‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 110 sur 190 · On Castehmudarri · texte numérisé non relu

On Castehmudarri

est rejeté dans ses murs. Le comte Ramon dresse un trébuchet qui fracasse une tour. Simon -voulut aller détruire ce terrible engin. On l'en empêcha. Toulouse triomphait : des châteaux, des bourgs, des monastères même revenaient à Ramon VI. On abandonnait le chef de la croisade.

Montfort envoya Gui de Lévis pour lever les milices de Carcassonne et-de Béziers. Le maréchal revint seul. Gui et Matthieu de Montmorenci y retournèrent avec menaces. Les peuples ne bougèrent pas. Narbonne* seule répondit qu'elle marcherait, mais sous le commandement de son vicomte. Améric refusa. Les deux chefs croisés rassemblèrent un millier d'hommes ; ils se débandèrent à Carcassonne. Montfort, Bouchard de Marli et l'espagnol Algaïs laissèrent la comtesse toute seule à Lavaur. Guillaume Las alla recruter du côté de Fanjaus. Il voulut livrer Gui de Lévis au comte de Foix. Enfin Gui, Bouchard, Algaïs, le fils du châtelain de Lavaur, l'abbé de Castres, l'évêqué de Cahors, finirent par rassembler un renfort considérable. Après leur jonction, ils prirent par Saissac, château de Bouchard. Gui de Lucé, le châtelain de Melphe, le vicomte d'Onges et quarante chevaliers vinrent à leur rencontre de Castelnaudari.

Ramon et Savari gardent le camp, et le comte de Foix va s'embusquer sur le passage des croisés. Il les attend à Saint-Martin des Landes, puis à Las Bordas, à une lieue de Castelnau. Les croisées arrivent lentement; lavant-garde évente l'embuscade et recule sur le corps principal. Le comte de Foix partage ses troupes en trois corps. Il commande le

centre; son fils Roger-Bernard, et Gérard de Pépios, un Lautrec, conduiront les ailes. Le vieux comte reçoit le choc des croisés. Il les culbute, et Algaï? commence la débandade, qu'il livre à l'infant et à Pépios. Il voit un corps retiré à Las Bordas. Il le sabre, et Pépios, alors à Pavant-garde, transperce d'outre en outre un baron français qui veut l'arrêter. « Le comte de Foix ne cessait d'abattre et de tuer ; tous ceux qui le voyaient venir lui faisaient place ; on ne pouvait endurer les grandes alarmes qu'il causait; car « c'était un';des vaillants qui fussent alors dans le monde.1 » «0 Seigneur! s'écrie le troubadour contemporain , écoutez maintenant des batailles telles que vous n'en entendites d'aussi fières depuis le temps de Roland et de Gharlemagne, quand il vainquit Aigoland et conquit Galiane, la fille du roi Bramant, sur Galaffre, le courtois émir de la terre d'Espagne ! 2» Bouchard s'en venait à travers la plaine vers Castelnau. Mais voici que le comte de Foix lui barre le chemin. Il ne les prise pas plus qu'une châtaigne pour la bravoure, « Barons, s'écrie-t-il, qu'il n'en reste pas un seul de cette race étrangère, et que leur sort épouvante la France et l'Allemagne. Nous allons les corriger ! » Devant Bouchard se lève un aigle; il vole de la gauche vers la droite, luttant contre le tourbillon. « Sire, dit Algaïs, crédule aux présages comme tous les Espagnols, par saint Jacques, nous serons vainqueurs ! Le champ de bataille nous restera; mais vous recevrez grand dommage. » — « Je tiens à néant cet augure,, répond Bou-

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