‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 176 sur 292 · Biogr. de B. de Born · texte numérisé non relu

Biogr. de B. de Born

archer qui venait de lancer ce trait fatal se nommait Bertran de Gourdon; c'était le commandant même de la forteresse, ennemi personnel du roi et déserteur de la cause nationale. Il appartenait à la grande maison romane dont la branche de Garaman avait hébergé le patriarche Nicétas. Un transfuge albigeois venait de tuer le Roland de l'albigisme 4.

La forteresse fut aussitôt escaladée, la garnison égorgée et le chef épargné. Le héros lui pardonna sa mort. Mais Mercadèr ne l'avait sauvé du massacre que pour l'écorcher vif. Bertran conduisit le monarque expirant à Poitiers. Le trésor de Ghalus ne servit qu'à ses funérailles. Roi-poète, il fut escorté par une armée de chevaliers et de troubadours. Ses barons déposèrent l'héroïque dépouille dans l'abbaye de Fontevrault, nécropole des Plantagenet. Monarque excommunié, il n'eut point de sépulture ecclésiastique; uneabbesse recueillit sa cendre proscrite; une femme fît l'aumône d'une tombe au roi d'Angleterre, d'Irlande, d'Arles, de Chypre et de Jérusalem. Ainsi périt, d'une mort obscure et vulgaire, Richard Cœur de Lion, au moment où ce rival de Saladin devenait le champion de l'Aquitaine contre Rome et le héros de la Réformation de l'Occident2.

Toutes les harpes du nord et du midi éclatèrent en sanglots sur le monarque troubadour. 11 ne nous reste, de tant de gémissements, que la complainte

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