Innoc Iir. Epist
jeune vicomte de Carcassonne, en cligne fils de la courageuse Aladaïs et du magnanime Talhafer, se prononça chevaleresquement pour la guerre et nous devons penser que son avis fut partagé par ses illustres oncles, les belliqueux comtes de Gommenges et de Foix. Ce dernier avait recueilli dans ses montagnes le meurtrier de Pierre de Castelnau, et constamment refusé de livrer ce chevalier fugitif aux légats irrités d'Innocent III. Mais le comte Ramon, leur suzerain, opina pour la soumission et pour l'avis, probablement perfide, du roi de France. Les princes se séparèrent sans pouvoir se concerter pour la défense commune; les barons de montagne allèrent se fortifier dans leurs châteaux, tandis que leur chef se rendait à Valence où l'avait cité le légat Milon. Là, se mettant à genoux, les mains dans les mains de Milon, le trop faible comte prêta serment en ces termes 1 :
« Je, Ramon, par la grâce de Dieu, duc de Narbonne, comte de Toulouse, marquis de Provence, me remets moi-même avec sept châteaux, savoir ; Oppède, Montferrand, Balinas, Mornas, Rocamaura, Forças et Fanjaus, à la miséricorde de Dieu, et au pouvoir absolu de l'Église romaine1. » Milon envoya Thédise prendre possession de ces châteaux et descendit à Saint-Gélis pour réconcilier à l'Éylise le comte de Toulouse (18 juin 1209). Là, escorté des trois archevêques d'Arles, d'Auch et d'Aix, et de dix-sept évêques des deux bords du Rhône, Milon, dans toute sa pompe pontificale, se rendit sous le vestibule