‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 105 sur 292 · Dom Vaissette. — Fleury · texte numérisé non relu

Dom Vaissette. — Fleury

thème qui, derrière ces villageois, pouvait aller rebondir sur le Christ. Évidemment quelque mystère se cache sous les réticences et les contradictions du tabellion épiscopal. Olivier me paraît être un baron ; son nom se retrouve héréditairement dans la maison de Penne; il pouvait bien être de cette grande race chevaleresque del'Aveyron. Ses montagnards eurent une contenance superbe devant ces princes de la terre, de l'Eglise et du cloître. Ils se montrèrent doctes, agressifs, guerroyants, plus qu'il n'appartient à des serfs de ce siècle. Ils devaient être des vassaux des Bouches-de-Loup, barons qui portaient sur leur écu le muÛe de cet animal ; ils en avaient l'éloquence fauve, et la dent tranchante 4. Evidemment ils ne se montrèrent si hardis que parce qu'ils sentaient derrière eux les épées sympathiques des seigneurs de Lombers, de Lautrec, d'Arifat, de Rochemaure, de Montredon. Ces épées frémissantes inspirèrent l'audace aux Bonshommes et la prudence aux évêques. Les prélats respectèrent le sauf-conduit, et les sectaires, au lieu de monter sur le bûcher, rentrèrent paisiblement dans leurs forêts.

Qu'étaient-ils donc ces théologiens des bois? Des chrétiens bibliques. Ils voulaient ressembler aux apôtres. Ils remontaient au type immortel du Christ. C'est pour cela qu'ils combattaient l'Église romaine. Leurs juges les appelaient henriciens. Ils pouvaient être en effet des disciples de Pierre de Brueix, ou des compagnons et des précurseurs de Valdo. Vingt

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