‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 166 sur 292 · Hugues de Saint-Cyr · texte numérisé non relu

Hugues de Saint-Cyr

héros malheureux et aux reines héroïques. Cette courtoisie chevaleresque fut un indice de paix.

Bérangère et Jehanne amenaient avec elles dona Burgonia, fille du nouveau duc de Chypre, du sang deLusignan et de Jérusalem. Cette princesse était conséquemment cousine de l'illustre et infortunée Mélissende de Tripoli, de la maison de Toulouse, la martyre d'amour. Cette fille de Mellusine, infante de l'île de Vénus, enchanta le cœur voluptueux de Ramon VI. Il répudia Béatrix de Carcassonne et conduisit dans son palais et dans son lit sa troisième épouse, la belle Syrienne. Cette princesse, pupille de la reine Bérangère, fut un présage de la paix qu'accéléra la mort inattendue du roi d'Aragon *•

Alphonse II, dit le Chaste, était un autre Ramon V, sur l'autre versant des Pyrénées. C'était aussi un roi troubadour; sous son règne Saragosse devint en poésie et en chevalerie l'émule de Toulouse. Il logeait les muses romanes dans ses palais arabes. Les poètes aquitains et maures venaient lutter de la harpe dans son Alcazar et son Aljaféria, fantastiquement sculptés comme par les Djins du désert. Mais il était plus ambitieux et moins scrupuleux que l'Amadis toulousain. Il fut constamment le rival de Ramon et le mauvais génie de l'Aquitaine, s'alliant impolitiquement avec le roi d'Angleterre. Il le fut aussi de Talhafer, vicomte de Carcassonne, qu'il fit perfidement révolter contre

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