Ourgaud : gravures
de verts potagers, et rejoint le gave qui poursuit vers le nord son cours naturel et sauvage. Montfort mit pied à terre au monastère de Saint- Antonin, assis sur la rive droite de l'Ariège, en face du monticule de l'autel druidique du Tonnerre. L'évèque de Toulouse, qui trahissait Ramon VI, vint à la rencontre de Simon ; etFolquet, l'abbé Vidal, la multitude monacale, accueillirent comme un sauveur le chef de la croisade, qu'ils appelaient le comte du Christ. De l'abbaye ils descendirent le lendemain vers Pamiers, et par la porte de l'Olmet, ainsi nommée d'un orme antique qui en ombrageait l'arc massif et crénelé, Vidal, au nom de saint Antonin, l'introduisit dans la cité, puis dans le Castellar, l'en nomma seigneur et châtelain, en le substituant aux comtes de Foix. Vidal s'étant assis sur son trône, le conquérant mit un genou en terre, une main dans celles de l'abbé et l'autre sur les Évangiles {.
« Au nom de notre Seigneur, dit le cénobite, moi Vidal, abbé administrateur de l'Église de Frédélas, du conseil de nos clercs, et des autres fidèles et amis de notre Église, je te concède, à toi, Simon, seigneur de Montfort, comte de Leicester, par la grâce de Dieu, vicomte de Béziers et de Garcassonne, ce château de Pamiers, avec la forteresse et les forteresses qui y sont ou seront dorénavant, et toute la ville, tant la vieille que la neuve adjacente à ce dit château de Pamiers; afin que tu demeures le fidèle gardien de ce château et de la villa de