendons de vostre zèle, avec quelque autre subvention de nos voisins^ nous croyons avec toute certitude que celui qui a rallumé le flambeau de sa parole en ce lieu ou il l'avoit esteint en sa colère l'espace de vingt ans nous donnera ceste consolation de voir relevé un lieu si nécessaire qui rechauffera le zèle de nos peuples et leur donnera ample sujet de bénir Dieu de tant de tesmoignages de sa bonté et de se montrer. recogaoissaDts du bien que vous leur aurez fait..«

Rey, past. de Yersoex.

Lettre de César Rey, Député des Eglises Réformées du Bailliage de Gez, aux Pasteurs et aux Anciens du Consistoire de Lyon.

(ArohlTes de Zurich, GesteU VI, 97. — Copie.)

(A Paris, le 26 Janvier 1662.)

Messieurs et très honorés Frères,

Je scai bien que j'auroi esté obligé de vous tesmoigner en passant dans vostre ville combien nos Eglises vous ont d'obligation ; elles vous ont fait cognoistre par une lettre que iay remise à M. Mussard, que si elles sont obligées de prier Dieu pour le maintien de toutes celles du Royaume, elles doyvent commencer par la vostre, qui nous a embrassé avec une compassion singulière, a veu nos maux avec douleur sensible, et a respondu favorablement à nostre demande par un effect de sa charité que iayreceu à Lyon en papiers et à Paris en réalité par les mains de M. Estrang où M..Roch pour

moyS 4^1 est la roeâine chose, puisque nous sommes envoyés tous deux pour travailler d'une commune main au sanctuaire: ceste offrande volontaire vous sera rendue en son temps et celui qui tient en sa main la rémunération et qui est fidèle vous le rendra sans doubte et cependant je vous en présente des très humbles remerciements et vous supplie» Mess, et très h. Fr.» de considérer que nous ne vous avons importuné sans un extrême besoing, ce que jauroi représenté à vostre Consistoire si j'eusse eu plus de temps. Nos pauvres trouppeaux qui n'ont aucun fonds ne peuvent fournir que très peu : encore avons nous eu mille peines de pouvoir exiger une médiocre contribution à laquelle nous les avons exhorté: et le puis dire avec vérité que ie n'ay pu en S mois retirer de mon Eglise que 3 pistoles ayant esté contraint d'avancer le reste pour les frais de mon voyage, à cause de l'extrême pauvreté à laquelle une saison qui a plus produit d'ivroye que de bon grain les a réduit : Espreuve bien grande puisque Dieu retire dans une mesme année la nourriture ordinaire et celle de Tàme. Ces considérations vous ont meu, sans doubte, à nous consoler, comme vous avez fait; puisque nous ne pouuions aooir du secours de ceux a qui ceste visite touche le plus près et que nous ne pouuions pas receuoir celuy de nos frères qui sont plus éloignés, vous nous avez accordé le vostre avec une promptitude chrétienne. Je souhaiterois bien. Messieurs, que cela peut suffire, et que nous ne fussions plus obligés de vous importuner, mais jay trouvé M. Roch depourveu d'argent et pressé de payer les frais d'un arrest rendu sur les 2 requestes présentées au Conseil : une de nostre part et l'autre de celle des curés de '. Il faut

de nécessité faire imprimer un factum de grande teneur pour instruire entièrement nos Juges de nostre Procès. Il est aussi de toute nécessité que ie face despense plus qu'ordinaire pour me présenter devant ceux qui nous peuuent servir : et ainsi ce que iay apporté ou receu de vostre libéralité sera employé à cest usage. Nous escrivons véritablement à nos Mess, de pourvoir à nos besoings, mais ce ne pourra estre assez tost, qui est la cause que ie prens la liberté d'implorer une seconde fois vostre assistance pour un'œuvre si importante. Si le Seigneur nous donne en sa grâce quelque succès, nous en deurons la meilleure partie a vostre charité, le prierons qu'il vous enflamme de ce sainct zèle qu'il multiplie vos facultés pour en eslargir à ceux qui en ont besoing comme nous, que votre tronc

* U ÙLut lire : Pmtr M, Roch ou pour moi.

* Mot UUsible.

8oil cemme la cruche ou la phiole de la vefve de Sarepta» qu'il y aje par la bénédiction du Ciel de Thuile et de la farine en tout temps pour la nourriture des membres de Christ et que nos troupeaux recevant de ceste abondance reconnoissent d*où leur vient le bien pour en rendre grâces à celui qui est Tauthenr de toute bonne donation et pour vous en remercier. C'est ce que fairons cependant nos frères les Pasteurs et Anciens en lesprit? desquels paioistra toute la reconnoissance dont ils seront capable et en moy particulièrement qui vous supplie de croire que le suis Messieurs et très honorés frères, Vostre tr. h. et très obeiss. servit, et fr. en nostre Seigneur,

Rey Logé au fauib. S. Germain, rue S. Marguerite chec Madame Fournier à l'enseigne du Roy de Suède.

Lettre des Pasteurs et des Anciens des Eglises Réformées de Gez aux Pasteurs de TEglise de Zurich^

(▲rchiyesdeZorich, Gest. VI, 97.)

Reverendi admodùm observandi Yiri et Charissimi in Chrislo fratres,

Quod ante centum an nos maximo Dei bénéficie et fratrum vestrorum opéra regionibus istis illuxit Eyangelii lumen, purum nobis hactenus inter varias Dominorum routationes et indè ortos motus Dei O. M. gratia permansit. Solitum licet Ponlifîciorum in nostros odium creveritin dies, et YerbiDivini facem ipsis errorum tenebris et omnigenarum persecutionum flatibus extiuguere conati sint, et quamvis externis et temporalibus omnibus subsidiis, Deo sic volenle, sensim à multis annis destiluti fuerimus. Sed tandem ipsius populi Dei peccatis procul dubio laesa est paterni Numinis patientia, et accensâ ipsius ira, pacem externam nobis largilam, spirituale tamen Religioni nostrae bellum indici permisit, et nos Edictorum legumquepuram EvangeliiReformationemabisto Galliae angulo peoe proscribentium, et sacra exercitia, Templa , quietem, famam, facul-

*■ Un double de cette lettre, renfermant quelques légères variantes, fut adresK aux Pasteurs de Schaffliouse ; M. A. Crottet a publié cette pièce dans le Bulletin de la Société de l'hisi, du protett, français, t. I, p. 464.

tates, ipsam aliquatenus vitam nobis eripientium (onitruis et aoaitibus hodiè minatar et ad poeoitentiam vocat. In ipso soloque Deo tota Gonservationis nostraB spes sita est, et sola extern a média in Régis nostri animo, et Supremi ipeius Gonsilii Judicio supersunt. Hoc nonnisi difBcuUer à religionis nostra hominibos aequuiD obtineripotesty via longa est et ardua, periculum prsBsens» viresque nobis sont impares. Jam antea Yectigalibus, Exactionibus, Militibus» Debitis» et muUis circà ipsam Religionem ezbaasti sumus. Quicquid nobis et virium supererat et pecuni» exigend» spei» totum in maximae hojus litis primis sumptibus jam periit, insumiturqoe etiamnum. Idcirco et consiliorum et aris inopes , ad fratruro nostrorum, eorum prœsertim qaibus Pater Sammus pacem politicam et ecclesiasticam dedit« charitatem recurrere, quamvis inviti et renitentes, cogimur. Samnelem Bernardum quem uni Ecciesiarum nostrarum Yeslra Geneva Pastorem dédit illum in finem ad vos mittimus. Ei affiictissimura et periculosissimum statum nostrum» quem optimè novit, vobis enarratura fîdem habeatis precamur , eum consiliis vestris» ope et auxiliis adjuvetis et pro eo nobisque apud Potentissimos et lUustrissimos Viros Clarissima Yestre Reipublicae Dominos intercedatis» oramus» ut nostri misereantur, et Religioni noslr»^ qua fratrum vestrorura opus fuit, pro zelo quo ad gloriam Dei fervent et charitate ipsorum ergà omnes Reformates, et praesertim nobis vicinamGenevam notà^quàsuntipsiprudentiâetviribus, quibuscunque libuerit mediis succurrant et opitulentur, nobisque jam sub ipso fucala persecutionis pondère succumbentibus, fraternam manum porrigant. Hoc ab ipsis Potentissimis Dominis, vobisque Yiris longé celeberrirois uti utrumque speramus» ita suspiriis, gemitibus ad Deum tendimus et ab imo pectore indesinenter pro totius lUustrissima Yeslra Reipublica et omnium sanctarum Yestrarum Ecciesiarum pace et sainte vota fundimus. Yalete, Yiri in Chrislo admodùm observandi, et nobis prosolità benevolentià et charitate vestrâ succurrite.

Reverentiarum Yestrarum plurimùm observandarum Humillimi, obsequontissimi et observantissimi Servi Ecciesiarum Gayensium PastoresetSeniores et pro omnibus Earurodem Delegati et Procuratores.

G. Heuotus, pastor EcclesiaSessiacensis.

S. RuPHUSy Ecclesia Gai ensis Pastor.

De Bons. — Ponget.

Duvâllus, Senior.

Datum Gaii 7/17 \^» 1661.

Vin

Kettre du Pasteur Smuel Bernard au Pastenr Ulrich.

(ArchiYet de Zorich, Gett VI, 97.)

Genève, le 18 février 1663.

Monsieur et Ires honoré Père,

Je viens de recevoir avec votre lettre les cent Ecos blancs qa*il a plu à Messieurs de Zurich de nous ordonner. Ceus de Bâle nous en ont envoyé autant et ceus de Berne cent et cinquante présentement. Sans doute la grandeur de nos calamités les a touchés, et ils nous laissent espérer qu'ils ne nous abandonneront pas si nos affaires tirent en longueur. Nous leur sommes a tous extrêmement obligés et nous les remercions de tout notre cœur. On vous aura déia donné avis la semaine passée que nos parties auoient obtenu un Arrestdu Roy donné dans le Conseil d*enhaut, qui confirme toutes les ordonnances de M' rintendant, lequel est venu le faire publier, a fait murer tous nos Temples, ne nous laissant la permission de prescher qu'à Fernex et Sergy, a ordonné que nos Cloches seroient mises es Eglises des Papistes, ce que l'on a fait de quelques unes, et a décrété prise de corps contre sept des Pasteurs, que l'on n'a pas encore exécutée. Nous attendons de M. de Ruuigny , qui nous a promis de se présenter au Roy pour notre suîet, le remède à tons ces maux. Dieu y répandra sa bénédiction, s'il luy plait. Nous prenons conseil de tous nos frères les plus intelligents et les miens affectionnés. Nous avons fait resolution de ne déférer point a cet arrest par obéissance en préchant aus lieus où il nous renvoyé , mais pour le présent de prescher seulement en deus antres maisons de fief qui nous restent. De n'abandonner point nos troupeaux, de ne nous en éloigner guère et les visiter et consoler les malades le plus souuent que nous pourrons auec le zèle et la prudence que nous demandons à Dieu. Nous nous reposons sur sa providence, et quoyqu'il nous frappe, nous baisons sa main comme celle de notre père; nous le prions qu'il ait pitié de nos maus, qu'il écoute les vœus et les soupirs de ses enfans, qu'il touche de repen tance les cœurs de tous les profanes, qu'il repurge sa maison et fasse luire sur nous sa face en iustice et en consolation. Que vos Eglises en ressentent les douces influences, que Votre Illustre République iouisse de paix et de la grâce de Dieu, qu'il conserve vos personnes, vos familles, et

vos saintes charges. Je salue 1res humblemenk tous Messieurs vos Collègues les Pasteurs et Messieurs les Professeurs. Je suis particulièrement.

