Genèse II, 7. — Actes XVII, 28. — Colos. I
simultanéité du fini et de l'infini; comment il justifiait la coexistence de deux essences, dont l'une créée limitait l'incréée, et sortie du néant faisait rentrer l'autre dans le néant; ou qui, infinies Tune et l'autre, n'échappaient au dythéisme que pour tomber par l'absurde dans l'athéisme1. Montboissier, éperdu, s'abrita probablement derrière la décision de l'Église et le silence de l'Écriture. Hugues et ses compagnons furent donc condamnés sur Yunité de la substance et contradictoirement sur la dualité des principes créateurs qu'on prétendait éternels et qu'on appelait calomnieusement deux Dieux, Mais le fier tribun en marchant à la mort put leur crier : « C'est vous qui êtes idolâtres et sanguinaires, mais nous, purs adorateurs de l'Esprit, nous mourons pour le céleste amour. »
Le bûcher s'allumait ; quelques-uns abjurèrent devant le feu. Les autres confessèrent leur foi dans les flammes. • Ce brasier de haine n'épouvanta pas leur foyer de charité; ils furent brûlés au village d'Ascquien sur la pente de la montagne, hameau d'origine ibère, qui servit de bûcher à ces doctrines du midi et de l'Orient. Des plates-formes crénelées de l'abbaye, les primats de Narbonne et de Lyon, Montboissier et les autres chefs cénobitiques purent contempler cet holocauste des plus purs chrétiens et des plus mâles citoyens de Vézelai. On dirait un sacrifice humain offert, sur les dolmens du Morvan, par les druides d'Augustodunum, abolis par saint Amador, rétablis