Bibl. nat,, manusc. P. Vidal
tuteur du roi, et régent du royaume de Jérusalem, échappé de la bataille de Tibériade, était mort de ses blessures ou de son désespoir, avant la prise de la cité sainte. Il n'avait point d'enfants, et fut le quatrième et dernier successeur de Ramon de Saint- Gelis, en Orient. Il légua sa principauté à son filleul, Ramon d'Antioche, du sang de Toulouse et de Poitiers, et qui réunit Tripoli à l'héritage de Boémond et de Tancrède. Richard y fut attiré par sa parenté royale, par son génie poétique et par les troubadours curieux de visiter cette Toulouse de l'Orient. L'armée se reposa de la mer dans cet Éden d'orangers, de palmiers et de myrthes, sous les fraîcheurs parfumées des cèdres de Salomon et des neiges du Sannin. Ces pèlerins du tombeau de Guilhem et de Sermonda au pied du Ganigou, ne manquaient pas de visiter le poétique et douloureux sépulcre de Rudel et de Mélissende, au pied du Liban. De ce nombre furent Pierre Vidal et le tendre Peyrol1. Puis le roi continua sa route longeant les côtes d'Asie, et confiant dans l'oracle de Flore ; et pourtant les promesses de victoire ne devaient pas s'accomplir contre Saladin. Le lion d'Aquitaine ne délivra pas Jérusalem; il éblouit seulement de sa gloire l'Orient; il est vrai qu'il s'attira le courroux du ciel, en dévastant l'île de Chypre, premier lambeau de la conquête de l'empire grec aimé du cénobite. Des prophéties de Joachim, la seule qui se réalisa, fut celle que contestaient le plus les évêques français. Aux yeux du mystique solitaire, la théocratie romaine qui matérialisait le