Rog. de Hov. — Hist. arabes
des. poètes aquitains, Pons de Capduelh, Pierre Vidal, Gancelm Faidit et l'aimable Peyrol. C'est peut-être alors que Peyrol soupira ses adieux à la Palestine et au saint sépulcre, et l'espoir de revoir bientôt sa douce Provence, les bords enchantés du Rhône et les plages hospitalières du golfe de Roland.
Mais Saladin avait aussi ses chanteurs et ses conteurs du désert. Depuis le Bosphore jusqu'au golfe Persique, tout l'Orient retentissait des sons de la harpe musulmane. Les vers, disaient-ils, sont aussi nombreux que les grains de sable du désert, et les gazels (poèmes), aussi multipliés que les gazelles (chevrettes), leurs élégants symboles. L'Orient avait aussi ses martyrs d' amour, et si les rapsodes d'Aquitaine récitèrent la romance de Rudel et de Mélissende, les Rouwahs d'Arabie, purent., comme pendant, scander la cantilène non moins touchante de Hinda et d'Abdallah â.
Abdallah, fils d'Al-Adjlan, d'une illustre et riche famille Nadide, avait épousé Hinda, la rose de sa tribu. Mais Hinda était stérile, et poussé par son père, ses compagnons et les vieillards, le jeune guerrier consentit, dans un moment d'ivresse, à répudier son épouse adorée. Hinda, secrètement avertie, se dérobant aux regards de son époux bien-aimé, retourne éplorée sous la lente paternelle. Quelque temps après, son père irrité la remaria dans la tribu des Amirides. Les deux amants, séparés par le divorce et le désert, gémissaient solitairement dans le veuvage de leur cœur. Abdallah soupirait sur sa harpe