Arcb. de Pamiers
venaient de livrer la clef principale de leur domaine, la porte septentrionale de leurs montagnes, à des moines dévoués à la papauté. Les Romains avaient construit sur un monticule, au bord de l'Ariège, un antique Castellum que, à cause de son importance, on appelait le Castellarium. Les comtes relevèrent ce fort en ruines dont ils firent leur manoir féodal sous le nom de Gastellar. Les moines protestèrent et réclamèrent à grands cris; ils prétendirent que le prince était le vassal du baron saint Antonin ; mais le prince n'avait point entendu renoncer en ce monde à l'hommage de ce baron dont il ne se reconnaissait le vassal que dans le ciel. Il s'était réservé d'être le gardien de la forteresse et Y avoué de l'abbaye. Les deux parties, après bien des contestations, transigèrent enfin par un paréage ou droit d'administration mixte qui ne fit qu'irriter le désaccord entre des rivaux jaloux. Les comtes, maîtres du Gastellar, et les abbés possesseurs d'un autre fort appelé la Tour, se froissaient incessamment. Les bourgeois profitèrent de ces discordes toujours renaissantes pour se donner la constitution consulaire la plus démocratique de ce siècle1. Il y eut dans Pamias trois pouvoirs, le comte, l'abbé et les consuls ; et trois religions correspondantes sans compter les juifs parqués dans le quartier de Sainte-Hélène. Les chevaliers embrassèrent le catharisme, mysticisme philosophique et oriental ; les bourgeois adoptèrent le léonisme, secte biblique et républicaine ; les moines et la plèbe restèrent seuls attachés au catholicisme romain. Tel