‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 148 sur 292 · Roger de Hoved. — Rob. Coggh, — Chr. angl. — Martenne · texte numérisé non relu

Roger de Hoved. — Rob. Coggh, — Chr. angl. — Martenne

Jehanne Plantagenet, de dix ans moins âgée que lui, mais déjà veuve de Guillaume le Bon, roi des deux Siciles; princesse aventureuse, guerrière et mystique, et qui avait aussi un cœur de lion. Elle allait revoir l'île célèbre dont à seize ans elle avait tenu le sceptre. Un siècle s'était écoulé depuis que le royaume de Naples et de Sicile avait été conquis par des chevaliers normands, avant-garde des croisades. Les fils des rois des mers du Nord, s'étaient adoucis dans les délices de ces terres du Midi. Ces monarques pacifiques régnaient sur une triple population, mélangée de Scandinaves, de Grecs et deBarbaresques. Princes catholiques, ils se faisaient bâtir des palais, des basiliques et des monastères par des architectes maures et bysantins, qui brodaient ces monuments de toutes les fantaisies du désert et de l'Orient. On y voyait des inscriptions latines, grecques et kouffiques. et toutes les religions semblaient être en fusion sous leurs coupoles aériennes, gonllées par le souffle mystique de l'Arabie et de l'Inde. Toutes les religions se sont fondues et évaporées sur le trépied de ces volcans. Le plus grand mystique de la Sicile dans l'antiquité, c'est Empédocle: au moyen âge, c'est Joachim de Flore 1 .

Richard côtoyait l'Italie. A l'embouchure du Tibre, il reçut sur son vaisseau la visite d'Octavien, évêque d'Ostie. « Le seigneur pape, lui dit l'évêque, Clément III serait heureux de te voir à Rome. » Je n'irai pas, répondit le monarque irrité. 11 reprocha

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