Monsieur et très honoré Père»

Votre très humble et très obéissant serviteur,

S. Bernard.

Lettre du Pasteur 8. Bernard au Pasteur Ulridi.

(ArchiTee de Zurich, Gett. VI, 07.)

Monsieur et très honoré Père,

La connoissance que nous avons du zèle avec lequel vous prenés part à nos Interests nous oblige à vous informer de l'état de nos affaires, qui est que Monsieur le Député général de nos Eglises a enfin obtenu audience du Roy, lequel nous a promis Justice et Ton établit des Commissaires pour examiner nos Droits. Cependant parceque les choses peuuent tirer en longueur et qu'il est 1res dangereus d'abandonner nos privilèges, selon le conseil de nos ilreres, nous auons desia repris sept de nos Exercices (outre \fis quatre maisons defieQ et nous prêchons devant nos Temples, qui sont encore murés. Peut-être que nos prédications et la ferueur de nos prières auront quelque rapport aus trompettes que les sacrificateurs sonnèrent douant Jerico et qu'elles obtiendront de la miséricorde du Père Céleste la chutte des murailles qui s'opposent en quelque sorte à sa gloire et au repos de son Israël. S'il nous donne de meilleures nouuelles, nous vous en ferons part, afin que notre ioye se communique a vous comme nous avons porté notre douleur iusqâes à vous. Et afin que vous connoissiés d'autant mieux la Justice de nos plaintes, nous vous envoyons des Copies du factum de nos droits et de nos raisons, que nous avons fait imprimer à Paris. Il y en a une Copie pour vous et Messieurs vos collègues que i'honore de tout mon cœur. Je vous prie d'en présenter une à Monsieur le Bourguemaistre pour Messeigneurs du Conseil que nous remercions toujours de leur libéralité et de leurs charitables offices, priante Dieu qu'il les conduise touiours par son Saint Esprit, qu'il les

anime du zélé de sa gloire et qu'il les couvre de sa sainte protection. Et pour l'autre, ie vous prie de l'envoyer i Messieurs de Saint Gai et les ressouvenir de notre besoin. J'espère de votre bonté que vous ne refuserés pas de prendre cette peine et que vous agreerés que ie continue à vous dire que ie suis.

Monsieur et très honoré Père, Votre très humble et très obeisssant serviteur et fils au Seigneur,

S. Berhard.

De Geneue, ce i' Auril 1662.

Appréciation des succès de la Mission Royale dans le pays de Gez, d'après les documents protestants contemporains.

Les registres de la Vénérable Compagnie de Genève mentionnent, outre la lettre de l'évèque d'Aranlhon à Louis XIV, deux autres écrits publiés vers le même temps par les ecclésiastiques romains sur lès succès de la Mission royale. On lit dans ces registres, en date du 14 Août 1663 :

c A esté leûe la relation de la Mission royale au pays de Gex, imprimée à Lion chez Simon Mathurio? rue ferrandière par laquelle il est représenté que les Missionnaires ont fait et font tous les jours de grands progrès au dit pays au fait de la Religion ; à quoy a esté adjousté que les dits Missionnaires font glisser un livre intitulé la conversion du S^^ Martin cy devant ministre contenant trois traits {traités?), par lequel s'efforcent d'esbranler les familles les plus considérables dudit pays, lequel livre il est expédient d'avoir. En après a esté dit que la dite Relation est un commentaire de la lettre que TEvesque d'Annecy a cy devant escrite au Roy de France, s'il

seroit point à propos de respondre Advizé de laisser le seing

derespondre aux dits Actes publics à Messieurs les Pasteurs des Eglises Reformées des Eglises de Bourgoogne. En après, charger le Secrétaire de faire venir de Lion le susdit livre de Martin à quel prix que ce soit.D

Les pasteurs de Genève ne saursTient encourir pour cette décision aucun reproche d'indifférence. En novembre 1662, ils avaient déjà

pris la plume en faveur des Eglises du pays de Gex. L'année suivante, comme le prouve un fragment de Baulacre que nous allons citer, on répondit encore de Genève aux écrits catholiques. Enfin, les membres des Eglises attaquées étaient dans Tobligation de réfuter eux-mêmes ces narrations mensongères, et ils ne tardèrent pas à s'acquitter de ce devoir. On lit en effet dans la brochure intitulée : Smte de» maux que souffrent ks Eglises du païs de Gex :

< On nous veut imputer.... d'avoir fait violence aux nouveaux convertis, qui est une pure supposition : aussi bien que le bruît qu'ils sèment partout d'avoir tant advancépar leurs pratiques, qu'ils ont fait dans le pays trois mille convertis, qui est une calomnie des pins noires, estant constant que dans le dénombrement le plus exact on n'en pourroit conter plus de 25 ou 30, la pluspart gens de rien, et le reste gagné par des artifices estranges de promesses et de menaces.»

Un autre écrit, intitulé : ^Réplique d la Réponse pour le P. Eveque de Genève et les Missionnaires du pays de Gex. 1664, p est plus explicite encore :

c N'est-il pas vray qu'ils ont esté plus de quinze jours dans la seule paroisse de Collonges sans y gagner une seule personne, qu'ils n'ont rien fait à Toiry, rien à Crozet, rien à S. Jean, rien à Fernex, rien dans la baronnie de la Basile, rien à Prevessin, rien en plusieurs autres, et où sont donc les trois familles qu'ils ont gagné par semaine 7 Quant à Divonne, bien loin d*y avoir quarante>cinq familles, vous n'en avez pas peut-être une douzaine. Je scay bien que la violence du Seigneur et du Curé du lieu en ont plus fait changer là qu'ailleurs; mais le nombre n*approche pas de celui que vous marquez, et ce sont des personnes de si peu de considération que je ne scay si l'Eglise n'a pas plustost gagné que perdu dans leur changement, etc. ]>

Baulacre confirme ces assertions de la manière suivante dans ses Recherches sur la Canonisation de S. François de Sales (Biblioth. Impartiale^ tom. III. Leyde, 1751) :

q: Sur la fin de la mission, il parut un écrit sous ce titre : Relation des succls que Dieu donne d la Mission Royale de Gex^ proche de Genève. Ces Missionnaires y font sonner fort haut leurs exploits dans ce pays là. Mais vous allez voir que la gloire qu'ils veulent ac«

quérir par ta, c'est précisément aux dépens de celle de S. François de Sales. Plus ils exaltent leurs conquêtes, et plus ils diminaent celle que la Bulle avoit attribuée à son Saint. C'est ce que je vais vous faire toucher au doigt.

c Dans le temps que ces Missionnaires s'applaudissoient le plus de leurs YJctoires, il parut un Ecrit à Genève qui faisoit sentir combien leur triomphe étoit mal fondé. Cette petite pièce m'est tombée entre les mains; en voici le titre : Lettre êur le sujet des sucées de la Mission de Gex, contenus dans une Relation publiée depuis peu. Cette lettre est de 1662 ^ Ces missionnaires y sont raillés fort vivement sur leurs conquêtes imaginaires. On leur dit qu'outre les fonds qu'il y avoit en France pour les Missions, ils avoient encore su ramasser des sommes considérables pour celle-ci ; qu'ainsi il leur importoit de faire monter fort haut leurs conversions, La fastueuse Relation avoit établi qu'avant qu'ils vinssent dans la Province de Gex, •{ n'y avoit encore que 300 catholiques, parmi 17,000 Huguenots, et que depuis la Mission, il y en a près de 4000. La lettre de Genève entre dans un détail des plus circonstanciés, d'où il résulte que tous leurs progrès aboutissent à 30 ou 40 personnes qu'ils ont fait changer de Religion.»

Lettres de différentes Eglises réformées de France* aux Eglises réformées du Bailliage de Gex.

(Archives de Genève^ Pièces hist., n9 §436.)

De r Eglise de Lyon,

A Lion le 24 Feuurier 1663.

Messieurs et très honorés frères,

Pendant que vous avés poursuiui vostre bon droict par les voies de la Justice, nous auons prié Dieu très instamment qu'il lui pleust

*■ Baulacre fidt erreur d'une année, puisque la imssion eut lieu en 4663.

flescbir le cœur de vos Juges à vous la rendre : et a présent que nous voions qu'il a pieu au Seigneur de visiter en sa colère vos poures Eglises, nous en gémissons auec vous et meslons nos larmes auec les vostres. Il n'y a point tle cœur tant soil peu humain qni ne soit esmeu au récit de vos malheurs, et combien en deuonsnous estre touchés sensiblement, nous qui sommes unis auec vous par tant de liens si sacrés et si estroits? C'est pourquoi , Messieurs el très honorés frères, nous vous prions d*eslre persuadés que nous contribuerons ce qui dépendra de nous pour vous secourir en cette triste occasion et pour vous aider à relever vos ruines si le Seigneur vous en présente encore quelque moien. Lorsque vous le requerrés, nous vous ferons paroistre. Dieu aidant, l'effect de nos promesses. Reloués vos courages abatus, et espérés contre toute espérance en celui qui ressuscite les morts. Il ne vous délaissera point , il ne vous abandonnera point. Apres auoir laissé agir l'iniuslice des hommes pour deploier sur vous ses iustes chastiments, il reueillera les émotions de ses entrailles et vous donnera les tesmoignages de son amour. Il vous fera expérimenter qu'il n'y a qu'un moment en sa colère et que toutes choses tournent ensemble en bien a ceux qui le craignent. Mais quoi que puisse entreprendre la passion aueugle des ennemis de la vérité, ils ne sauroyent pourtant nuire au salut des esleus de Dieu. Ils peuuent esleuer les enseignes de Babel là ou estoit establi le pur seruice du vrai Dieu ; mais ils ne pourront pas establir Tidolatrie dans le cœur des fidèles. Ils peuuent vous ester vos biens, mais ils n'empescheront pas que le Seigneur Jésus ne soit vostre gain en la vie et eu la mort. Ils ont peu démolir vos Temples , mais ils ne sauroyent vous empescher d'esleuer a Dieu vos mains pures en tout lieu, et puisque vous estes les Temples du Sainct-Esprit, vous pouués partout adorer le père en esprjt et en vérité. Ils inquiettent vos Pasteurs pour les empescher de vous paistre de science et d'intelligence; mais le Souuerain Pasteur ne laissera pas de faire son œuure , et de vous conduire en toute vérité. Vous aués desia expérimenté le secours d'en haut : Car il ne faut pas douter que ce ne soit le S^ esprit qui est l'esprit de paix et de douceur, qui vous a portés a souffrir auec tant de patience la violence de vos persécuteurs. Il vous continuera encore à l'auenir son assistance, et ne manquera pas d'accomplir sa vertu dans vostre foiblesse. Vous aués esté comme des colombes en suportantsans aucun fiel tout le mal qu'on vous a fait, nousesperons que désormais vous emploierés la prudence du serpent , pour fermer l'oreille à la voix des séducteurs qui taschent (ainsi que vous

nous l'68criaés) dedestoarner vos peuples de la sincérité de TEvangile. Nous vous recommendoDS de tout nostre cœur à la parole de Dieu et à la puissance de sa grâce afin qu'il continue a vous édifier iusqaes à ce qu'il vous donne l'héritage auec tous les saincts. Ce sont les VŒUX que nous faisons de tout nostre cœur puisque nous sommes

Messieurs et très honorés frères.

Vos très humbles seruiteurs et très affectionnés frères en nostre Seigneur les Pasteurs et les Anciens de l'Eglise Réf. de Lion et pour eux Mussard, past'.

