‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 174 sur 292 · Chr. anglic · texte numérisé non relu

Chr. anglic

raît jamais devant moi, je suis ton ennemi mortel, à toi et aux tiens! » Cette boutade, indigne du Cœur de Lion, reste incompréhensible, si Ton n'entend que cet échec réveille d'anciens ressentiments contre les parents du chevalier, coutumiers de rébellion, partisans de Jean sans Terre, et dévoués au roi de France. Philippe intervint. « Je ne veux entendre à rien, » répondit Richard. Les évêques le menacèrent d'excommunication s'il n'accordait la paix à un guerrier de la croix. Richard fut inflexible, mais ne se vengea pas du chevalier français. Ce baron était frère utérin de Simon de Montfort *. Le Cœur de Lion avait pressenti la race ambitieuse qui devait abaisser les Plantagenet et dévorer l'Aquitaine. Le monarque, par ce cri de haine prophétique, s'élançait à la tête de la chevalerie romane contre

les croisés de Rome et de la France. La croisade, avons-nous dit, avait déjà commencé. Le pape avait déjà, pour attaque de monastères, excommunié Ramon et Richard. Tout sacrait le monarque chef des batailles pyrénéennes : son rang, sa gloire, l'inimitié de Philippe-Auguste, sa haine des Montfort, son horreur des moines et des légats romains, et enfin l'anathème pontifical.

Cette gloire n'était pas réservée au roi Richard ni ce triomphe à l'Aquitaine. Une flèche allait arrêter ce splendide avenir. Le héros de l'Orient devait périr comme un obscur aventurier au pied d'un château du Limousin. Pendant sa croisade et sa captivité, Philippe-Auguste avait travaillé secrètement

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