D. Vaissette, t. V, p
Pévêque johannite, Bernard de Simorra, résidait publiquement à Garcassonne. Le roi d'Aragon avait toujours la fantaisie de mettre aux prises les deux évêques, le catholique et le cathare. Nous rapporterons plus loin une de ces discussions qui d'ailleurs ont été falsifiées par les scribes. Pierre présida la conférence dans le poétique manoir vicomtal. On prétend qu'il condamna les johannites. Il ramena la reine Marie à Montpellier, puis, en automne, s'embarqua au port de Marseille et s'en alla, comme seigneur de . Maguelonne, vassal du saint-siège, prêter son hommage-lige aux pieds d'Innocent III1 (oct. 1204).
Ces fêtes de Garcassonne furent une répétition de celles de Muret et de Montpellier. Là se trouvèrent le comte de Toulouse et les infants de Foix. L'intimité la plus vive unit toujours Foix et Garcassonne. Cousin germain du vicomte Talhafer, le comte de Foix était parrain du jeune Ramon-Roger. Il prit sous sa protection l'orphelin de Garcassonne qui^ par reconnaissance, en cas de mort, lui légua sa vicomté, à l'exclusion de son oncle Trencabel. Il était parent du roi d'Aragon par sa femme Philippa de Montcade et par son aïeule Chimène de Barcelone. Il l'était de presque tous les princes pyrénéens, et les mêmes armes d'or à trois pals de gueules marquaient la commune descendance de Commenges, Carcassonne, Foix, Conserans, Palhars, Gastelbon et Barcelone, tous enfants d'Asnar. Ainsi se formait l'alliance romane : politiquement contre le roi de France, re-