Simon PfiiiLOUTiERf ancien. — Jacques Got, ancien.

De Lort, ancien.

Ji% rEgli$e de Caen.

Messieurs et très honorés frères»

Nous auons pleuré auec vous quand nous entendimes le triste état de vos Eglises, et dès lors nous jugeâmes que la plaie étoit ^ande , et nous sentîmes transpercés par vôtre flanc. Mais nôtre douleur s'est de beaucoup accrue par le lamentable récit de vos fioufrances , dont vous nous dépeignés l'image dans la letre que vous aués pris la peine de nous écrire. Notre Compagnie y a fait la reflection à laquelle nous oblige la Communion des Saints; et comme «lie est sensiblement touchée de vôtre affliction, vous ne deués point douter, qu'en ce funeste rencontre, elle ne vous témoigne jusques où elle y compatit. Mais parce qu'en cette occasion vous attendes aussi le secours des Eglises de nôtre Classe et celui des autres de «ete Prouince, et que nôtre Synode s'assemblera dans peu de semaines , nous auons estimé qu'il est a propos d'y présenter vos letres, afin que par un commun concert, vos justes demandes y soient considérées, et que leur lecture émeuve plus fortement les entrailles de tous les députés, et qu'elle fasse une plus puissante impression en leur esprit. C'est ce que nous vous prions d'agréer, vous assurant qu'encore que les forces de nôtre Eglise soient grandement diminuées par les dépenses extraordinaires que nous auons faites pour nous défendre contre les indues vexations de nos aduersaires

et par les notables pertes» que nous auons peu d'espérance de pouuoir reparer, nous vous ferons connoitre» autant que nôtre pouuoir nous en donnera le moien que nous sommes affectionnés jusqu'aux pierres de Sion : et en attendant que nous vous le témoignions par les effets, nou4 prierons Dieu de tout nôtre cœur, qu'il lui plaise guérir la plaie qu'il a faite, que sa main soit bonne sur vous , et qu'il vous donne de posséder vos âmes par patience, et de trouuer grâce deuant ses yeux. C'est le vœu très ardent

Messieurs et trés-honorés frères.

De vos très humbles et très affectionnés frères les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Caen; et au nom de tous

De BsAmHOHT. Bochart.

A Caen, ce 15 Mars 1663. Yotsel? Antien.

De r Eglise de La Rochelle.

Messieurs et très honorés frères,

C'est avec vne douleur très sensible que nous avons appris le triste et pitoyable estât de vos panures troupeaus. Nous voyons par le récit que vous nous en avés fait que le Seigneur est grièvement courroucé contre toute son Eglise. Car nous n'avons point esté exemts des coups de ses verges non plus que vous. Il n'est pas que vous n'aylés ou! parler de nos extrêmes afflictions. Il a plu a nôtre bon Dieu de nous ester presque entièrement ce peu d'avantages qui nous estoient restés, et sa main s'appesantit sur nous de jour en jour. Il plaist aussy à sa providence de permettre qu'on nous suscite continuellement des procès qui nous engagent en des despences infinies , et notre Troupeau se diminue tous les jours à mesure que nos nécessités vont toujours en s'augmenlant. Ce n'est pas pour nous dispenser de vous prester la main tout autant qu'il nous sera possible que nous vous parlons de nôtre misère, mais seuUement pour vous faire part de nôtre douleur, comme vous nous avés fait part de la vôtre. Car d'ailleurs. Messieurs et très ho* norés frères , nous vous supplions d'estre fortement persuadés que

nous ferons pour vôtre consolation tout ce qui sera en nôtre pouuoir. Mais comme d'un côté ce que vous pourries recevoir de nous ne seroit pas fort coDsiderabie» et que de l'autre nous n'avons pas Jugé qu'il fut à propos de faire courir vôtre lettre par les Eglises dans le temps où nous sommes, nous vous prions. Messieurs, de prendre la peine d'écrire au synode de nôtre Province qui se doit assembler dans le moys prochain. Vos Lettres viendront asses à temps pour y estre rendues pourvu que vous usiés de quelque diligence. C'est où nous tascherons de vous témoigner par nos soins et par nos services la part que nous prenons très véritablement en vôtre juste affliction. Cependant nous prions le Père des Miséricordes qui a fait la playe, qu'il la vueille consolider aussy, qu'il soit appaisé envers nous tous, qu'il vous console et qu'il vous fortifie en particulier , et vous comble des bénédictions de son Paradis, s'il trouue a propos de vous priver de celles de la terre. C'est ce que nous luy demandons de toutes les affections de nôtre ame , estant comme nous le sommes

Messieurs et très honorés frères.

Vos très humbles et très obéissants serviteurs et frères en nôtre Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de la Rochelle, et pour tous

J. De Tandsbaratz, lun des pasteurs.

GuYBERT, lun des Pasteurs de ladite Eglise. — Lortie , Pasteur.

Le Roy, ancien.

Massiot, Ancien.

C'est à Jarnac que se doit tenir le Synode de nôtre Province.

A la Rochelle, ce 25 de Mars 1663.

De V Eglise d'Àngoulême.

Messieurs et très honorez frères.

Comme nous n'auons qu'une même foy et qu'un même Esprit, et que nou^ ne faisons tous ensemble qu'un seul et même corps dont Jésus Christ est le chef, vous ne deuez pas douter que vos biens et vos maux ne nous soient communs, que nous n'ayons ressenti les coups qu'on vous a portez, que votre dernière affliction ne nous ait

naure2 de douleur, et que nous n'ayons versé nos larmes sur les mazures de vos panures Eglises désolées par la fureur de nos enne; mis. Ouy Messieurs les sanglantes persécutions qu'on vous a faites nous ont touché jusques au vif^ nous auons de vos souffrances toutes les compassions que nous deuons auoir, et nous auons abondamment pleuré sur la froisseure de Joseph. Vos disgrâces et vos calamitez, nous l'anoûons, sont extrêmes, mais vous scauez bien. Messieurs et très honorez frères, qu'elles ne sont pas extraordinaires à l'Eglise de Dieu , quelle doibt être chargée de croix, qu'elle na ici bas pour appennage que la haine et la persécution du monde, qu'elle est dans une guerre sans paix et sans tréue, et qu'enfin elle porte ici bas le nom de militante parce qu'elle est appelée à souffrir et a combattre, et que c'est seulement dans le ciel qu'elle triomfe éternellement. C'est la sa condition sur la terre qui la rend semblable a son diuin chef qui a été consacré par afOictions. Nous scauons bien que les nôtres ne sont pas réduites par la grâce de notre Seigneur dans l'état déplorable ou nous voyons les vôtres : mais vous n'ignorez pas. Messieurs, les persécutions auxquelles elles sont exposées, et les playes et les brèches que l'on fait de toutes parts à la désolée Sion, si bien que nous avons sujet de tout craindre si Dieu n'a pitié de nous. Il est uray que nous .nous en rendons indignes par les taches et par les désordres de notre vie, car il est sans doute que rien ne trouble notre paix que nos propres fautes, que rien ne fait nos afflictions que nos péchez. Dieu est obbligé de nous châtier lorsque nous ne sommes pas bien sages, de nous faire sentir la pesanteur de sa main lorsque nous profanons l'abondance de ses grâces et de nous enlever nos libertez et nos biens les plus chers et les plus précieux lorsque nous en faisons un mauuais usage. Je ne veux pas ici mettre la main sur vos playes, mais appres la confession que vous en faites, je puis bien ajouter que certainement celles de nos Eglises sont grandes, inueterees, puantes en la présence de Dieu, et incurables enfin si le fer et le feu de sa justice ny apporte quelque remède, ayans rendu inutile celuy de sa diuine bonté. Cependant, Messieurs et très honorez frères, il ne faut pas perdre courage et nous somm£ tous indispensablement obbligez d'employer tous nos efforts pour reparer quelques unes des brèches qu'on nous a faites ; Que si dans ces temps fâcheux il ne plaist pas a Dieu de les bénir accause de nos péchez, essayons d'arrêter le funeste cours de sa colère par nos prières continuelles et par les nrdens mouuemens d'une profonde et sérieuse repentance, alors Dieu nous fera la grâce de nous faire luire des jours plus heureux ;

Il nous fera connoitre que son Eglise a toujours expérimenté que ses compassions ne se peunent épuiser, et que s'il y a des momants en sa colère» il y a des siècles en son amour et en ses miséricordes. Faisons de notre costé en tout temps et en toutes occasions ce qui est de notre deuoir, etDieuasseurement ne manquera pas dexsecûter ses saintes et immuables promesses en faneur de ceux qui sont de son alliance» et qui leseruent en Esprit et en vérité. 11 nous fera voir le ponctuel accomplissement de ce qu'il a prédit par son Proféte Esaîe : Pour certain l'Eternel consolera Sion» Il consolera ses désolations^ Il rendra son désert semblable a Eden et ses landes au jardin de l'Eternel ; C'est la grâce que nous luy demandons et pour vous et pour nous de tout notre cœur , qu'il rassemble vos dispersions, qu'il redresse vos tabernacles renuersez» qu'il rétablisse son seruice dans les lieux désolez» qu'il guérisse vos playes» qu'il reléue vos mazures» que fléchi par nos prières et par nos larmes communes» et vaincu par notre obéissance et par notre amandement» Il munisse et vos troupeaux et les Pasteurs d'une fermette d'une constance et d'une patience inuincible au milieu de vos plus grandes épreuues» qu'il vous anime tous d'un saint zèle a sa gloire» et qu'il vous com* ble de ses plus viues et plus abondantes consolations» et de ses autres bénédictions, les plus rares et les plus prétieuses. A ces vœux passionnez et sincères» nous faisons bien état de joindre tous les charitables secours dont nous serons capables dans le fâcheux état ou nous nous trouuons» et qui réduit beaucoup de nos Eglises a des peines et des dépenses incroyables; Nous l'aurions déjà fait de notre part» mais comme ce que vous pourriez auoir de nous est très peu de chose» et que Nous ne pourrions pas aisément ni de longtemps communiquer votre lettre aux autres Eglises de notre Prouince» Nous auons jugé a propos de remettre le tout au (temps) de notre Synode» qui sera sil plaist au Seigneur dans cinq a six semaines» et d'où (nous) vous ferons scauoir ce que vous deurez espérer des Eglises et des personnes qui vo(us sont) très étroitement unies» et qui vous embrassent cordialement en notre Seigneur» Nous pouuons vous en assurer de leur part. Nous vous supplions en notre particulier de le croire et que nous sommes sans reserue Messieurs et très honorez frères» Vos très humbles et très affectionnez seruiteurs et frères en

notre Seigneur» les Pasteurs et Anciens de l'Eglise d'Angou-

lesme» et pour tous

J. Clerc 7» pasteur. BmoT» ancien.

LâgrezuiLE» Antien. D. Gadltieb» ancien.

(Du 9 Avril 1665.)

De V Eglise de Nérac.

De Nerac ce 4 May 1663.

