Gaufrid. Vos. chr., p. 327 etSeq
vicomtesse Aladaïs, fugitive de Burlats, son manoir favori, s'enferme dans Lavaur, principal siège du catharisme dans l'Albigeois. ArnaulddeMarveil, ce troubadour démocrate et patriote, était sans doute auprès de l'héroïne de son cœur et du Midi, Lavaur était la métropole des évêques Ramondi et Baimiac, expulsés de Toulouse. Il est situé, comme son nom l'indique, sur une hauteur (la Baour, la colline), fortifiée de murailles et de tours. La vaillante Aladaïs résolut de se défendre, et ses évêques et ses troubadours enflammèrent le cœur des assiégés. Ils repoussèrent les attaques du cardinal d'Àlbano ; mais, n'étant pas secourue par Talhafer aux prises avec Ramon V, la vicomtesse rendit Lavaur. Elle sortit de son château avec les honneurs de la guerre. Lavaur, à ce qu'il semble, ne fut pas pillé, ni son peuple molesté. Ramondi et Baimiac eurent à choisir entre un canonicat et le bûcher. Ils préférèrent aux flammes la douce et molle existence de chanoine, et ils allèrent s'engraisser, le premier à Saint- Étienne, le second à Saint-Saturnin. Ils disparaissent de l'histoire dans leur lâcheté, s'esquivant de l'indignation de leurs troupeaux, car Lavaur, trente ans plus tard, aura d'héroïques martyrs1.
Albano marcha sur Toulouse. Il terrorisa la grande cité. Il arracha au comte un édit très sévère, dit un moine, contre les hérétiques. Ils furent traqués, incarcérés, spoliés, jetés dans les bûchers. Ils s'enfuirent aux montagnes. Albano, sur les traces des