G. de Puilaurens, Marca, Gariel
l'impératrice renouvelleront l'image des Ariadne et des Andromède abandonnées par les héros grecs sur des rivages déserts.
Le roi Pierre et la reine Marie vinrent, à ce qu'il paraît, après leurs noces, visiter Ramon-Roger, vicomte de Carcassonne, époux d'Agnès de Montpellier. De nouvelles fêtes les attendaient dans le glorieux manoir des Trencabel. Les barons des Corbières et de la Montagne-Noire descendirent de leurs donjons pour saluer le roi, et la reine eut une cour de toutes les beautés immortalisées par la harpe de Ramon de Miraval. On y vit la dame de Penne, la blonde Aladaïs de Boissezon, Ermengarde de Castres, la belle Albigeoise, la fameuse Loba de Pennautier, Erunissende de Cab-Aret, Gémesquia de Minerbe, qui n'avait jamais trompé personne et qui jamais n'avait été trahie, en quoi elle mérite bien son nom de Perle-Ibère (Gemma-Esquiva) . Ces fêtes furent probablement suivies d'un tournoi théologique. C'était l'amusement des princes. Le vicomte Ramon-Roger pratiquait en religion la tradition libérale de son père Talhafer. Il avait permis aux églises albigeoises de se construire des temples, des écoles, des hospices, qu'il exempta de tout impôt, et de cette concession furent garants Sicard de Puilaurens et Bernard de Villeneuve qui devait, six ans plus tard, être l'un des juges de la conférence de Montréal (1201 )*. Toutes les religions étaient admises dans ses États; il avait pour argentier le juif Samuel ; Bertran de Saissac, son tuteur, était cathare, et