‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 66 sur 190 · G. de Tudelle, str. XXXVIII, v. 865, et XLV · texte numérisé non relu

G. de Tudelle, str. XXXVIII, v. 865, et XLV

2. Chronique en prose: « fouc Lruch per tota la terra que lodit comte l'avia fait morir. »

tacle lamentable. J» Ainsi s'exprime, plus d'un siècle après, un chroniqueur encore ému de cette grande douleur nationale. Ce jeune prince, le seul dont lè cœur n'eût point défailli devant la croisade, resta le martyr le plus pur, le plus gracieux et le plus chevaleresque de la patrie romane.

Montfort fit à sa victime de magnifiques et mensongères funérailles. Mais tout porte à croire qu'après cette pompe religieuse, il fit disparaître le cadavre. Il voulait bien que le peuple fût assuré de son trépas, mais devait craindre que son patriotisme vînt se raviver sur sa tombe. Son corps fut probablement réduit en cendre, et cette cendre enfouie dans le mystère de quelque fond de tour. On n'a du moins jamais retrouvé aucun vestige de ses restes ni de son sépulcre2. Ainsi périt Raraon-Roger, comte de Carcassonne, vicomte de Béziers, d'Agde, du Rasez, de l'Albigeois, du Lauragais,.du Menerbois, du Termenois, neveu du comte de Toulouse, petit-neveu de Philippe-Auguste, beau-frère du roi d'Aragon, parent de tous les princes romans. Bercé par sa mère Aladaïs parmi les boucliers des paladins et les harpes des troubadours, allaité par la chevalerie, la poésie et l'amour, et digne de tant de gloire et de félicité, il mourut captif par félonie, tué par trahison, et dépouillé de tout, même d'un tombeau.

C'est alors aussi que s'éteignit le vieux Gaucéli. Son épiscopat résume trois grandes choses : le sy-

1. Chronique romane, livre II. Laquala causa fouc fort lamentosa a vese.

Page 1