‹ Histoire des áglises réformées du pays de GexChapitre 2 sur 25 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les luttes et les souffirances des protestants français ont trouvé, depuis quelques années, de nombreux historiens. Des plumes éloquentes ont ti*aité, avec un succès justement mérité, l'histoire des Eglises réformées de France, soit dans son ensemble, soit dans ses parties les plus saillantes. Cependant, à côté de ces importants travaux, il reste encore place pour des études plus modestes, et certains détails d'arrière-plan, dignes d'intérêt, quoique secondaires, peuvent être utilement rassemblés dans une chronique locale. La précieuse collection de documents dont la Société de THistoire du protestantisme fi-ançais a entrepris la publiciition am'a certainement pour effet de multiplier ce genre de recherches; toutefois, jusqu'à présent, les monographies sont en petit nombre, et l'histoire particulière des Eglises est encore peu connue. C'est à combler, au moins en partic , mic des lacmies que nous venons de signaler qu'est destmé ce ti'avail.

L'histoh-e des Eglises dont nous allons reti'acer les luttes se distingue, au reste, sous plus d\m rapport, de celle de

leurs fiœui's des auti'es provinces de la France ; réunies fort tard à ces dernières , les Églises du pays de Gex essuyèrent, avant la plupart d'entre elles, les orages de la persécution. D'ailleurs, c'est à Genève et à la Suisse que le pays de Gex s'est toujours rattaché comme à son centre naturel ; c'est à la Suisse que les Eglises réformées de cette petite province durent surtout leur existence, et, pendant longtemps, leur conservation; c'est en Suisse enfin que la plupart des détails qui se rapportent à leur histoire ont été conservés et que nous avons pu les recueillir.

Le présent ouvrage n'est, au fond, que le développement d'un travail moins étendu sur le même sujet, rédigé, il y a quelques années déjà, par M. le pasteur F. Naef et par l'auteur de ces lignes, et dont diverses circonstances empêchèrent alors la publication. M. Naef ayant été appelé à quitter Genève pour exercer son ministère dans le canton de Vaud, un certain nombre de documents très-importants nous furent signalés depuis cette époque, et nous nous décidâmes à entreprendre seul de nouvelles recherches. Nos investigations eurent pour résultat de nous conduire à refondre eu grande partie le travail primitif, dont l'étendue fut doublée, et qui devint ainsi, en quelque sorte, un ouvrage nouveau. Toutefois, en donnant à cet essai sa forme actuelle, nous avons largement profité des études consciencieuses précédemment faites par M. Naef, qui a eu l'extrême obligeance de laisser à notre disposition les nombreux matériaux qu'il avait rassemblés lui-même. Nous nous empressons de reconnaître tout ce dont nous sonunes redevables à notre excellent ami et collaborateur, et nous avons d'autant plus de plaisir à lui présenter ici nos remercîments, que la pubhca-

tion d'une Histoire abrégée île la Reformations ouvrage qui a été couronné par la Société des Intérêts protestants de Genève, a valu tout récennnent à M. Naef les témoignages les plus honorables d'approbation et d'estime, et vient de le faire connaître au public de la manière la plus avanta* geuse.

Le plan que nous avons suivi est moins celui d'une histoire proprement dite que celui d'une simple chronique. Bien que nous n'ayons point cherché à déguiser nos sympathies, nous nous sommes proposé moins de juger les faits que de les rémiir et de les raconter avec impartialité. En privant notre travail d'un élément de succès qu'il eût peut-être emprunté à une forme différente, ce point de vue nous a fait une loi de remonter aux sources, de nous attacher aux documents, et de reproduire textuellement, soit dans le corps même de l'ouvrage, soit dans les notes et dans les pièces justificatives qui l'accompagnent, ce qu'ils nous paraissaient offrir de plus digne d'intérêt

Nous ne terminerons pas sans exprimer notre reconnaissance aux personnes très-nombreuses qui ont bien voulu faciliter nos recherches ou nous aider de leurs conseils. £n particulier, M. le professeur Chastel, dont nous avons souvent sollicité les directions, nous a toujours accueillis avec une bienveillance dès longtemps connue de tous ceux qui recourent à sa vaste érudition, mais à laquelle nous n'avons pas été pour cela moins profondément sensibles. De précieuses indications relatives à des documents conservés dans les archives de Zurich et de Berne nous ont été données par le savant éditeur de la correspondance de Calvin, M. Jules Bonnet^ que ses importants travaux sur l'histoire religieuse

du seizième siècle ont famiKarisé avec les principales collections historiques de la Suisse. MM. les archivistes d'Etat de Zurich, de Berne et de Genève, et notamment M. l'ancien archiviste Sordet, nous ont prêté leur concours avec une parfaite obligeance. Enfin, nous avons toujours trouvé chez MM. Archinard, pasteur et archiviste de la Vénérable Compagnie de Genève, Ed. Mallet, Pictet de Sergy et Th. Heyer, le plus aimable empressement à nous guider dans nos recherches ou à nous communiquer des renseignements dont nous avons été heureux de faire usage.

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