P. de Vaux-Cernay, chap. xxix
2. C'est faux, et Moutl'ort va être démenti tout à l'heure par les légats Amalric et Milon.
gouverner un pays dévasté par la guerre. Les hérétiques m'ont abandonné des châteaux vides ou ruinés; ils n'ont conservé que les plus forts. Il faut les assiéger, et c'est à peine si, même avec une double paye, je puis retenir quelques soldats. Pour mériter votre bénignité, j'ai imposé trois deniers de cens annuel sur chaque maison, en faveur de l'Eglise romaine. J'ai ordonné qu'à l'Église également fussent payées les dîmes détenues par les hérétiques. Ainsi, après avoir ordonné toutes choses pour l'honneur de Dieu, suivant mon pouvoir, je supplie Votre Sainteté de vouloir bien me confirmer dans la possession de ce pays, qui m'a été donné, et à mes héritiers, de la part de Dieu et de la vôtre, par l'abbé [de Gîteaux, votre légat, du conseil de toute l'armée, et d'accorder une pareille grâce à ceux qui, ayant participé au labeur de la conquête, ont reçu ,. selon leur mérite, une portion du territoire. » Il termine par des louanges de l'abbé de Gîteaux, et lui recommande son envoyé, Robert de Mauvoisin *.
Amalric et Milon, réunis à Garcassonne, écrivirent en même temps à Innocent III. Ils rendent compte des succès inouïs de la croisade, racontent le sac de Béziers, la prise de Garcassonne, l'élection de Simon de Montfort, l'impôt frappé en faveur de l'Église romaine, et demandent que ce pieux et invincible chef soit confirmé prince du pays conquis. L'ost s'est retiré, après avoir fait en deux mois plus qu'on n'eût osé espérer en deux ou trois ans. Mais il est resté auprès du chef un si grand nombre de vaillants cheva-