‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 115 sur 190 · Pierre de Vaux-Cernay, chap · texte numérisé non relu

Pierre de Vaux-Cernay, chap

2, Guilhem de Tudelle.

Montfort arriva le dimanche 3 juin 1212, et planta ses pavillons. Puis il s'établit dans le bourg abandonné. Le combat commença sur ses décombres fumants. Bausas, Bovon, Montfavans, descendirent du donjon et s'efforcèrent de déloger les Français. Ce fut d'abord un combat d'arcs et de flèches. Les croisés se maintinrent dans le bourg incendié, et sur ses charbons noircis établirent leurs engins. Les assiégés leur opposèrent d'autres machines. Au combat des arbalètes succéda la bataille des calabres. Des deux côtés, les pierrières gesticulantes lançaient des grêles et des tempêtes de cailloux qui, s'entreheurtant, étincelaient dans les airs. Mais ces rochers entamaient à peine le granit des remparts. Les croisés tentèrent une escalade. Les faidits les refoulèrent, poursuivirent les fugitifs jusque dans le camp, et tâchèrent d'incendier les machines chauffées par le plus ardent soleil. Montfort parvint cependant à sauver ses engins dont les grands squelettes grinçaient, rugissaient, et crachaient leurs flots de pierres, avec leurs nuées de flamme et de fumée, contre la noble et immuable citadelle. Ce furent pendant trois mois les mêmes choses, les mêmes mêlées, les mêmes combats monotones. En vain l'évêqueGui de Vaux-Cernay et son neveu Pierre l'historien haranguaient les assaillants. . Les alertes étaient tellement fréquentes que ces moines n'avaient pas un instant pour leurs repas ou leur repos. Ils étaient grillés par la canicule sur ce roc nu. Montfort comprit enfin qu'il n'avait pas assez de monde pour étreindre la puissante Penne. Il appela des Pyrénées le prince de Sidon, son frère.

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