Messieurs et tres-honorés frères^

Nous auions desia apprins par le bruit courant uoe partie de Yos souffrances, qui nous avoyent causé une griefue douleur : mais elle s'est bien rengregée à la lecture de vostre lettre, qui nous représente à plein fonds la grandeur et Testendue de vos misères, par rabattement de vos temples, la profanation de vos lieux sacrés, i'insultation de vos adversaires, le déchassement de vos pasteurs» la dissipation de vos troupeaux, Pespuisement de vos moyens, les charges et les foules dont vous estes accablés, et les ordres rigoureux que Ton donne tous les iours pour l'entière oppression de vostre liberté. Yne calamité si grande ne peut estre assez exprimée par paroles et est a peine capable de consolation du'costé des hommes. Si c'est toutes fois quelque soulagement que de scanoir qu'il y en a qui compatissent à nos disgrâces et qui arrosent nos ruines de leurs larmes, vous aurez de quoi vous consoler dans le tesmoignage véritable que nous vous rendons combien vos afflictions nous cuisent, et combien nous sommes malades de vostre froissure. Quand nous iou!rions d'une profonde paix et d'un estât fleurissant, nous ne sçauriotts nous resioulr de nos propres biens sans estre à mesme temps viueraent touchés de vos maux. Asseurez-vous, très honorés et très- chers frères, que vous n'estes pas à Testroit dans nos cœurs, et que nos entrailles s'esmeuuent au seul souuenir de vos désolations. Comme estans tous membrce d'un mesme corps, vous ne pouuez estre scandalisés que nous ne soyons aussi bruslés, et tout ce que vous souffrez se communique à nous par un pitoyable ressentiment. Ces affections cordiales qui nous lient auec vo6s, ces charitables mouuements nous font espandre nos ames et nos supplications en la présence de Dieu pour lui demander qu'il vueille verser son bausme dans vos playes, essuier les larmes de vos yeux, vous fortifier contre ce mauuais temps par les puissances serrettes de son Esprit consolateur, et vous donner enfin le moyen de vous restablir en vous faisant trouver grâce deuant ceux auxquels vous vous adresserez. Cependant, très chers frères, que nous ioindrons nos prières

aux vostres pour appaiser Tire de Dieu que nous auons sans donls allumée par un long abuz de ses grâces et par une conversation qui n'a pas respondu a la saÎDcteté de nostre vocation, vous, ne laissez pas de cercher dans ces rudes espreuues la matière de vostre ioye, voyans que Dieu vous a fait passer par le chemin estroit par lequel il a conduit ses en fans en tout temps, et que ces pertes et ces flestrissures vous sont grandement honorables, puisqu'elles vous rendent conformes à la condition de nos pères au siècle passé et de toute rSglise depuis le commencement du monde. Ce vous est une marque que vous n'estes pas du monde, puisqu'il vous traitte avec tant de cruauté, et que la Religion que nous professons par la grâce de Dieu est la pure vérité, puisqu'elle est exposée à tant de contradictions et à tant de combats. Ce bon Dieu qui la vous a faict cognoistre, vous donnera la force et la constance d'y perseuerer iusqu'aa bout, et ne permettra pas qu'elle vous soit arrachée par l'artifice et la violence de ceux qui ont mieux aimé les ténèbres que cette diuine lumière. EdGq il vous donnera l'issue auec la tentation, naettant des bornes a Tanimosité et a la fougue de nos contraires, et vous recueillira de cette dispersion par sa grande miséricorde, qui est auiourd'hui, après nostre paix avec lui, le principal obiet de nos vœux, de nos soins et de nos espérances. Bien que nous ne soyons du tout exempts de trouble et que nous ayons suiet d'appréhender un pareil traittement de la part de ceux qui ne nous aiment pas et qui regardent d'un œil malin nos mutuelles assemblées, si est ce que nous avons encore nos exercices assez libres par le support doiH Dieu use enuers nous, et sommes en estât de ponuoir contribuer quelque chose a vostre subsistance par la subuention tant de nos prières que de nos commodités. Pour cet effect, nous auons tasché d'eschaufTer par nos exhortations le zèle et la charité de cesleEglise, qui s'est eslargie, sinon selon ce qu'ella voudroit, du moins selon ce qu'elle a peu, pour auoir esté ruinée par les dernières guerres ciuiles, plus qu'aucune autre de la Prouioce. Nous ne manquerons pas aussi de faire scauoir a nos frères prés et loin l'extrémité de la détresse et de la nécessité où vous avez esté réduits par le malheur du temps, et de les solliciter a faire ce a quoi les oblige nostre saincte communion, qui est de recréer, par tous moyens possibles, les entrailles des saincts affligés pour la cause de nostre commun Maistre. Nous ne douions pas, tres-chers frères, que tous ceux dans lesquels il restera quelque sentiment d'huroanUé et quelque estincelle de pieté ne facent toutce qui sera de leur pouuoir pour vous aider à sortir de ce destroit où vous a engagés la

malice do siècle. Qae si toutes les autres Egl ses de ce royaume 80Dt sollicitées par vos lettres, comme elles le sont certainement» quand vous ne diriez mot» par la considération de vostre estât, il n'y a point de difficulté qu'elles ne vous enuoyent une somme bien considérable. En effet tons tant que nous sommes qui faisons profession de la Reformation, sous quelque air et sous quelque climat que nous vinions, s'il y a parmi nous quelque communion d'esprit, si quelque soûlas de charité, si quelques cordiales affections et miséricordes, douons prendre part à vos peines auec des profonds gémissements, tous tendre la main secourable, et vous faire sentir en cette pressante occasion que nous sommes véritablement, comme ooos sommes en nostre particulier.

Messieurs et tres-honorés frètes.

Vos très humbles et très - affectionnés frères et seruiteurs au Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Nerac, et pour tous

J. ViGCiER, Pasf.

MoNiER, pasteur.

DucAssB, ancien.

Dayid, ancien.

Gerste, ancien.

il Mfssiewrs, Mesiieurs Um PoiUurs et Aneieni des Eglisei Reformées du Bailliage de Gex, d Uon cKex Monsieur Mussard.

De V Eglise de Bergerac*

De Brageraç, ce 6* may 1663.

Messieurs et très honnorés frères.

Nous anons apris auec douleur le grand coup que Dieu a frappé despuis peu sur vos troupeaux et vous pouues juger questans tous membres d'un mesme corps nous nauons peu vous voir dans la souffrance sans que nos entrailles ayant esté extraordinairement esmeues par la compassion que nous douons a vos maux. Vos Eglises il n'y a pas longtemps florissantes qui viuoient dans le repos et dans une heureuse tranquilité se troouent maintenant dans laba-

tement et semblent nous donner juste subiect de craindre que Dieu ne Tueille oster la parure et les ornemens de la fille de Sion ; il la rend dolente dans vos contrées, il lafflige et lexpose aus outrages des aduersaires; mais bénit soit a jamais son nom de ce quaprenans laffliction ou elle est, nous aprenons a me^me temps quil la forti&e contre les secousses de la tentation ; c'est un tesmoignage qu'il ne tout point labandonner à sa (oiblesse et que la bassesse dans laquelle il la met luy sera une occasion de desployer les richesses de sa bonté eouers elle. Nous espérons de ceste bonté de Dieu comme nous le luy demandons de tout nostre cœur quil fera passer enfin son indignation et que voyant les larmes de Jérusalem il guérira les playes qu'il a faites et releuera les tabernacles que sa colère a désolez; comme cest nostre condition destre pèlerins et voyageurs, il nestpas estrange que nous essuyons diuers orages, comme nous sommes estrangers icy bas, ce n'est pas merueille que nous esprouuions quelques vicissitudes fascheuses ; par ceste conduitte que Dieu obserue enuers ses enfants il veutesleuer leurs désirs et leurs espérances a quelque chose de plus doux que la prospérité de la terre, a quelque chose de plus noble que ses grandeurs, a quelque chose ^e plus riche que tous ses biens. Il est bon que nous soyons icy, disoit S^ Pierre parlant de la montagne de Tabor, faisons icy des Tabernacles ; nous dirions la roesme chose du monde, nous y voudrions affermir nos cœurs, si de temps en temps Dieu ne nous ftisoit pas voir que tout ce qu'il a déplus doux nest quune petite interruption d*amertume ; les personnes particulières laprennent par leur expérience, les corps des Eglises le ressentent et les vostrès en gémissent auiourd'huy ; Dieu vueille conserver les forts, munir d'une vertu Céleste les infirmes, rapeller le petit nombre des esgarés, entretenir lousiours le zèle de sa maison dans vos cœurs, et vous donuer de trouuer grâce devant son oinct ; pour nous, sachans que la compassion ne consiste pas en parolles, quelle ne doit pas mesmes sarrester dans le cœur mais quelle doit produire ses fruictsau dehors par bonnes œuvres, ne manquerons pas autant que Dieu nous en donnera le moyen de trauailler pour recréer vos entrailles, el de vous donner les effects de ceste communion que les mesmes aduantages de la grâce lient entre tous les Chrestiens. Et pleust a Dieu que nous peussions faire beaucoup; car en vérité vous nestes point a lestroit au dedans de nous; nous espérons cepandant que les autr.es Eglises de la Prouince a qui nous faisons cognoistrevostre. estât, touchées comme nous de vostre affliction et animez dune mcsme charité contribueront aussi par leur beneficence a

▼osira coDsoIatioD, de sorte quevoyans vos frères dans la compassion de vos malheors vous aures an nouueau subiect de bénir Diea a la grâce duquel doos vous recommaudons le prians qu'il vueille Yoos relener de vos ruines, et vous remettre dans un estât qui vous console et rehausse la gloire de son propre nom; c'est le voeu que font pour vous.

Messieurs et très honnoris frères.

Vos 1res humbles et très obéissants seruiteurs et frères au Seigneur Les Pasteurs et Anciens de lEglise Refformee de Bragerac et pour tous

J. MnaATEL? Pasteur. J. Asiuont, Pasteur*

Arbusst, pasteur. B. D'Aillon, pasteur.

P. BouTis, ancien. P.Baneau? ancien et scribe. FoNMARTiN^ ancien.

Du Synode de Jarnas.

A Jarnac, Charente, ce 8 Juin 1663.

Messieurs et très honorés frères.

Nous auons appris auec un très sensible déplaisir les tristes nouuelles de nos désolations et ce qui augmente le plus nostre douleur est rimpuîssance ou nous sommes de nous donner le soulagement qtt« nous uoudrions. Il semble qu'en cette conjoncture on vueille attaquer toutes nos Eglises à la foix, afin qu'aucune ne puisse courir au secours de l'autre, ayant trop d'affaires pour elle mesme; les ruines et mazures de uos temples démolis nous font craindre un pareil traitement pour les nostres , on a desja donné des sentences contre les vns et on poursuit les autres, on a fait paier des amendes insupportables a des pasteurs pour auoir fait leurs charges, et l'on en poursui uiuement d'autres , et si le contre coup de uos plaies nous a causé de la douleur, nous appréhendons que celles dont nous sommes menacés» venans a tomber sur nos testes n'augmentent encore de beaucoup la nostre, et qu'il n'y ait autre différence entre uous et nous en ce rencontre que celle-ci que nous estes entrés les premiers en cette rude épreuue ou on nous engage

tous l6i jours* Noos auons fait de poissantes exhortations a tontes nos Eglises et particulièrement aux plus fortes, de s'élargir extraordinairement en une occasion si pressante, mais la multitude des charges , et le désir de chacune de se conseruer soy mesme nous fait appréhender quelles ne respondront pas a nos souhaits et a vos nécessités. Mous reconnoissons tous que c'est la voix du Ciel qui nous appelle a lamendement de vie , que le lion a rugi pour remplir nos âmes d'une sainte fraieur, et qu'il n'y a autre moien de faire tomber les uerges des main de nostre Dieu, que nos larmes, nos josnes et nos prières, et que quand ce père miséricordieux nous aura assez humiliés il nous releuera de la poudre, qoe le dernier degré de nostre abbaissement sera le premier echellon de nostre exaltation, il brisera la force et la uiolence de nos aduersaires , il fléchira les cœurs de nos supérieurs pour estre sensibles a la froissure de son peuple et les rendra fauorables a nos humbles supplications. Cependant Messieurs nous supplions le Seigneur qu'il addoucisse vos amertumes, qu'il nous fortifie dans cette uiolente tentation et qu'il nous fasse uoir de meilleurs jours, ce sont les VŒus,

Messieurs et très honorés frères,

de Vos très humbles et affectionnés seruiteurs les pasteurs et anciens des Egh R, de Saintonge Aulnix et Angoumois assemblés en Synode a Jarnac et pour tous

GomiiAB, Modérateur.

