Fons turbatus vel turbidus
tions, y fat construite par les géants. Ces puissants architectes taillaient les blocs sur les montagnes voisines, et les jetaient aux ouvriers qui bâtissaient sur leur sommet aérien. Ces géants sont vraisemblablement les enfants de Géryon, une personnification des races ibères, grandies dans les religieux regrets de leurs fils vaincus. Les Romains, ces géants de l'histoire, s'emparèrent de la forteresse barbare, et lui donnèrent dans leur langue le nom de M ons- Se eûmes. Ce nom exprimait à la fois et sa propre sécurité qu'elle trouvait dans la hauteur escarpée de sa cime, et celle des colons de la plaine qu'elle préservait des incursions des montagnards insoumis. La puissante forteresse fut tournée contre ses anciens maîtres dépossédés, mais restés indomptables au delà de l'Ers, dans ce massif de montagnes entrecoupées d'abîmes, et couvertes d'impénétrables forêts, autour des gouffres fatidiques, repaire immense des ours, des neiges, des orages et de l'indépendance pyrénéenne, et que les conquérants, qui ne s'en approchaient qu'avec effroi, désignaient par le nom de Saltas, le Bocage1. Ce castellum romain, tombé tour à tour entre les mains des Goths, des Francs, des Arabes et reconquis par Charlemagne, devint au moyen âge le manoir d'un seigneur féodal, et son poétique et mystérieux territoire était en 1200 le domaine viager d'Esclarmonde de Foix, vicomtesse de Gimoez. Le Thabor était consacré à saint Barthélémy, compagnon de saint Jean , et apôtre de la Perse. Il est probable que cette consécration fut faite par les Priscil-