‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 80 sur 190 · P. de Vaulx-Cernay, chap. XXXVIII · texte numérisé non relu

P. de Vaulx-Cernay, chap. XXXVIII

et le délégué Thédise arrivèrent à Saint-Saturnin ou Pont Saint-Esprit. Ces juges décidèrent en somme (après force cessions, mutations, restitutions), que le comte ferait hommage-lige à l'évêque, représentant du martyr saint Vincent (Vinctor), et qu'il serait conduit par ce prélat, la chaîne au col, jusqu'à l'autel, baisant l'autel, jurant sur l'autel, et sur les évangiles de Dieu, et se reconnaissant le vassal de son suzerain céleste, dans la cathédrale de Viviers. Le comte de Toulouse se soumit à toutes ces ignominies pour toucher le cœur de ses juges de Saint-Gélis.

Ce concile s'assembla vers la fin deseptembre 1210. 11 fut présidé par l'évêque de Riez et maître Thédise. Le comte se présenta, assisté de Gui Cap-de- Porc1, pour être absous du double crime d'hérésie et du meurtre de Pierre de Castelnau. Il produisit les lettres du .pontife. Quelques évêques se montrèrent favorables à Ramon. Mais Foulques, évêque de Toulouse, était à la tête des opposants. Gui Cap-de- Porc plaida la cause du comte et de l'Aquitaine.

Le concile était partagé. Thédise se leva et dit que le comte n'avait pas tenu ses promesses d'expulser de ses domaines les hérétiques, et que s'il s'était parjuré sur cet article, à plus forte raison il ' se parjurerait sur le crime d'hérésie et sur le meurtre du légat. Il ne méritait donc pas d'être absous. Thédise entraîna le concile. A ces dures paroles, le comte se prit à pleurer. Thédise continua, inexorable: Quand les grandes eaux se déborderaient, elles n'atteindraient pas le Seigneur (Ps. xxxn, 6). Le

Page 1