‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 15 sur 190 · P de Vaux Cirnav, ch. XII · texte numérisé non relu

P de Vaux Cirnav, ch. XII

il IST01HE DES ALBIGEOIS

Dès qu'Innocent III appritce qui s'était passé à Saint- Gélis, il se hâla d'écrire au comte pour le féliciter. « Nous nous réjouissons dans le Seigneur, et dans la force de sa grâce, de ce que malgré tout cequ'on avait publié, et qui paraissait nuire extrêmement à votre réputation, vous vous êtes enfin soumis entièrement à nos ordres, et que vous avez donné toutes les cautions que notre cher fils Milon, notre notaire, légat du saint-siège apostolique, vous a demandées. Ainsi au lieu d'un sujet de scandale que vous étiez auparavant, vous êtes un modèle à suivre, de sorte que la grâce du Seigneur paraît avoir opéré merveilleusement en vous1. » Enfin, Innocent III écrivit à Milon pour lui témoigner sa satisfaction des résultats inespérés de sa légation. Cependant Milon, Thédise, les évêques de Saint-Gélis allèrent à la rencontre de la grande colonne de l'ost de la croix qui de Lyon descendait par la vallée du Rhône. Le comte de Toulouse les y suivit. Ainsi ce prince pacifique, par une défaillance de cœur, entraîna dans un abîme d'humiliation, lui, sa race, son peuple, qui ne se relèvera que par les plus longs et les plus constants efforts, et qui ne triomphera enfin que pour mourir. Mieux valait d'abord une résistance et un trépas héroïque.

La grande colonne de France, rassemblée à Lyon, s'achemina par la vallée du Rhône, et descendit la rive gauche du fleuve. Quel chaos que cette armée de la croix! Quelle ignoble et magnifique cohue que cet ost, qui s'intitulait la milice de Christ.

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