Habuhiltor, adjoint.

Prioleau, Secrétaire. — Bajlly, segref*.

De V Eglise de Poitiers.

Messieurs et très honorés frères,

La connoissance particulière que vostre lettre nous donnoit de ce que vous avez souffert en vos Eglises nous ayant semblé deuoir estre portée dans nostre Synode, afin que vous pussiez receuoir des fidèles de cettjs prouince en corps , quelque consolation

plus grande et plus remplie dans tous ses poincts, ainsy qae nous res(ierions; nous u'auons pas manqué de leur faire uoir ce que Yoos nous escriuiez» et il nà rien esté obmis de nostre part pour vostre recommendation. Mais la roannaise conioncture ou nous nous sommes trouués nous à tous réduits a limpuissance de prester la main pour alléger le brdeau de vostre peine et de vos afflictions. Il est certain neantmoins que la douleur de vos maux à faict au dedans de nous toutte son empreinte et y à excité de vifs sentiments. Nous auons considéré les choses qui vous sont arriuées comme choses dignes de lesmotion la plus tendre de nos coeurs et auec cela comme un tableau du traittement dont on nous menace en plusieurs endroicts» ou nous nous voyons presque a la veille de pleurer aussy la démolition de nos temples et la dissipation de nos Irouppeaux. Pour tascher à destourner cet orage, s'il est possible, nous sommes obligés à des despenses extrêmes, lesquelles, auec la charge de nos pauures dont le nombre croist de jour a autre sont capables de nous espuiser entièrement et d'aller au delà de nos forces. Dans cet estât, tout ce que nous pouuons faire pour vous , après vous aaoir asseuré que nous ne sommes pas moins touchés de la compassion et du desplaisir de vos disgrâces que de la crainte des nostrès , c'est de vous partager et a tous ceux qui sont persécutés à cause du nom du Seigneur, nos vœux et nos souhaits les plus ardents , dans les supplications que nous luy adresserons ; et au mesme temps que nous luy demanderons qu'il luy plaise tirer du penchant de la ruine et de la désolation ceux qui n'en sont encores que là, le prier de vous susciter et a tous autres qui sont en pareils termes que vous estes, le moyen de reparer vos pertes, et la liberté de reedifier les saincts lieux. Nous nous proposerons tousiours ce but en nos oraisons et désirerions de pouuoir vous tesmoigner plus efficacement que nous sommes.

Messieurs et très honorés frères.

Vos très humbles et très Affectionnés seruiteurs et frères en nostre Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Poictiers et pour tous

D. Barbier, Pasteur. Gousset.

J. Masson, Ancien. Ddport, Antien.

D. GoBERT, ancien. P.Pi06ER,Ancien et Scribe.

A Poictiers, «e 21 Juillet 1663.

De V Eglise de Metz,

A Metz , ce 30 Juillet 1665.

Monsieur et très honoré frère,

Notre compagnie ayant receu vostre lettre nous a donné charge de vous respondre et vous tesmoigner comoie nous sommes grandement touchés des maux que Ion vous à suscité, et nostre compassion est tant plus grande que nous souffrons des semblables afflictions de la part de nos communs ennemis. La Coniuration est uniuerselle et nous espérions qu'estans sur les fi:ontieres da Royaume nous en serions exempts comme vous y estes aussy , mais nous voyons bien que le Seigneur veut que le mal se respande partout, et que le fléau soit desbordé. Outre quantité dautres vexations et tourmens, on nous met hors de nostre Temple que nous possédons depuis soixante et six ans ; nous auions obtenu de pouuoir bastir un autre Temple dans un lieu apelié le Retranchement que nous auons commencé auec grande despence; on nous a fait surseoir l'ouurage, et ne tient point à nos contraires de trauailler encores puissamment a nostre {nous) retrancher tout a fait hors de la Ville et nous envoyer bien loing. Yoicy la quatriesme deputation en cour depuis huit jours , après les précédentes ; vous ne croiriés point les frais excessifs qu'il nous a falu et faudra faire tant pour le bastiment que pour les deputations et autres dépendances qui nous ont desia tellement. espuisé quil nous faut aller a Temprunt pour ne pouuoir rendre qu'auec la succession de plusieurs années. Cest ce qui nous met dans Timpossibililé de vous secourir à nostre grand regret, estant une Eglise seule en ce pays au milieu de la Lorraine, et n'ayants aucune Eglise voisine comme vous qui auéz les Eglises de Suisses près de vous. En un autre temps et plus facile conioncture, nous vous eussions de bon cœur tesmoigné par effect nostre bonne volonté. Nous prions le Seigneur de vous adsister et

soQStenir aaec nous dans des assauts coiniDuns, et vous faire obtenir quelque restablissement ou soulagement, demeurants.

Monsieur et très honoré frère.

Vos très humbles et très obeyssans seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs et anciens de l'église reformée de Metz et au nom de tous

Jassoy, pasteur. — Gaultier 7 7 ancien.

Estienne Malisat, ancien.

A Maniieur Moniteur Rez, ministre d Femex au Balliage de Gex.

De V Eglise de Calais.

A Calais ce 31 Juillet 1663.

Messieurs et très honorés frères.

Nous ne scauons pas comme il est arriué que vous n'aués receu aucune response a la première que vous nous aués escrite. Sans doute que quelqu'un en ayant esté chargé par nostre compagnie ne sen est pas souuenu. Car nous vous prions d'estre persuadés que nous auons autant que nos autres frères compassion de vostre estât. Nous l'auons bien faict paroistre a lesgard de nos frères qui ont esté affligés comme vous. Mais nous sommes contrains a nostre grand regret de vous dire que les temps sont changes, bien que nos compassions envers nos frères nous soient demeurées en leur entier « et que mesme les esmotions se redoublent en nos cœurs a mesure que nous apprenons que leurs afflictions s'augmentent. Mais la puissance n'est pas esgale a nostre volonté. Les ennemis ont brusié nostre temple durant la guerre. Nous en poursuiuons a grands frais le restablissemeut. Quand nous l'aurons obtenu , il faudra une grande somme pour le rebastir. Cependant tant sen faut que nous ayons moien de ce faire que nous deuons beaucoup a ceux quy ont fourni par auance a la nourriture de nos pouvres. Yoila, Messieurs et fireres, le véritable estât de ceste Eglise laquelle est entièrement hors de pouuqjr de vous donner l'assistance que vous

De l'Eglise de Metz.

A Metz , ce 30 Juillet 1665.

Monsieur et très honoré frère»

Notre compagnie ayant receu vostre lettre nous a donné charge de vous respondre et vous tesmoigner comoie nous sommes grandement touchés des maux que Ion vous à suscité, et nostre compassion est tant plus grande que nous souffrons des semblables afflictions de la part de nos communs ennemis. La Coniuralion est uniuerselle et nous espérions qu'estans sur les fi:ontieres da Royaume nous en serions exempts comme vous y estes aussy, mais nous voyons bien que le Seigneur veut que le mal se respande partout, et que le fléau soil desbordé. Outre quantité dautres vexations et tourmens, on nous met hors de nostre Temple que nous possédons depuis soixante et six ans ; nous auions obtenu de pouuoir bastir un autre Temple dans un lieu apellé le Retranchement que nous auons commencé auec grande despence; on nous a fait surseoir rouurage, et ne tient point à nos contraires de trauailler encores puissamment a nostre {nous) retrancher tout a fait hors de la Ville et nous envoyer bien loing. Yoicy la quatriesme deputation en cour depuis huit jours , après les précédentes ; vous ne croiriés point les frais excessifs qu'il nous a falu et faudra faire tant pour le bastiment que pour les deputations et autres dépendances qui nous ont desia tellement espuisé quil nous faut aller a Temprunt pour ne pouuoir rendre qu'auec la succession de plusieurs années. Gest ce qui nous met dans Timpossibililé de vous secourir à nostre grand regret, estant une Eglise seule en ce pays au milieu de la Lorraine, et n'ayants aucune Eglise voisine comme vous qui auéz les Eglises de Suisses près de vous. En un autre temps et plus facile conioncture, nous vous eussions de bon cœur tesmoigné par effect nostre bonne volonté. Nous prions le Seigneur de vous adsister et

sooslenir aaec nous dans des assauts communs, et tous faire obtenir quelque restablissement ou soulagement, demeurants»

Monsieur et très honoré frère.

Vos très humbles et très obeyssaos seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs et anciens de Téglise reformée de Metz et au nom de tous

Jassoy, pasteur. — Gaultier 7 7 ancien.

Estienne Mausat, ancien.

A Mmuieur Moniteur Rez, ministre à Fernex au Balliage de Gex.

iO.

De V Eglise de Calais,

A Calais ce 31 Juillet 1663.

Messieurs et très honorés frères.

Nous ne scauons pas comme il est arriué que vous n'aués receu aucune response a la première que vous nous aués escrite. Sans doute que quelqu'un en ayant esté chargé par nostre compagnie ne sen est pas souuenu. Car nous vous prions d'estre persuadés que nous auons autant que nos autres frères compassion de vostre estât. Nous l'auoos bien faict paroistre a lesgard de nos frères qui ont esté affligés comme vous. Mais nous sommes contrains a nostre grand regret de vous dire que les temps sont changes, bien que nos compassions envers nos frères nous soient demeurées en leur entier, et que mesme les esmotioos se redoublent en nos cœurs a mesure que nous apprenons que leurs afflictions s'augmentent. Mais la puissance n'est pas esgale a nostre volonté. Les ennemis ont bruslé nostre temple durant la guerre. Nous en poursuiuons a grands frais le restablissement. Quand nous l'aurons obtenu , il faudra une grande somme pour le rebastir. Cependant tant sen faut que nous ayons moien de ce faire que nous deuoos beaucoup a ceux quy ont fourni par auance a la nourriture de nos pouvres. Voila, Messieurs et flreres, le véritable estât de ceste Eglise laquelle est entièrement hors de pouuojr de vous donner l'assistance que vous

De V Eglise de Metz.

A Metz, ce 30 Juillet i665.

Monsieur et très honoré frère.

Noire compagnie ayant receu vostre lettre nou8 a donné charge de TOUS respondre et vous tesmoigner comme nous sommes gra iulement touchés des maux que Ion vous à suscité, et nostre compassion est tant plus grande que nous souffrons des semblables afflictions de la part de nos communs ennemis. La Coniuration est uniuerselle et nous espérions qu'estans sur les frontières du Royaume nous en serions exempts comme vous y estes aussy , mais nous voyons bien que le Seigneur veut que le mal se respande partout, et que le fléau soil desbordé. Outre quantité dautres vexations et tourmens, on nous met hors de nostre Temple que nous possédons depuis soixante et six ans ; nous auions obtenu de pouuoir bastir un autre Temple dans un lieu apellé le Retranchement que nous auons commencé auec grande despence; on nous a fait surseoir l'ouurage, et ne tient point à nos contraires de trauailler encores puissamment a nostre (nous) retrancher tout a fait hors de la Ville et nous envoyer bien loing. Yoicy la quatriesme deputation en cour depuis huit jours , après les précédentes ; vous ne croiriéa point les frais excessifs qu'il nous a falu et faudra faire tant pour le bastiment que pour les deputations et autres dépendances qui nous ont desia tellement espuisé quil nous faut aller a Temprunt pour ne pouuoir rendre qu'auec la succession de plusieurs années. Gest ce qui nous met dans l'impossibilité de vous secourir à nostre grand regret, estant une Eglise seule en ce pays au milieu de la Lorraine, et n'ayants aucune Eglise voisine comme vous qui auéz les Eglises de Suisses près de vous. En un autre temps et plus facile conioncture, nous vous eussions de bon cœur tesmoigné par effect postre bonne volonté. Nous prions le Seigneur de vous adsister et

soQslenir auec nous dans des assauts communs, et tous faire obtenir quelque restablissement ou soulagement, demeurants»

Monsieur et très honoré firere.

