‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 141 sur 292 · Le Tasse ch. XVIII, 95. XX, 143. Il copie Ramon d'Agiles · texte numérisé non relu

Le Tasse ch. XVIII, 95. XX, 143. Il copie Ramon d'Agiles

aux harpes des poètes. La poésie et la musique leur prêtaient leurs ailes. C'est la plus grande époque des troubadours. Les plus célèbres se firent les clairons de la croisade. De ce nombre, Pons de Capdueil, Pierre Vidal, Gancelm-Faidit, Girauld de Borneil, Pierre Cardinal, et l'illustre Bertran de Born. Les trois chefs couronnés del'expédition étaient si glorieux! l'empereur Barberousse, le roi Richard Cœur de Lion, et, quoique moins sympathique, le roi Philippe -Auguste. Aux nobles sceptres, les grandes harpes. Aussi l'ébranlement fut universel, l'enthousiasme d'abord prodigieux.

Il fallut huit ans pour cet immense armement de l'Europe. L'enthousiasme eut le temps de se calmer et de faire place aux réflexions. Il y eut des calculs, des fluctuations d'esprit, des défaillances de cœur. Ce n'était plus la foi qui entraînait les troubadours., c'était plutôt l'esprit d'aventure, le désir de voir des pays lointains, la Grèce, la Judée, Jérusalem ; le plaisir d'assister aux batailles et d'y glaner des trésors, des perles, des palefrois; d'en faire des récits, des ballades, des épopées, de les chanter dans les châteaux d'Occident et d'obtenir au retour la faveur des dames. C'était quelquefois un deuil, un regret inconsolé, un tombeau qu'on associait au sépulcre du Christ. Pons de Capdueil perdit N, Azalaïs de Mercor, fille de Bernard d'Anduze, et nièce de Na Clara, troubadouresse illustre qui lui avait légué sa harpe Inconsolable de la perte de tant de

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