‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 109 sur 292 · Emile Montégut, le Morvan · texte numérisé non relu

Emile Montégut, le Morvan

qu'au foyer de l'Être. Ils n'admettent qu'une essence, un principe, un, unique, universel, infini, Dieu; et dans ce premier principe, deux principes secondaires agents de la création de l'univers. C'est la question mère et, comme disent les rabbins, le. char [céleste, qui porte le mystère de la création des êtres et des mondes. Telle est la doctrine que, faute d'autres noms connus, nous personnifierons dans Hugues de Saint-Pierre.

Cathares et catholiques partaient de la Bible. Mais le hardi Hugues plongeait au delà de Moïse, Au delà de la Genèse hébraïque, il trouvait une Genèse éternelle dans le sein de la substance. Il tirait le créé de l'incréé, le contingent de l'absolu. Pons de Montboissier soutenait la création ex nihilo. Il défendait la doctrine orthodoxe de la synagogue et de l'Eglise romaine. Les deux systèmes, comme deux fleuves, sortaient de Moïse. Mais ce grand sphinx du désert restait muet. Pons avait pour aïeux des docteurs, des rabbins, même des prophètes. Mais Hugues avait pour ancêtres lesesséniens, les cabalistes, les alexandrins, et Philon et Saûl de Tarse, et le grand Cosmogonie hébreu1. D'après cette théologie origéniste, Dieu, le Christ, Satan, l'homme, la chute, la vie et la mort, tout était renouvelé. Nous sommes ici en plein catharisme alexandrin. C'est un pur panthéisme mystique.

Il n'est point dit comment Montboissier expliqua la

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