Vos très humbles et très obeyssaos seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs et anciens de l'église reformée de Metz et au nom de tous

Jassoy, pasteur. — Gaultier 7 7 ancien.

Estienne Mausat, ancien.

A Mamieur Moniteur Rez, ministre d Femex au Balliage de Gex.

iO.

De V Eglise de Calais.

A Calais ce 31 Juillet 1663.

Messieurs et très honorés frères.

Nous ne scauons pas comme il est arriué que vous n'aués receu aucune response a la première que vous nous aués escrite. Sans doute que quelqu'un en ayant esté chargé par nostre compagnie ne sen est pas souuenu. Car nous vous prions d*estre persuadés que nous auons autant que nos autres frères compassion de vostre estât. Nous l'auoos bien faict paroistre a lesgard de nos frères qui ont esté affligés comme vous. Mais nous sommes contrains a nostre grand regret de vous dire que les temps sont changes, bien que nos compassions envers nos frères nous soient demeurées en leur entier, et que mesme les esmotions se redoublent en nos cœurs a mesure que nous apprenons que leurs afflictions s'augmentent. Mais la puissance n'est pas esgale a nostre volonté. Les ennemis ont bruslé nostre temple durant la guerre. Nous en poursuiuons a grands frais le restablissemeut. Quand nous l'aurons obtenu , il faudra une grande somme pour le rebastir. Cependant tant sen faut que nous ayons moien de ce faire que nous deuons beaucoup a ceux quy ont fourni par auance a la nourriture de nos pouvres. Voila, Messieurs et flreres, le véritable estât de ceste Eglise laquelle est entièrement hors de pouuojr de vous donner l'assistance que vous

De r Eglise de Metz.

A Metz , ce SO Juillet i665.

Monsieur et très honoré frère.

Notre compagnie ayant receu vostre lettre nou8 a donné charge de TOUS respondre et tous tesmoigner comme nous sommes grandement touchés des maux que Ion tous à suscité, et nostre compassion est tant plus grande que nous souffrons des semblables afflictions de la part de nos communs ennemis. La Coniuration est uniuerselle et nous espérions qu'estans sur les frontières du Royaume nous en serions exempts comme tous y estes aussy , mais nous Toyons bien que le Seigneur Teut que le mal se respande partout, et que le fléau soil desbordé. Outre quantité daulres Texations et tourmens, on nous met hors de noslre Temple que nous possédons depuis soixante et six ans ; nous auions obtenu de pouuoir bastir un autre Temple dans un lieu apelié le Retranchement que nous auons commencé auec grande despence; on nous a fait surseoir l'ouurage, et ne tient point à nos contraires de trauailler encores puissamment a nostre {nous) retrancher tout a fait hors de la Ville et nous euToyer bien loing. Yoicy la quatriesme deputation en cour depuis huit jours , après les précédentes ; tous ne croiriés point les frais excessifs qu'il nous a falu et faudra faire tant pour le bastiment que pour les deputations et autres dépendances qui nous ont desia tellement espuisé quil nous faut aller a Temprunt pour ne pouuoir rendre qu'auec la succession de plusieurs années. Gest ce qui nous met dans Timpossibilité de tous secourir à nostre grand regret, estant une Eglise seule en ce pays au milieu de la Lorraine, et n'ayants aucune Eglise Toisine comme tous qui auéz les Eglises de Suisses près de tous. En un autre temps et plus facile conioncture, nous vous eussions de bon cœur tesmoigné par effect postre bonne Tolonté. Nous prions le Seigneur de tous adsister et

sooslenir aaec nous dans des assauts communs, et tous faire obtenir quelque restablissement ou soulagement, demeurants.

Monsieur et très honoré firere.

Vos très humbles et très obeyssaos seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs et anciens de Téglise reformée de Metz et au nom de tous

Jassoy, pasteur. — Gaultier 7 7 ancien.

Estienne Mausat, ancien.

A Mamieur Moniteur Rez^ ministre â Fernex au Balliage de Gtx.

iO.

De V Eglise de Calais,

A Calais ce 31 Juillet 1663.

Messieurs et très honorés frères.

Nous ne scauons pas comme il est arriué que vous n'aués receu aucune response a la première que vous nous aués escrite. Sans doute que quelqu'un en ayant esté chargé par nostre compagnie ne sen est pas souuenu. Car nous vous prions d*estre persuadés que nous auons autant que nos autres frères compassion de vostre estât. Nous Tauons bien ùict paroistre a lesgard de nos frères qui ont esté affligés comme vous. Mais nous sommes contrains a nostre grand regret de vous dire que les temps sont changes, bien que nos compassions envers nos frères nous soient demeurées en leur entier, et que mesme les esmotions se redoublent en nos cœurs a mesure que nous apprenons que leurs afflictions s'augmentent. Mais la puissance n'est pas esgale a nostre volonté. Les ennemis ont bruslé nostre temple durant la guerre. Nous en poursuiuons a grands frais le restablissemeut. Quand nous l'aurons obtenu , il faudra une grande somme pour le rebastir. Cependant tant sen faut que nous ayons moien de ce faire que nous deuoos beaucoup a ceux quy ont fourni par auaoce a la nourriture de nos pouvres. Voila, Messieurs et flreres, le véritable estât de ceste Eglise laquelle est entièrement hors de pouuqjr de vous donner l'assistance que vous

luy demandes. Il n'y a personne en nostre compagnie qai n'en ait un grand desplaisir^ et ne soit bien marry d'estre contraint de vous renvoier a vuide. Tout ce que nous pouuons faire a présent est de vous recommander a Dieu quy sans nous trouuera les moiens de vous faire subsister et vous conseruera parroy tant d'ennemis quy vous assaillent^ et vous rendra victorieux contre tous leurs efforts. Nous sommes bien resjouis d'apprendre que si peu en ayent esté abbattus, et que tout le reste de vostre Eglise demeure debout. Resjouissés vous donc et vous tenés bien heureux de ce que Dieu quy vous enuoie l'affliction vous donne la force pour la soustenir, et vous veut rendre en ce siècle corrompu des exemples de patience, et de constance vra jement chrestienne. Ne pouuans a présent vous adsister que de nos vœux nous prions de tout nostre cœur le père de toute compassion et miséricorde quil vous deliure de ceste affliction et de toute œuure mauuaise , aGn qu'après auoir tout surmonté, vous puissies demeurer fermes et irrépréhensibles jusqu'à la journée de Nostre Seigneur Jésus Christ. Ce sont les vœux de ceux qui sont de toute leur affection.

Messieurs et très honorés frères.

Vos très humbles et très affectionnés frères et seruiteurs en Jes. Christ les conducteurs de TEglise reformée de Calais et pour tous Trigotel, pasteur.

Faicte et leue en consistoire.

De V Eglise de Nismes.

A Nismes, ce 1<^' aoust 1663.

Messieurs et très honorés frères.

Nous nous intéressons trop en ce qui nous touche pour apprendre sans un extrême [déplaisir, les maux dont il plait a Dieu de vous visiter, et nous uoudrions bien uous pouuoir témoigner nostre charité autrement que par des paroles : mais uous n'ignorés pas sans doute les grandes attaques que nous auons a soutenir. Les députés que

nous aTODS a Paris pour y poursaiure nos affaires nous constituent en des grands frais; il nous faut secourir les églises de noslre prouince, que le malheur du temps a réduites a une extrême nécessité; nous auons des pasteurs interdits, a lentretien desquels il nous faut pouruoir; et il y a parmi nous un grand nombre de panures familles qui ne subsistent que de nos aumônes. Jugés pc^ là si nous sommes en état de nous secourir» ayans nous mesmes besoin de secours : tout ce que nous pouuons faire en uostre faveur est d'adresser sans cesse nos uœux au Seigneur, et le prier qu*il uerse sur uous auec profusion, ses bénédictions les plus précieuses, qu'il dissipe le conseil de nos ennemis, et uous donne le moyen dinuoquer publiquement son nom auec assurance. Nous sommes.

Messieurs et très honorés fireres.

Vos très humbles et très obeissans seruiteurs et frères au Seigneur les Pasteurs , diacres et anciens de leglise de Nismes.

Cheiron, p. ROURE, p.

RossELET, m. D'Agulhonet, diacre,

FoRBDBT? ancien. Cobibe, ancien, Maystbe, ancien.

De r Eglise de NanUs.

A Mantes, ce 4 Aoust 1663.

Messieurs et très honores frères.

Nous eussions plustost fait response a uos lettres et vous y res« pondrions présentement d'une façon plus particulière si nous auions 8ceu l'intention de nos frères qui composent les autres Eglises de cette Prouince touchant ce dont vous nous aves escrit a tous en gênerai; en attendant que nous en soyons informés, ce qui arrivera sil plaist a Dieu dans très peu de temps , nous vous escriuons ces lignes pour vous asstfrer que nous auons receu vos deux lettres^

que nous auoos fait part de la première aux autres Eglises de cette Prouince et que nous ferons au plustost tout ce qui nous sera possible pour vous soulager dans Taffliction dont il plaist a Dieu vous visiter. Nous auons esté fort touches a louie des choses qae contenoit vostre première lettre et nostre douleur a redoublé quand on nous a fait lecture de la seconde. Nous prions le Seigneur qu'il vous donne de plus en plus son esprit de consolation et de force» afin quil vous soustienne et vous fortifie dans ces rudes cooabats que nos ennemis vous liurent continuellement » de sorte que ny mort, ny vie, ny principautés» ny puissances, ny choses présentes, ny choses a venir ne soyent pas capables de vous séparer de la dilection que Dieu nous a tesmoignee en son fils bien aimé nostre Seigneur Jésus Christ. Ce sont les vœux sincères de.

Messieurs et très honorés Frères,

Vos très humbles et 1res obeissans seruitenrs et frères au Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Nantes et pour tous

De Brissâg, pasteur.

Revixit vân N^rssen, ancien.

Van Vlicht? ancien.

