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CHAPITRE III

Olivier envoie un message à Constantinople, — Diffusion de l'albigisme en Occident. — Supplice des Cathares de Vézelai. — Arrivée de l'épiscope bulgare Nicétas.

Le concile de Lombers n'arrêta pas les progrès du catharisme. Son anathème le foudroya si peu, que c'est alors même qu'Olivier envoya un message à Constantinople, pour rattacher les rameaux du catharisme d'Aquitaine à leur tronc antique le johannisme d'Orient. C'est alors aussi que ses missionnaires se répandirent dans tout l'Occident. Toulouse continue d'être leur métropole, mais comme l'excommunication de Lombers les chassa de la grande cité, ils se réfugièrent vers les Pyrénées. Ils partent de Gascogne leur séminaire. Les pauliciens apparaissent simultanément en France, en Flandre, en Bretagne, en Bourgogne. Ils engagent une lutte terrible contre l'abbaye de Vézelai, abbaye célèbre où vingt ans auparavant Louis VII et Alphonse, comte de Toulouse, avaient pris la croix, et d'où quarante ans plus tard, partiront pour la Terre Sainte, Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion.

Sur le message d'Olivier, le patriarche bulgare de Gonstantinople fit partir pour l'Occident son acolyte Nicetas. Cet épiscope inspecta dans son chemin les colonies cathares de Roumélie, des bords du Danube, des rives de l'Adriatique et des plaines de la Lombardie1. Pendant qu'il traversait le Rhodope, les Garpathes et les Alpes, une tragédie horrible, première application de l'anathème de Lombers, épouvantait le centre de la Gaule. Vézelai est unô cité construite au sommet d'une montagne comprenant une. abbaye et une commune dans un âpre horizon du Morvan, qui communiquait aux moines et aux habitants, son caractère rude et farouche. Ces moines étaient des marcassins issus du sanglier druidique de l'antiqueBibracte. Après une longue et dramatique lutte entre les comtes et les abbés, les cénobites et les citoyens, la commune avait été dévorée par l'abbaye. C'est après son magnanime trépas, que le catharisme arrive à Vézelai pour consoler son infortune et la retirer du tombeau. Il y fut introduit par Hugues de Saint-Pierre, un riche tisserand du [Midi et chef populaire de cette commune célèbre, qu'il avait organisée sur le modèle des républiques de Toulouse et de Narbonne. Uamistança étouffée, renaissait en Église du Consolateur. L'Église de Famour venait parfumer les blessures des martyrs de la liberté. L'Église allait subir le sort de la commune sa sœur. Ses fidèles furent surpris, mis aux fers* destinés à la mort. L'abbé Pons de 'Montboissier était le cousin cruel du tendre Pierre le Vénérable, abbé de Cluny.

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