‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 210 sur 292 · Mira-piscem · texte numérisé non relu

Mira-piscem

le véritable chef du synode était son Fils-majeur, Guilhabert de Castras. De leur haut donjon, ces barons et ces évêques, assis sur les banquettes de granit qui garnissaient les murs et les vastes embrasures des fenêtres, apercevaient à travers leur étroite ogive, par-dessus la vallée de l'Ers et les collines rocailleuses qui la bornent au sud, les cimes neigeuses des montagnes du Thabor, et au-dessous de la région des frimats, sur une cime sombre, le castellum romain de Montségur. Le synode décida qu'on demanderait cette roche à l'infant Roger-Bernard, qui remplaçait le comte captif, pour faire de son donjon aérien l'arche de salut du Paraclet. En conséquence, le patriarche Gaucéli, avec une escorte d'évêques, de diacres et de chevaliers, dut se rendre au château de Foix, auprès du comte, puis au Castellar de Pamiers, auprès d'Esclarmonde, châtelaine douairière des montagnes du Thabor. Toutefois l'histoire garde le silence sur ces négociations préliminaires, soit que le temps en ait détruit les titres, soit que la pieuse fidélité des contemporains ait laissé le comte et la vicomtesse derrière le nuage. Mais bien que l'intervention des deux princes ne soit pas douteuse, nous ne voyons pourtant que la députation cathare se rendant de Mirepoix dans le pays d'Olmès, auprès de Ramon de Pérelha, seigneur de Montségur, mandataire d'Esclarmonde et vassal dévoué et favori du comte Ramon-Roger 4.

1. Les Béllissen d'aujourd'hui ont ajouté un l à leur nom. Ils ont renoncé à leurs armes primitives : le poisson, symbole du Christ, la tour, emblème de leur pouvoir féodal, et le croissant, signe de leur origine ibère et sidérale. L'exergue devait être : Mira pi<cem et turrim et sidus.

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