Basques, Gasques, Eusques
descend des Pyrénées1. Ces montagnes, dont les cimes de neige dentellent un ciel de feu, lui fournissaient des troupeaux, des métaux, des marbres. Ses Thermes, d'abord rustiques, puis décorés de portiques éclatants, faisaient les délices des Romains. Toulouse avait un temple au dôme d'or, consacré à Janus (Apollon), et un temple au dôme d'argent, consacré à Jana (Diane), dieux de la lumière, amis des Askes. Peut-être, selon le génie de l'Orient, leur berceau, plaçaient-ils la source éthérée de leur sang dans cette dernière déesse qu 'ils adoraient sous le nom d' Askéra et d'Astartéa, leur céleste aïeule. La cité devenue chrétienne dédia ses sanctuaires célèbres à la Vierge, mère du Christ2. C'était la Rome de la Garonne, la ville Palladienne, féconde jusqu'au dernier jour dans les arts. L'Aquitaine eut avant de tomber sous les barbares, une arrière-saison de science, d'éloquence et de poésie, dans Rutilius, Paulin de Nola, Ausone qui décrivit ses villes romaines, et Sulpice- Sévère qui narra, dans le martyre de Priscillien, le prologue de notre tragique histoire3. Toulouse fut trois fois métropole ; sous les Goths, sous les Joannas d'Aquitaine, sous les fils de Charlemagne, et tente de la redevenir une quatrième fois sous les Ramons. L'empire carlovingien s'écroule ; Loup est vainqueur à Roncevaux; Ursio reprend Narbonne et fonde le marquisat de Gothie. Ses descendants groupent autour de Toulouse la Septimanie, la Vasconie,
1. Castellum Narbonense. — Castellum Vadaculi, du gué de la Garonne.