Fleury
— Vous en avez trois, reprit l'intrépide missionnaire, la superbe, l'avarice et l'impudicité. — Eh bien, répliqua le monarque en se tournant vers ses barons, je donne ma superbeaux Templiers/mon avarice aux moines de Citeaux et mon impudicité aux prélats de l'Église romaine1. » Richard, on le voit, rompait des lances étincelantes avec Foulques comme avec Saladin. Cette réponse dessine son rôle historique ; il sera le héros de l'Aquitaine et de l'albigisme !
Une anecdote chevaleresque indique plus directement encore la place que le Cœur de Lion allait prendre à la tête de la résistance romane. Pendant l'hiver qu'il fut à Messine, le roi, se promenant dans la campagne, fît un jour la rencontre d'un villageois qui poussait devant lui un âne chargé de ces longs et grands roseaux dont on fait des flûtes ou des flèches. Il arrête l'animal, s'empare de son fardeau, distribue ces cannes en guise de lances à ses compagnons, et les voilà qui s'excitent en jouant à des simulacres de combats. Richard s'attaque à Guillaume des Barres, chevalier anglo-normand, de la suite de Philippe-Auguste. Le roseau de Guillaume, dans une passe malheureuse, déchira le manteau du roi. Richard, vexé de cet accident, lance sur son adversaire son cheval qui s'abat et roule sur son cavalier renversé. Le monarque se relève, demande un autre palefroi, et fond de tout son poids contre son champion qui résiste au choc, immobile comme un rocher. « Va-t-en, s'écria le roi furieux, ne repa-