‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 42 sur 190 · Innocent III, liv. XXII, épist · texte numérisé non relu

Innocent III, liv. XXII, épist

et jeter, comme un chien, dans le Tibre, le cadavre mutilé de l'infortuné pontife souverain Formose (896), Portugais, ancien nonce en Bulgarie, et peut-être suspect de catharisme !. Tel était l'état intérieur de Garcassonne, si heureuse naguère sous le poétique sceptre des Trencabel.

Cependant les habitants évadés par le souterrain vicomtal, ou expulsés par la poterne du Rase'z, s'étaient enfuis vers Toulouse, vers le comté de Foix, vers la. Catalogne et l'Arâgon. Ils racontaient, sur leur passage, l'incarcération du prince, le pillage de la cité, les gibets des citoyens, les bûchers des vivants et des morts. Leur nudité était l'emblème du sort réservé à tout un peuple. Dans leur fuite, ils portèrent avec eux la terreur de ville en ville, de bourgade en bourgade, de désert en désert, jusqu'aux cimes les plus sauvages des Pyrénées.

La croisade fut donc l'œuvre d'Innocent III. Il la bénit du haut du Vatican. Il lui donna son archilégat, l'abbé de Cîteaux. Il investit son généralissime, Simon de Montfort. Il la dirigea par ses nonces, la recruta par ses évêques. Il confirma son triomphe impie dans le concile œcuménique de Latran. Donc, l'anathème du genre humain, ou plutôt l'immense pitié du monde, doit retomber tout entière sur la tête de ce vice-Dieu.

1 Fleury, t. XI, 132, 134, 581, 607, 610, etc.

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