‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 81 sur 190 · Tudelle, str. LVIII · texte numérisé non relu

Tudelle, str. LVIII

concile se sépara en tumulte, flottant entre l'implacable moine et le prince éploré. Thédise, épouvanté de son audace, crut devoir se justifier d'avoir éludé l'ordre pontifical, et prévenir la plainte du comte au Vatican. Innocent semonça le prince, mais d'un accent adouci, quoique au fond dans le sens de ses légats. Il lui reprocha de n'avoir pas tenu sa promesse d'expulser de ses domaines les hérétiques. Il l'en prie et l'en presse par le péril de son âme, le soin de sa renommée, et la menace de l'anathème. « Exterminez-les, ajoute-t-il, autrement leurs biens seront accordés, par le jugement de Dieu, à leurs exterminateurs. » C'était un tonnerre suspendu sur Toulouse, et l'exterminateur désigné était Simon de Montfort. Le pape, trompé par ses légats, croyait que le comte avait refusé fièrement de se justifier au concile de Saint-Gélis. Le même jour, il écrivit aux comtes de Toulouse, de Commenge et de Foix, pour leur recommander le chef de la croisade *.

Après la prise de Ménerbe, Monfort convoque ses barons dans son palais de Carcassonne. C'était Gui de Lévis, le maréchal; Robert de Mauvoisin, Gui de Lucé, Lambert de Croissi, Guillaume d'Encontre. Thédise l'ingénieur devait être aussi du conseil, et l'abbé de Cîteaux, maître de toutes les affaires du Christ. Ils s'assirent sur des tapis de soie, dit le poète, délibérèrent longuement et résolurent d'assiéger Termés, une autre forteresse de l'hérésie. Après le dîner, Montfort réunit de nouveaux ses lieutenants. Il devait diriger le siège, mais en son

Page 1