‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 162 sur 190 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Intervention de l'abbé de Saint-Sernin et de l'évêque. — Ils promettent le pardon du comte. — L'évêque, par trahison, livre la ville à Montfort. — Incarcérations, supplices. Destructions des tours. — Fuite d'Améric de Roaïx. — Il rassemble les exilés dans les Pyrénées. — Gémissement du poète sur Toulouse.

CPAPITRE VI

Guerre de Montfort dans les Pyrénées. — Il marie Gui, sou deuxième fils, à Peyronella de Bigarre et assiège le château de Lourdes. — Il cherche querelle au comte de Foix et assiège le château de Montgrenier. — Il cède à l'évêque de Saint-Lizier cette ville gardienne du port de Salao. — 11 prend divers châteaux du Termenois, occupés par les faidits.

Toulouse domptée, Montfort se porte sur les Pyrénées pour en barrer les portes et rejeter les faidits en Espagne. Il pressentait que c'était des montagnes que viendrait la Délivrance. Il se rend à Commences. L'évêque est le gardien du Val d'Aran. De là il passe à Tarbes. Il va marier son fils Gui à Peyronella de Bigorre. Le Bigorre, borné au sud par les Pyrénées, à l'ouest par le Béarn, au nord par l'Armagnac, à l'est par l'Astarac, le Nébouzan, les quatre vallées, a du sud au nord quinze lieues de long sur sept de large environ. Son nom est ibère, comme son peuple, et signifie les Hauts-Etangs. Il a effectivement les sources de l'Adour et del'Arni et le cirque célèbre aux douze cascades. Il possède aussi es plus hautes cimes : le Meddio, le Marboré, le

Vignemal. Sa capitale pastorale est Tarbes, déjà connue du temps de César. Les comtes de Bigorre formaient un rameau de ce faisceau de princes cantabres issus d'Aitor, leJaonna d'Aquitaine vainqueur des Maures. Ses descendants, refoulés par Charlemagne dans les Pyrénées, s'allièrent aux maisons de Béarn, de Commenges et même d'Aragon. Béatrix 111 de Bigorre épousa Bernard V, comte de Gommenges, cousin par sa mère du comte de Toulouse et des fils de Noureddin, sultan d'Alep. Il eut de ce mariage Peyronella1, qui succéda, tout enfant, à sa mère, sous la tutelle d'Alphonse II, roi d'Aragon. Ce roi la fiança à Gaston VI, vicomte de Béarn (1192). Gaston mourut en 1215, et Peyronella épousa en secondes noces Nunez-Sanche, comte de Cerdagne. C'est à ce prince de la maison de Roussillon et d'Aragon que Montfort résolut de l'arracher, pour la marier à son second fils Gui, qu'on appelait Guiot pour le distinguer de son illustre parrain, le prince de Sidon. Nuîiez, à ce qu'il paraît, ne protesta pas ; Peyronnella se laissa faire, encline au changement. Il se trouva cinq évêques, ceux de Tarbes, de Gommenges, de Conserans, d'Aire, d'Oléron, et trois chefs d'abbaye, ceux de Glairac, de Saint-Savin et de Saint-Pierre de Gennerez, approuvés par l'archevêque d'Auch, pour dénouer ce mariage catalan et renouer ce mariage français. Des bras de Sanche elle passa dans les bras de Gui; elle eut ainsi deux maris vivants. Guiot était un adolescent, elle avait vingt ans de mariage ;

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