De VEglise de Poitiers,

Messieurs et très honorés frères,

Etans, comme nous sommes, les membres d'un mesme corps mystique, il est impossible que les uns souffrent que les autres ne ressentent beaucoup de douleur; Nos précédentes letres vous asseuroient que Taflliction dont il à plu à Dieu vous visiter pour vôtre epreuue nous auoit touchés jusques au fond de Tame : Cellecy vous fera les roesmes protestations. Nous auons gémi, nous auons pleuré sur la froissure de Joseph, nous gémissons tous les jours et nous humilions douant le Seigneur, nous luy crions qu'il se ieue, qu'il

ayt compassion de sa pauure Sion désolée, car il est temps qu'il en ayt pitié. Les Seruiteurs de Dieu sont affectionnés à ses pierres , et ont pitié de sa poudre. Vos maux sont communs presqu'à touttes les Eglizes de ce Royaume; Celles de cette prouincesont furieusement attaquées ; on tasche de ruiner les annexes, quelques pasteurs sont interdits, d'autres condamnés a de grosses amendes, toutes nos anciennes libertés sont retranchées, et peu s'en faut, anéanties, on entreprend de démolir les Temples , enfin les tentations sont estranges. Mais, loué soit le Seigneur, elles sont encores humaines, et Dieu est fidèle qui ne permettra pas que nous soyons tentés au delà de nos forces : aûec la tentation, il donnera l'issue salutaire à ses enfans qui le reclament. Sa vertu s'accomplira dans leurs faiblesses. Il ecouttera des Cieux nos requestes ; s'il tarde a nôtre impatience, il ne tardera point a notre salut; après auoir dormi. Il se reueillera , Il tancera la mer , Il fera taire les vents, et calmera la tempeste. Nous le supplions auec ardeur qu'il nous facetrouuer grâce deuant nostre Souuerain, qu'il fléchisse le cœur de cet inuincible Monarque, naturellement 1res débonnaire et très clément, afin qu'il écoute favorablement les très humbles remonslrances qui luy seront présentées de la part de toutes les prouinces. La notre a député vers Sa Maiesté, et chargé son Envoie d'un cahier de mémoires et de plaintes. Vous scaués. Messieurs et très honorés frères, qu*il faut faire de grandes dépenses pour son entretien , qu'il en faut pour soiïtenir et poursuiure diuers fascheux procès intentés par ceux qui nous sont coatraires , qu'il en faut pour suuenir aux pressantes nécessités des Eglises feibles , qu'il en faut pour établir des Pasteurs dans les annexes destituées. Et nos facultés sont petites , et presques épuisées. Les copies de votre triste et touchante letre, oii vous dépeignes si naiuement vos désolations furent enuoyees en diuerses de nos Eglizes incontinent que nous Teùmes receûe, et dernièrement encores le Synode en fist lecture publique. Elle tira des larmes de tendresse des yeux de toute l'assemblée, et notre affliction s'augmenta par l'impuissance où nous nous trou* uons de vous secourir par des charités réelles. Si nous étions en état de vous présenter quelques fruits, que S^ Paul nomme de justice # vous verriés notre promptitude et nostre allégresse. Dieu vûeille vous soulager luy mesme , accourir a notre commune deliurance , estre nostre bouclier, nostre rempart, nostre deffence. Qu'il vuëille, ce Miséricordieux Seigneur, nous couurir de l'ombre de ses aisles, fortifier ceux qui sont de petit courage, et nous inspi-

rer celui de «oaffrir avec joye» poar son nom, s'il nous fait l'honneur de noud en reputer dignes. C'est le vœa de.

Messieurs et très honorés frères.

Vos très humbles et très obeissans seruiteurs et frères en N. S. les Pasteurs et ancieus de l'Ëglize Réf. de Poitiers, et pour tous

D. Barbier , Pasteur. Gousset, pasteur.

BoDRCEAU? anden. Duport, Âiitien.

Melun , Antien. Boby, ancien.

(Receue le 4 d'aoust 1663.)

De FEgltse de Châlon sur Saône.

De Chalon ce 7 Aoust 1663.

Monsieur,

Nous sommes sensiblement touchés de vos maux, et prions Dieu qu'il TOUS regarde en ses compassions» affin de vous en donner deliurance, pour vous resiouir au lieu des jours quil vous a désoles d'une désolation si grande ; nous joignous nos prières aux vostres pour le supplier d'estre appaisé envers vous, et faire que la justice de vostre cause soit cogneue et vous soit ensnite rendue. Suiuant la resolution prinse cy douant nous auons envoyé i Mons>^ Got a Lyon suiuant vostre ordre par cet ordinaire lettre de change de cinquante liures. Il ne s'est peu faire d'aduantage pour le présent, vous priant d'agréer nos souhaits et de nous croire.

Monsieur,

Vos très humbles et obeissans seruiteurs et pour tous les Antiens de l'Ëglize R. de Chalon

J. Girard. Janthial.

A Monsieur Monsieur Rey, M., d Gex.

De V Eglise de Bordeaux,

A Bordeaux ce 9 daoust 1663.

Messieurs el très honorez frères ,

Il est vray quil y a desia quelque temps que nous receumes vos premières lettres signées de ceux de Messieurs vos pasteurs par lesquelles vous nous faistes la description de lestât lamentable ou voi églises autreffoys florissantes se trouuoyent réduites par le malheur du temps, et eussions esté bien ayses de pouqoir vous donner au mesme moment les tesmoignages véritables de nostre compassion pour soulager en quelque façon voz maux. Mais nous vous prions de considérer que quoyque vostre cheute nous ait sensiblement touchez, toutes les saisons ne sont pas propres en ce pais pour réussir conuenablement aux sollicitations qui se doyuent faire pour esmouuoir les peuples a la charité. Nous auons neantmoins pris enfin nostre temps et estions sur le point de vous enuoyer nostre beneficence lorsque voz secondes lettres nous ont esté rendues, et de ladresser au coosysloire de Lyon comme ne scachant pas un autre voye plus asseuree. Mais puisque vous nous marquez Monsieur Got marchand banquier a Lyon pour la receuoir nous luy en faisons ladresse et vous enuoyons mille liures que nous auons recueillies parmy nostre troupeau. Nous vous prions Messieurs de les receuoir daussy bon cœur quelles vous sont offertes, bien marris que la somme ne soit pas plus grande ; les fréquentes demandes qui nous sont journellement faites de toutes parts , et le peu de commerce qui se fait icy depuis quelque temps, empeschent que nous ne puissions pas nous eslargir dauantage. Et parce qu'outre les despences auxquelles vous estes obligez pour soustenir ce qui v«us reste, il y a de Messieurs voz pasteurs qui sont dans la souffrance nous vous prions quilz se ressentent particulièrement de nostre charité ne doutans pourtant pas que vous ne dispentiez cete subuention auec toute la prudence conuenable. Cependant adorans les jugemens deDieu qui a voulu vous fraper dune façon si pitoyable

nous gémirons avec vous par les motib de la communion que nous anons ensemble demandans a Dieu quil adoucisse voz maux et repare voz brescbes en apaizant son courroux. Ce sont les sentimens de ceux qui sont véritablement.

Messieurs et très honorez frères.

Vos très humbles et très obeissans seruiteurs les pasteurs et Anciens de TEglise Reformée de Bordeaux et pour tous

S. GoYON, pasteur.

De f Eglise d^Anduze.

Messieurs et très honnorés frères.

Nous suons apris auec toute la douleur possible les diuerses et cuisantes afflictions que vous auez ressenties et vous ne deuez point douter du zèle que nous auons pour la consolidation des blessures du corps de Nostre Seigneur et qu'il ne tiendra jamais à nostre Eglise qu'il ne soit versé dans vos douleureuses playes le heaume d'une saincte charité. Et pour vous randre conte, messieurs» de la diligence que nous auons faicte après la réception de vos deux lettres, nous vous dirons que la première nous ayant esté rendue à la veille de nostre Synode, nous la comismes au concistoire d'Alez qui estoit ceste année la chargé de receuoir les lettres aux affaires extraordinaires et d'y faire responce, de sorte que nous auons esté surpris d'aprendre par voslre dernière du 24« Jullet comment vous n'duiez eu aucune response. De sorte qu'a la réception de ceste seconde lettre nous lauons comise à leglise de Sauve qui a le soin ceste année de receuoir les lettres et y faire response , auec ceste prière affectueuse que nous leur auons faicte de vous procurer la satisfaction que vous en espérés, leur ayant promis d'y faire en nostre particulier tout nostre possible. Cependant, messieurs, nous auons voulu vous aprendre ces choses pour nostre descharge par-

(iculiere et pour vous asseurer que nous sommes de tout nostre cœur.

Messieurs ,

Vos très humbles et très obeissans seruiteura et . frères au Seig' les pasteurs et les Anciens de legltse d'Anduze et pour tous avec charge

ROSSEL, p'.

A Anduze, ce 10 aoust 1663.

A Messieurs Messieurs les pasteurs et les Anciens des églises recuillies au païs de Getx.

De r Eglise de Saumur.

De Saurour, ce 18 Aovst 1663.

Messieurs et très honoris frères,

n y a desja quelqve temps que nous receusmes vne lettre de vostre part, par laquelle vous nous dedvisiés le lamentable estât auquel il a pieu à Dieu de vous redvire et nous demandiés nostre assistance et celle de nos frères qui sont icy aux environs. Nous avions desja seu qvelqve chose de vostre affliction , et en avions esté fort sensiblement touchés , mais vos lettres nous en renouvelèrent la dovievr , et si nous en evssions esté en pouvoir alors, nous vous les evssions témoigné par quelques effects de nostre charité. Le Synode de celte Province se devant tenir incontinent après, nous y envoyasmes vostre lettre pour la commvniquer selon Tostre désir et nos députés evrent le soin de la faire voir dans la Compagnie. Mais bien qvelle y produisist vn fort sensible effect de douleur et de compassion , si est ce qve les maux des Eglises de cette Province et les grandes et extraordinaires dépenses qu'il leur faut faire pour leur propre subsistance , et pour le soulagement de celles qui y sont le plus particvlierement affligées empescherent qu'on n'y peust prendre avcune resolvtion alors. Ainsi nous remettions à vn autre temps de vous respondre qvand Dieu nous avroit donné le moyen d'adjovster à nos paroles qvelqve avtre effect de

Dostre compassion. Comme nous estions en celte attenta» Messieurs et très honorés frères, Tostre seconde lettre nous a esté rendue , et a esté leuê en nostre Compagnie qui ma donné charge de vous en donner advis, et des resolutions qv'elle a prises sur ce qv'elle contient. Elle a donc premièrement ordonné que ie vous temoignerois de sa part qv'elle participe à vostre froisaure» et qv'elle prie Dieu de tovt son cœur pour vostre consolation. Il plaist a nostre Seigneur mettre ses fidèles a diverses espreuves, tant povr levr correction que povr le tesmoignage de sa vérité. Cest a eux a porter la discipline de sa main en patience et à attendre constamment ce qv'il fera povr levr délivrance et povr la gloire de son Saint Nom. Il a esté en mesme temps arresté qv'on feroit faire des copies de vostre lettre pour estre envoyées dans les Eglises des environs qvi peuvent estre en qvelqve pouvoir de vous assister, et qv'on sollicitera le plus diligemment que Ion pourra levr response et les effects de levr charité. Et enfin , qv'aussitost qv'ils les avront envoyés, nous ferons avssi de nostre part ce que nous povrrons povr vous tesmoigner que vostre calamité nous est extraordinairement sensible, et que nous ferons ce qui nous sera possible pour la sovlager. Cependant nous prierons Dieu ardemment qu'il luy plaise de bander et de mediciner vos playes , et sommes.

Messieurs et très honorés frères.

Vos très humbles et très obeissans frères et serviteurs les Pasieurs et les Anciens de l'Eglise R. de Saumur et pour

tous AOIYRAUT.

De r Eglise de Privas.

