Dom Vaissette, V
io8 HISTOIRE DES ALBIGEOIS
toire. L'année suivante (1166) l'archevêque de Narbonne essaya de l'arrêter par le concile de Gapestang ; cette digue fut entraînée comme l'anathème de Lombers; mais après Nicétas et Caraman il emporte tout, il roule comme un fleuve débordé. L'archevêque en est épouvanté; il implore les secours de Louis VII. « La nacelle de saint Pierre est tellement agitée par les héritiques, qu'elle est sur le point d'être submergée. Armez-vous et venez au nom du Seigneur!... » — « Prenez les armes, ajoute la vicomtesse de Narbonne, et venez dans nos cantons ; voua exalterez votre nom dont la gloire est obscurcie parmi nous. 1 * Toulouse semble échapper à la France. Ramon, brouillé avec Louis à cause du divorce de Constance, s'unit au roi d'Angleterre. Les Cathares instinctivement se tournent vers Henri II ; un accord secret s'établit entre les peuples brûlés par les conciles et ce monarque flagellé par les papes. Il ébauchait un grand rôle patriotique à Richard Cœur de Lion (1173).
Le synode de Caraman est une date solennelle de cette histoire. C'est la réponse cathare au colloque catholique de Lombers, qui fut comme la déclaration hâtive de la guerre et de la croisade. Ramon V, favorable au schisme et à l'anti-pape, était sans doute sympathique à l'hérésie2. Remarquons qu'il n'assista pas au synode de Lombers ; Constance y représenta moins son mari que son frère, le roi de France ; le