‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 21 sur 292 · Proscrit, exilé · texte numérisé non relu

Proscrit, exilé

Pris dans un combat, l'infant fut jeté dans un donjon et l'infante conduite au harem d'Alep. Belle, valeureuse et renommée par l'amour qu'elle avait inspiré aux troubadours, la princesse captive conquit le cœur du sultan Noureddin. L'esclave devint sultane, reine d'Orient; et, veuve du héros musulman, gouverna l'empire des Califes. Son roman se perd dans l'épopée de Saladin et de Richard Cœur de Lion1. Telle était la puissance expansive, la fortune sympathique, l'aventureux génie de la maison de Toulouse.

Ramon IV est le plus grand des enfants d'Ursio; sa valeur déborde sur l'Afrique et sur l'Asie. Ramon V, son petit-fils, est le prince le plus complet de sa race, et le type le plus parfait de son peuple et de son siècle. Il ne sortit jamais de l'Aquitaine. Le comte Alphonse, veuf de la comtesse Faidita, et s'en allant mourir en Palestine, laissa son fils âgé de dix ans, sous la tutelle des capitouls. Alphonse, élève des chevaliers, avait été un prince municipal et législateur; Ramon, nourrisson des consuls et des citoyens, devait être un comte chevalereux, romanesque et touché par la baguette magique des fées. Le jeune prince se trouva tout d'abord menacé par trois puissants voisins; les rois de France, d'Angleterre et d'Aragon. Le roi de France revendiquait Toulouse du droit de Clovis et de Charlemagne, le roi d'Angleterre du chef d'Éléonore de Poitiers, son épouse, héritière de Philippa, son aïeule, et des ducs

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