‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 163 sur 190 · Peyronella, Peyrona, Pétronille; même nom · texte numérisé non relu

Peyronella, Peyrona, Pétronille; même nom

elle pouvait donc être la mère de son époux. Le comte de Commenges, son père, ne lui donna certes pas son consentement. Montfort savait, au besoin, se mettre au-dessus de la raison, de l'Église et de la nature. Les évêques, à son commandement, outragèrent la terre et le ciel. Rome se tut. Trois barons du Bigorre assistaient comme témoins à ce mariage bigame, qui déshonorait et asservissait le Bigorre; il faut citer leurs noms : Bernard de Gastelbajac, Guillaume de Barbezieux et Ramon Garsias de Lérida. Des seigneurs du Bigorre firent hommage au mari de Pétronille; mais les fiers barons des hautes cimes refusèrent de rendre le château de Lourdes, clé des vallées du Bigorre et du Béarn, et porte de l'Àragon. Montfort essaya vainement d'escalader ou de pulvériser, avec ses calabres, sur son piédestal de rocher, la magnanime forteresse qui commande son bassin triangulaire, du sein des nuées. Lourdes acquit alors l'honneur d'être, avec Montségur et Castelbon, un des trois asiles inviolés de l'indépendance pyrénéenne *.

Montfort, n'ayant pu prendre cette porte de l'Aragon, fit un bond de 30 lieues vers l'est pour se rendre maître des portes de la Catalogne. Car, d'après un mot d'un poète, il semble que, affermi dans Toulouse, il eût voulu envahir l'Espagne et renouveler le droit carlovingien jusqu'aux Marches de l'Èbre.

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