‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 177 sur 292 · Nécrologe de Fontevrauld · texte numérisé non relu

Nécrologe de Fontevrauld

de Gaucelm Faidit, d'Uzerche, qui l'avait accompagné en Palestine :

« C'est une amère chose que d'avoir à chanter le malheur dont nous aurons éternellement à gémir. Le chef et le père de la valeur, le noble Richard, roi des Anglais, n'est plus! Oh! Dieu, quelle perte pour le monde !

« Mort est le roi! Nul ne fut son égal en largesse, en bravoure, en chevalerie. Alexandre, le vainqueur de Darius, ni Gharlemagne, ni Arthur ne le valaient. A vrai dire, il était chéri ou redouté de tout l'univers !...

« Ah ! valeureux seigneur roi ! que feront désormais les armes, les grands tournois, les riches cours, les belles largesses, puisque vous n'y serez plus, tous le guide et le modèle! que feront vos serviteurs et vos compagnons de guerre?...

« Leur vie douloureuse sera comme une mort. Mais vos ennemis les Turcs, les Persans et les Sarrasins, qui tant vous redoutaient, croîtront en fortune et en orgueil; et leur conquête s'appesantira sur le saint sépulcre. Dieu le veut, car s'il ne l'eût ' pas voulu, vous eussiez été vainqueur, ô roi, et vous les eussiez expulsés de la Syrie.

« Et désormais prince ni roi ne peut conserver l'espoir de recouvrer la terre sainte. . . Beau seigneur Dieu, ô Christ miséricordieux, vrai Dieu, vrai homme, vraie vie et véritable récompense, pardonnez au roi Richard, car il implore votre grâce. Souvenez-vous comme il vous a servi sous la croix, et gardez-nous, Seigneur, de son trépas1. »

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