‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 92 sur 190 · Don Vaissette, V · texte numérisé non relu

Don Vaissette, V

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qu'à Carcassonne. Quelque volage et répandu en amours que fût ce jeune et chevaleresque prince, il dut pleurer comme père et comme roi le gracieux infant, unique héritier de son sceptre. Amissos queritur fétus implumes. Il alla se consoler à Toulouse auprès de sa sœur aînée, la comtesse Éléonore, et de son beau-frère Ramon VI. L'amitié du comte et du roi fut si peu ébranlée par l'hommage et le mariage extorqués par Montfort que Pierre résolut de redoubler leur vieille alliance, en donnant sa plus jeune sœur, dona Sancha, pour femme à l'infant de Toulouse. L'âge des deux conjoints ne les pressait pas : liamonet avait quatorze ans et Sanchetta en avait quinze, étant fille posthume d'Alphonse II. Mais c'était une alliance de cœur et de race; c'était Toulouse qui s'unissait à Saragosse, l'Aquitaine à l'Aragon. Ce mariage alarma Montfort, irrita l'abbé de Citeaux et souleva une grande clameur des croisés. Ce roi, dit le moine contemporain, ne se rendit pas, et, à juste titre, médiocrement infâme et suspect par sa ligue avec Ramon, qui déjà persécutait ouvertement la sainte Église de Dieu l. Cette persécution consistait à se tenir sur ses gardes. Le comte empruntait de l'argent, levait des soldats et recevait le serment de ses chevaliers. Il se préparait à la guerre, et pour mettre à l'abri sa dynastie et sa capitale, il fit donation à son fils, en le mariant , du comté de Toulouse. Il sentait venir le tonnerre.

De Montpellier, les légats se rendent à Arles, con

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