‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 20 sur 292 · Lamartine, Voy. en Orient · texte numérisé non relu

Lamartine, Voy. en Orient

sais de Toulouse, ses tuteurs, ramenèrent le gracieux faiditL dans sa métropole. Sa reconnaissance récompensa des plus larges libertés l'amour et la fidélité des citoyens. Leur république et sa couronne étaient jumelles. La ville et le prince unirent leurs symboles héraldiques. Le peuple donna la Brebis des aïeux; le comte la Croix de son père; voilà désormais l'écusson de Toulouse et le sceau du mariage indissoluble de la dynastie et du peuple : sceau de religion, de gloire, de liberté. Remarquons que la croix est cléchée et pommetée, la croix de Grèce et d'Orient. Leur génie et leur épée inclinèrent toujours vers l'Asie.

Le comte avait environ quarante-cinq ans, quand saint Bernard prêcha la seconde croisade. Alphonse se rendit à l'assemblée de Vezelai et prit la croix avec le roi de France. Il voulut, pèlerin armé, revoir la Palestine, revendiquer peut-être Tripoli son berceau, et, dans tous les cas, défendre le sépulcre du Christ. Son arrivée troubla les princes chrétiens d'Orient. Il mourut en débarquant à Césarée, empoisonné, dit-on, dans un festin, par la reine Mélissende, qui craignait pour son trône de Jérusalem. Les comtes de Toulouse et de Tripoli aspirèrent toujours à cette couronne, dont les fleurons douloureux ensanglantaient le front de ses rois ; en cela semblable à la couronne d'épines du Christ, Alphonse était accompagné de ses deux enfants naturels, Bertran et India. Ils ensevelirent leur père auprès de leur grand aïeul et continuèrent sa guerre héroïque.

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