‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 69 sur 190 · Guil. de Tud. Strophes XLIII et XLIV · texte numérisé non relu

Guil. de Tud. Strophes XLIII et XLIV

2. Guil. de Tud. Strophe XLVI. Non pas de la MaVaria, car c'était l'hiver.

Montfort, en son absence, continuait sa conquête. Il pressait le roi d'Aragon de recevoir son hommage pour la vicomté de Garcassonne. Le monarque éluda, puis lui donna rendez-vous à Narbonne, et de là ils se rendirent, pour conclure, à Montpellier. Pendant quinze jours il le tint en suspens, puis rompit brusquement, et donna le signal de l'insurrection aux princes pyrénéens. Simon rencontra dans cette ville Agnès, vicomtesse de Garcassonne. Elle avait, nous l'avons vu, transporté son enfant dans les tours deFoix. Femme vulgaire, elle se trouva bientôt dépaysée au milieu de ces doctes théologiennes et de ces héroïnes chevaleresques. Indigne épouse autant que mère dénaturée, elle abandonna le petit enfant, l'orphelin des Trencabel. De quel cœur cette infidèle veuve osa-t-elle passer devant les tours de Garcassonne où gisaient les cendres encore tièdes de son mari ! De quel cœur osa-t-elle reparaître, dans sa dégradation méritée, aux portes de sa ville natale, d'où elle était sortie pour un hymen si glo ■ rieux ! Elle demanda la restitution de son douaire nuptial, qui était de trois mille sols melgoriens, assignés sur les châteaux de Torvos et de Pézénas ; elle réclama le remboursement de sa dot, de vingtcinq mille sols melgoriens, assignés sur différents fiefs de la vicomté de Garcassonne. Montfort, pour plaire au pape,accorda tout à la catholique Agnès, et Agnès renonça, en faveur de Simon, à tous ses droits sur les domaines du vicomte son époux, et aliéna l'héritage de leur fils, l'orphelin des Trencabel *.

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