‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 33 sur 190 · P. de Vaux-Cernay, xvn · texte numérisé non relu

P. de Vaux-Cernay, xvn

C'est une tour roulante sur quatre roues, dont la charpente est recouverte de peaux de bœufs. Cet engin, qui tire son nom de son allure sournoise et de son dos revêtu de poil, attacha les pionniers à la muraille. 11 fat aussitôt écrasé et incendié sous une horrible pluie de solives, de cailloux, d'huile bouillante et de feu grégeois. Mais les mineurs, déjà blottis dans le creux du rempart, continuèrent toute la nuit leur travail souterrain. A l'aube, le rempart déraciné s'écroula avec un effroyable fracas , et l'ost catholique s'élança par cette brèche dans le faubourg septentrional. Le vicomte, par la rampe en zigzag suspendue au flanc du rocher, remonta dans le château, puis redescendant de ses tours fondit sur les ennemis occupés au pillage, incendia le faubourg qui les eût abrités et renferma son ost et la défense dans la cité haute

Cependant le roi d'Aragon, qui s'était, aux premiers mouvements de la croisade, rapproché des Pyrénées , instruit du sort lamentable de Béziers, accourut pour sauver Carcassonne et intercéder en faveur de son beau -frère, le vicomte Ramon Roger. Escorté de cent chevaliers aragonais et catalans, il descendit le long de l'Aude, qui vient de Cerdagne, et entra dans le camp à l'heure où les croisés prenaient leurs repas. A la nouvelle de son arrivée, princes, chevaliers et soldats vont à sa rencontre et lui disent courtoisement : Seigneur, soyez le bienvenu ! Mais le roi se rendit vers la tente magnifique du comte de Toulouse, dressée dans un pré, sur la

Page 1