P, de Vaux-Cernay, XLVII
depuis deux ans, de couper le cou à la patrie romane! Il fallait l'Église pour accomplir ce miracle contre nature et dénaturé. On sent dans cet acte la triple pression du rusé Thédise, du puissant Amalric, de l'irrésistible pontife Innocent III. Le pape avait conservé à Marie l'héritage de Montpellier. Marie, reconnaissante, livra au pape son fils unique, ce fils que son père avait engendré à regret. Et quand Pierre mourra héroïquement, Marie, déjà répudiée, et peut-être à cause de cet abandon de l'infant, se réfugiera au Vatican. Ce n'est donc pas le roi Pierre, c'est la reine Marie qui livra le bel infant, alors avec sa mère à Montpellier. C'est Marie qui, après avoir consenti au mariage , abandonna le petit En Jaicme, âgé de cinq ans, aux légats. En effet, le jeune prince, qui était très beau, fut remis par sa mère aux légats, et par les légats à Montfort, qui l'emmena en otage et l'éleva comme son gendre à Carcassonne. Dans le palais des Trencabel, le blond captif eut pour compagnons d'autres otages, le jeune Améric, dernier fils du comte de Foix, et Pierre Nolasque, fils de don Olivier Gasc des Saintes-Puelles, et neveu de Gui de Saint-André Gap-de-Porc, le grand jurisconsulte, le défenseur infatigable autant que magnanime de la patrie romane. Il paraît que Montfort aurait voulu avoir aussi l'infant de Toulouse, et c'est le martin-pêcheur qui fit fuir le comte Ramon VI du guet-apens de Montpellier l.
Le roi Pierre accompagna son enfant enlevé jus-