Béli Cartha, cité de la Itine
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et des bercails des Bélissen. C'était à la fois une demeure féodale et patriarcale, comme il convenait à la tribu des Fils de la Lune. Un fossé sec le protégeait à l'est, au nord et à l'ouest, où s'ouvrait la porte munie de son pont-levis, et se perdait dans l'escarpement du sud, au pied duquel s'allongeait le bourg. Ge bourg, rétréci entre la colline et le gave, s'adossait au château et baignait ses pieds dans le torrent; de là son nom de Mirapiscis oxx. Mirapéis, qui rappelait sans doute aussi mystérieusement l'ancienne Bélicerte, adoratrice de Dagon, le dieu-poisson de la Phénicie. La forêt de la Béléna, ou bocage de la Lune, formait une ceinture au bourg et au donjon des Bélissen. Mais Mirepois avait vu le poisson céleste; il avait jeté ses rets dans les gouffres de l'azur, et il y avait péché le Christ alexandrin. De là sa gloire nouvelle de métropole cathare, de la tenue d'un synode johannite et de la résidence du patriarche Gaucéli 1 . Peut-être Montfort crut-il y surprendre cet hérésiarque, ses archidiacres et ses chevaliers. Tout au moins tenait-il à grand honneur d'occuper cette métropole du Paraclet. Probablement il s'attendait à quelque rude combat. Mais GuideLévis, commandant de son avant-garde, entra sans coup férir, à ce qu'il paraît, dans le château vide et le bourg désert. Où donc étaient les fils de. Bélissen? Autour du comte de Foix, qui tâchait d'organiser la résistance dans les montagnes avec le roi d'Aragon.
Mirepois, sur la rive droite de l'Ers, formait l'ex-
1 Doat, passim.
HISTOIRE D IÏS ALBIGEOIS
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trômité du territoire de Garcassonne. Mais le dernier vicomte l'avait cédé tout récemment à son parrain, le comte de Foix. De sorte que cette agression de Montfort était une attaque contre un prince ami et la violation du traité de Preixan. Montfort, ne trouvant personne dans ce repaire à' hérétiques, et de routiers, guerroya contre les maisons. 11 détruisit probablement le temple, les écoles, les hospices, les ouvroirs, brûla les morts avec ce qu'il put trouver de vivants et marcha rapidement sur Pamiers, après avoir donné le manoir des Bélissen à Gui de Lévis, le maréchal, dont les descendants y resteront campés pendant six cents ans l.
Six lieues séparent Mirapéis du Castellar et de la cité de Pamias. Les légats, pendant les conférences, avaient essayé de détacher des cathares les seigneurs pyrénéens, l'abbé de Gîteaux par la terreur, l'évêque de Toulouse par la séduction.- Ils avaient déjà débauché Campranhan. Foulque dit à Adhémar de Rodelha : Rompez avec les hérétiques. — Nous ne le pouvons pas, répondit le sage et noble Adhémar.' Ils sont nos parents, nos amis. — En effet, toutes ces familles chevaleresques étaient unies et entrelacées comme un tricot de mailles de fer. Nous allons le prouver pour les Bélissen que Montfort refoulait devant lui. Le mélange des terres montre la promiscuité des races. Les Fils de la Lime formaient un tronc paternel : les Pierre-Roger de Mirepois. La tige produisait trois rameaux : les Arnauld-Roger,
,1. P. de Vaux-Ceriiay, XXIV.
les Batalha et les Fanjaus. Les Pierre-Roger étaient alliés au Ravat par Ava, leur aïeule, et aux Durfort par une bisaïeule, Bélissenda. Les Arnauld-Roger étaient unis aux Peyrella, aux Massabrac; les Batalha, aux Ventenac et aux Castelverdun; les Isain de Fanjaus aux Prouille, aux Ferrand, aux Festa. Les branches féminines étaient innombrables. Les Durfort étaient alliés aux Villemur de Palhers , de Saverdun, de Marcafaba; et, dans leur voisinage, aux Marlhac, aux Justinhac, aux Canté, aux Cincte-Gabelle. Us étaient co-seigneurs de Saverdun , de Belvèse et de Fanjaus. Les Durfort étaient alliés à la maison de Foix par Amalia, femme de Roger II, et les Villemur par N., dame de Marcafaba, sœur aînée du comte Ramon -Roger. LesBélissen, en se retirant devant Montfort, trouvaient, au pied des montagnes, les Peyrat, les Peyréla, les Peyrota, les Lera, les Bélesta, les Lavelanet, les Lantar, lesArvinha, les Vernholas et les Mauléon1. 11 est probable que cette chevalerie, si nombreuse et si guerrière, ne laissa pas, sans l'attaquer, passer Montfort dans la forêt de Bolbone. Les Durfort et les Villemur la reliaient aux comtes de Foix, et le prince aux races comtales de Carcassonne, Gommenges, Conserans,'Palhars, Andorre et la dynastie royale d'Aragon. L'albigéisme chevaleresque et cathare ressemblait à ces figuiers" gigantesques de l'Inde, dont les branches flexibles, retombant et s'enracinant au sol, forment autour du tronc central des arcades, des portiques, des dômes, où