Bouges. — Mayrevielle. — Viollet-Leduc
■'il
nelle signala un nuage immense de poussière qui tourbillonnait jusqu'au ciel, et d'où les rayons horizontaux du soleil couchant, réverbérés sur les armures, faisaient jaillir, des éclairs et comme des langues de foudre. C'était la croisade : la nouvelle du massacre de Béziers la devançait ; l'horreur était dans Carcassonne. Le vicomte se tenait aussi sur les créneaux du donjon, furieux et désolé de l'égorgement de son peuple. * Il est jeune, aimable, et aimé de tous; ses vassaux n'ont de lui ni défiance ni crainte; ils jouent avec lui comme avec leur compagnon; il est homme de grand cœur, et le monde, si étendu qu'il soit, n'a pas de chevalier plus preux, plus libéral, plus courtois, plus avenant. Je ne le vis qu'une fois, c'est lorsque le comte Ramon, son oncle, épousa la bonté et la beauté même, avec doua Eléonore, infante d'Aragon > Ce prince avait vingt-cinq ans; enfant, il avait perdu son père, TaU hafer (1192); adolescent, il avait enseveli sa mère, Alad;iï3 (1 199) ; et, par une tendre et triste précaution, il venait d'envoyer sa femme Agnès avec son enfant à la mamelle, sous la garde de son héroïque parrain, dans l'inexpugnable donjon deFoix. Hélas! il ne devait plus les revoir ! Il allait périr la première et la plus noble victime de la ruine du Midi!
Dès que du haut de sa tour il aperçut l'ost ennemi : « — Barons, s'écria-t-il, montons sur nos chevaux arabes (alférans). Soyons quatre cents chevaliers aux coursiers les plus rapides et sortons de la cité. Avant le coucher du soleil, nous aurons déconfit