Messieurs et très honorés frères,

Outre la raison generalle tiœe de la communion spirituelle que nous auons auec vous comme membres dun mesme corps, laquelle nous fait compatir aux souffrances les uns des autres, il y en a une particulière en ce qui nous concerne. Nous scauons tous que les maux que nous voyons soufirir a autruy nous touchent plus sensiblement et nous pressent dauantage le cœur, lorsque

nous en auons touts les premiers fait Texperience, et sommes passés par les mesmes on semblables espreuues ; or il ne faut pas vous ramenteuoir l'embrasement par lequel nos maisons sont passées a cause de nos péchés » nj ceste désolation cogneûe a tout le monde, a laquelle nous ne pouuous penser et en mesme temps commander a la tristesse et aux larmes» pour vous asseurer que nous sympathisons a vos afflictions, lesquelles nous accroistrîons par le récit des nostres non tant passées que présentes, si nostre intention n'estoit plus tost de nous consoler auec vous, et tascher d'adoucir vostre douleur et les nostres, que de Ips irriter en dédni5(ant ce qui les cause. Nous vous dirons donc que nostre Synode est conuoqué au douiiesme du moys prochain au lieu du Cheylar, ou Dieu aydant nous ne manquerons pas de faire voir vos lettres ; si ce n'est dans le corps, en cas qu'il y eust de lempeschement, ce sera au moins a tous les membres en particulier, et quoyque le contenu d'icelles se recommande assez de soy mesmes, nous ne laisserons pas de les seconder de nos exhortations et sollicitations, et sommes asseurés que vous ressentirés les effects de laffection fraternelle des Eglises de ce pays, bien que petites, panures et en petit nombre, de quoy nous vous informerons alors plus amplement. Cependant toutes ces vexations que le clergé nous suscite sont, contre l'intention de ceux qui les nous procurent, ou sans qu'ils y pensent, la voix de Dieu qui nous appelé aux prières, a la repentance et a la patience, et -cest l'unique refuge de l'Eglise que Dieu a miraculeusement conserué en ce lieu iusques a présent, et a la dissipation de laquelle le clergé et ses sopposts traoaillent auec toute sorte d'injustice; mais Dieu qui na pas permis que le chandelier de sa paroUe nous feust osté, et que nous feussions priués de la liberté de nos exercices sacrés que nous possédons paisiblement, quoyquauec des grandes incommodités, nos assemblées n'ayants autre couuerture que la voûte du ciel, enclinera le cœur du Roy a nous rendre justice contre les prétentions et sollicitations de nos aduersaires. Cest la mesme faneur que nous vous souhaitons daussi bon cœur que nous sommes.

Messieurs et très honorés frères.

Vos très humbles et très obéissants frères et seruiteurs les pasteur et Anciens de TEglise reformée de Priuas

AcGAURAT, pasteur,

Dubois, ancien. Delaselye, ancien.

Barruel, ancien. Blâchier, ancien.

Berearo, ancien. Beynet, ancien.

A Priuas, ce SO""* Aoust 1663.

De r Eglise de Castres.

A Castres, ce 12 Septembre 1663.

Messieurs et très honorés frères.

Le desordre qui estsuruenuà cete Eglise par le changement inopiné de tous ses Pasteurs, qui tout à coup par un arrêt du Conseil da Roy ont été transportés ailleurs, etdes nouueaus mis en leur place, a retardé la reponseque vous aués attendue de nous, et que nous n'eussions pas aussi manqué à vous faire plutôt, sans cette auanture si surprenante. Nous attendions aussi maintenant depuis que nous auons receu la seconde lettre qu'il vous a pieu de nous écrire, du. 24 Juillet dernier, la conuocation de notre Synode, qui deuoit commencer précisément le iour de demain 13 de ce mois, pour faire voir votre lettre a toute l'assemblée, et animer par sa lecture tous les députés qui s'y trouveroyent, à obliger leurs troupeaus de s'intheresser à bon escient par les entrailles de la charité Chrétiene qui doit régner entre nous, en la disgrâce si extrême que vous aués soufferte, et pour faire même que dans cete compagnie on avisât aus moyens de vous mettre en état de ressentir au plutôt les effets de la charité de toutes les Eglises de cete prouince, autant pour le moins que la poureté et la misère du tems, dont la pluspart se trouuent assez affligées, pourroyent le permettre. Mais, comme nous en étions sur cete attente, et qu'il ne faloit plus que faire courir les lettres de conuocation, il est arriué à l'impourveu vn ordre de Monseign' le Prince de Conty Gouuerneur de toute la prouince du Languedoc, qui a fait savoir à l'Eglise qui auoit le droit de cete conuocation, que sa maiesté vouloit pour des raisons importantes que cete assemblée fût différée jusqu'à l'arriuee dudit Seigneur Prince, qui est maintenante Paris, dans la prouince, arriuée sur le tems de laquelle nous n'auons rien de certain : de sorte que cela pourroit bien tirer la chose en longueur plus que nous ne désirerions, et que ne le requerroit l'état présent de nos affaires. Tout cela au fond est cause. Messieurs et très honorés frères, que nous nous aquitons vn peu tard de ce que nous vous douions, et que vous recéurés plus tard que vous ne l'attendiés, et que ne nous

Teussions bien souhaité» cete réponse que nous donnons a vos deus leUres. Ainsi n*a ce pas été le défaut de compassion à vos maus, comme si nous n'en eussions été aucunement touchés, qui a causé ce retardement» et qui nous a retenus dans le silence: car à Dieu ne plaise que nous seussions si peu prendre part à la douleur de DOS frères, qui quelques éloignés de corps qu'ils puissent être de Dous^ nous sont neantrooins si étroitement unis par le lien d'vne commune foy, et par l'espérance d*vne même vocation. Nous en sommes bien en autres termes ; nous considérons vos maus comme les nôtres» et nous sentons blessés dans les playes que vous aués receues, puisqu'au fond vous êtes aveque nous les membres d'vB même corps, tellement que si vous souffres quelque chose, nous deuons souffrir auec vous, et mêler nos larmes auec les vôtres* Nous vous prions donc de croire, et de vouloir même donner de notre part cette asseurance a tous ces troupeaus de vos quartiers, recueillis tous maintenant sous voire conduite, au nom desquels vous nous aués fait l'honneur de nous écrire, que nous auons receu une affliction aussi grande que nous en ayons ressentie depuis long tems à l'occasion de la votre, et que depuis nous n'auons point cessé d'épandre nos gémissements et nos prières les plus ardentes à Dieu pour votre consolation, et pour l'allégement de vos misères. Auant que d'en auoir été aussi précisément et particulièrement informés, que nous l'auons été effectivement par vos lettres si touchantes et si pathétiques, le raport qui nous en auoit été fait d'ailleurs, et les nouuelles bien lugubres qui en avoyent été répandues, nous avoyent tous abattus; et depuis cela votre propre récit a achevé de nous mettre dans la consternation, et de nous accabler de tristesse. Ce sont là les véritables sentimens de nos cœurs que nous vous exprimons, et les larmes d'vne très iuste douleur que nous donnons à la désolation de Sion, à la froissure de Josef, dont le Seigneur a voulu vous rendre vn triste exemple par les maus qui sont arriués à son Eglise au milieu de vous. Encore pourtant nous est ce, de même qu'a vous, vne assez grande consolation d'apprendre par votre témoignage que les aduersaires de notre religion n'ayent peu faire jusques ici que bien peu de chose, auec tous les efforts qu'ils ont employés pour ébranler de la fermeté de la foy cens que la violence de cete tempête ne pouuoit qu'auoir déjà secoués bien rudement, n'y ayant qu'vn bien petit nombre qui ait ployé, et cela encore de gens dont la cheute a donné peu de scandale, à cause du peu d'édification qu'ils donnoyent par leur vie auparavant. Nous en rendons grâces a Dieu, et le supplions de tout notre cœur de vouloir

que la chose s'en arrête là, et en gênerai d'être appaisé enuers vous, de vous consoler abondamment en votre affliction, de vous fortifier puissamment en constance et en courage par la vertu de son bon Esprit, pour la soutenir vigoureusement iusques au bout, et de vous en donner enfin par sa grâce, vne heureuse et favorable issue. Nous sommes tous sous sa main, et c'est maintenant vn temps d'afïliction et d'epreuue pour son Eglise, auquel tous les urais fidèles doiuent être disposés à porter patiemment la crois qu'il voudra leur imposer. D'ailleurs nos péchés attirent bien iustemment ces maus que nous pouuons soufirir sur nos têtes, étant conuenable que le iugement commence par la maison de Dieu, et qu'il nous fasse sentir le châtiment de tant de mépris , de profaneté , et de rébellion contre sa parole, qu'on ne voit que trop régner parmi ceus qui faisans profession dVne très pure reformatiou en la créance, ne sauent pas y bien repondre par la sainteté de leur vie, et par la pureté de leurs meurs. Nous ne doutons pas, Messieurs et frères en notre Seigneur, que vous n'ayes depuis ce rauage funeste que vous venes de ressentir par les malheurs qui ont affligé votre pals, vous que la prouidence de Dieu a voulu se reseruer pour maintenir les restes de ce débris, et tenir encore ralliées ensemble ces poures brebis qui demeureroyent autrement dans une lamentable dissipation, souuent représenté ces choses a ces troupeaus affligés, que vous aués tous maintenant sous votre direction, pour les obliger à s*humilier saintement deuant ce bon Dieu, et à implorer sa miséricorde, afin qu'il guérisse la playe qu'il leur a faite, et qu'après les auoir exercés par tnbulation selon vne iuste mesure, il reviene à leur faire éprouuer les dous effets de sa grâce, et qu'il rétablisse heureusement leur état désolé à leur grande consolation, et à la honte des ennemis de sa gloire. Ce sont les voeus très ardens que nous luy adressons pour vous tous du fond de nos âmes, et Tiotherét que nous prenons au bien et au rétablissement de vos affaires ne souffrira point que nous nous relâchions iamais dans les prières animées que nous présentons à celé diuine maiesté, à ce qu'elle vous done de trouuer grâce deuant celle de notre Roy, et deuaot les puissances supérieures qui sont établies sous luy, en sorte que receuant fauorablement vos iustes plaintes , et que faisant la considération telle qu'il faut de votre droit, vous puissiés bien tôt par les arrêts de iustice qui émaneront de cete authorité, recouurer les auantages dont vos ennemis vous ont dépouillés par surprise, voir reparer amplement les torts qui vous ont été faits, et vous trouuer remis dans la possession de ces franchises et libertés, dont vous

aoîés paisiblement ioui sous le beneGce des edits du Prince l'espace de tant d'années. Outre cete assistance de nos prières, que nous n'interromprons iamais, nous ne manquerons pas à nous élargir en notre particulier, et a faire en sorte par nos sollicitations, quand Dieu nous en ouurira l'occasion, que notre prochain Synode exhorte puissamment toutes les Eglises de cete prouince a s'élargir autant qu'il leur sera possible, es entrailles de la charité chrétiene, en votre endroit, pour soulager votre nécessité par cete subuention, que nous iugeons assez ne pouuoir pas roieus être employée. Encore vn coup, faites nous la grâce d'asseurer de ces choses en notre nom tous les fidèles qui composent le corps entier de vos troupeaus, que nous saluons très humblement, leur soubaitans les plus douces consolations du S^ Esprit , et toutes les bénédictions du ciel en haut, et de la terre en bas, que Dieu peut enuoyer à ses enfans en sa faneur paternelle. Nous lui demandons de toutes nos affections les mêmes grâces pour vous, et le prions de vous revêtir particulièrement de sa vertu d'enhaut, pour vous fortifier puissamment et dans les trauaus extraordinaires que uous auês maintenant à soutenir pour son œuure, et vous protestons que nous sommes très sincere.inent.

Messieurs et très honorés frères,

Vos très humbles et très obéissants serniteurs et frères au Seigneur les Pasteurs et Anciens de l'Eglise Reformée de Castres et pour eus

D. Boudé? p. Doules, Past.

BoNAFOus, p. J. Yerdier, pasteur.

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