‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 142 sur 292 · Troub. Sirventes historiques · texte numérisé non relu

Troub. Sirventes historiques

beauté, de talent et d'amour, le chevalier chanta la guerre sainte. Il fit deux appels à la croisade et partit sous la bannière de Richard Cœur de Lion, mais il ne reviendra pas en Occident.

Les troubadours n'ont pas essayé de nous exprimer (ils l'ont cru peut-être impossible) la douleur des épouses, l'agonie des mères dés chevaliers. Mais ils nous font entendre les soupirs des amantes en voyant s'éloigner leurs fiancés qui venaient de prendre la croix. Dans la croisade précédente, saint Bernard écrivait au pape : « Les villes et les châteaux sont déserts, il y reste à peine un homme pour sept femmes ; on ne voit partout que des veuves dont les maris sont vivants *. » A ce féroce enthousiasme du cénobite, Marcabrus, non moins tendre qu'héroïque, vient ajouter l'accent humain, opposer le démenti et le gémissement du cœur.

« Près de la fontaine du verger, le long du sable, à l'ombre d'un arbre fruitier, où chantaient les oiseaux, sur un tapis d'herbes et de blanches fleurs, je trouvai seule (l'autre jour) celle qui ne veut pas mon bonheur,

« C'est une gentille damoiselle, fille d'un seigneur de château. J'imaginai qu'elle était là pour jouir de la saison nouvelle, de la verdure et du chant des oiseaux, et je crus qu'elle prêterait volontiers l'oreille à mes propos, mais il en fut bien autrement.

« Elle se mit à pleurer au bord de la fontaine; et, soupirant du fond du cœur : — Jésus, dit-elle, roi du

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