Pierre de Vaux-Cernay, XXVIII
geois1, le Macchabée du Vatican. Mauvoisin était porteur de toutes ces lettres à Montfort, aux princes, aux prélats et aux peuples du Midi. Mais il lui fallait recommencer la croisade, et il ne pouvait rien sans l'arrivée des pèlerins du Nord.
Le comte de Toulouse, des bords du Rhin, revint par Paris, pour intéresser à sa cause Philippe Auguste. Mais le capétien lui fit mauvais accueil et le traita, dit-on, avec un dédain superbe 2. 11 lui reprocha, sans doute, ses alliances avec le roi d'Aragon et l'empereur d'Allemagne. Ramon VI revint dans le Midi à travers l'Aquitaine soulevée ; Le peuple devançait le prince dans la guerre. Le comte se joignit au roi d'Aragon et aux belliqueux fils d'Asnar. Ces grands barons sont armés pour venger la mort de leur cousin, l'héroïque vicomte de Cartassonne,. Voilà donc la guerre nationale engagée ; voilà les deux peuples en présence : d'un côté les légions de la croix, de l'autre les phalanges de l'Esprit.
1. Lettres du 11 et 13 nov. 1209. — Dom Vaissette, t, V, p. 142.